1. // Super League
  2. // J25
  3. // Panathinaïkos/Olympiakos

Le derby grec, entre os et coutumes

Panathinaïkos, Olympiakos le Pirée. Ça ce sont les équipes. Deuxième et premier. Ça, ce sont leurs places actuelles respectives, tout en haut de la Super League. L’Olimpiako Stadio d’Athènes. Et ça c’est l’endroit où elles disputeront l’un des plus chauds derbys européens ce soir. Pression.

Modififié
119 0
En Grèce, c’est la merde. Le plan d’austérité fait rage et le bénévolat a été contraint et forcé de revenir à la mode, copain comme cochon avec le système D. Une crise financière qui touche également les clubs de foot dont la majorité est, on peut le dire, mal en point puisque seul l’Olympiakos s’en sort, grâce à Evangelos Marinakis, richissime businessman arrivé comme président en 2010. Pourtant, un irréductible derby résiste à l’envahisseur : Panathinaïkos/Olympiakos le Pirée, également appelé « Derby des éternels ennemis » . Éternels parce que la rivalité grossit depuis leur tout premier match, dans les années 30, et n’est pas prêt de s’arrêter en si bon chemin. Ennemis parce que tout court. Enfin, plutôt parce qu’à la création des deux clubs, leurs supporters n’appuyaient pas sur le même bouton dans l’ascenseur social, ceux du Panathinaïkos étant plutôt bourgeois et ceux de l’Olympiakos issus de la classe ouvrière. Une différence de revenus qui n’est plus d’actualité, ce qui n’empêche ni les fans du Pirée et de la capitale de se détester purement et simplement, ni le reste des Grecs de s’enamourer de ce derby haineux qui éclipse à lui seul le reste du championnat dans leur cœur. Si bien qu’à 18h30 cet après-midi, pas moins de 50 000 supporters du Trèfle, dits Vazeli*, sont attendus à l’Olimpiako (depuis 3-4 ans, seuls les supporters de l’équipe qui reçoit sont autorisés à entrer dans le stade). Et ce, peu importe le prix des places et des abonnements qui n’a pourtant pas baissé malgré la situation économique du pays.

« Le mot le plus exact pour qualifier ce derby, c’est ‘chaud’. »

L’explication bipartite, c’est que 1. ce derby est un incontournable et 2. il est aussi un moyen de souffler un peu, d’oublier ses problèmes. « Chaque jour, à la télé, on nous parle de la crise, la crise, la crise, explique Giorgos Karathalios, journaliste grec. Ce derby, ça nous permet de traiter d’autres informations, de voir autre chose dans les médias pendant une semaine. » Et pour voir du derby, on en voit ! Cédric Kanté, qui centralise la défense du Pana depuis 2009 confirme : « C’est plus que particulier. Il y a une attente différente des supporters envers ce match. Tout le monde ne parle que de ça. Il suffit de se promener dans la rue, d’aller faire ses courses pour se rendre compte de la tension qui règne ici. » Problème : la violence y est plus monnaie courante que l’euro. D’après Giorgos, Karathalios, « il y a même de la haine entre les dirigeants. Le mot le plus exact pour qualifier ce derby, c’est chaud. » Et c’est pas Djibril Cissé qui dira le contraire, pris pour cible lors d’un envahissement du terrain par les supporters de l’Olympiakos à la fin d’un derby similaire la saison dernière.

Youtube

Si bien qu’encore cette semaine, les entraineurs des deux équipes, Jesualdo Ferreira (Panathinaïkos) et Ernesto Valverde (Olympiakos) se sont prononcés contre les violences potentielles autour de ce match. Le deuxième a déclaré : « Au delà de tout, j’aimerais un match sans actes de violence dans les tribunes. Je veux qu’on donne de la joie aux supporters et montrer à l’Europe le vrai visage du football grec avec un match agréable et plein d’émotions » .

Olympiakos Le Pirée, le meilleur ?

Ce qui est sûr, c’est que cette rencontre est plus qu’importante. Comme l’avait dit Cissé lors d’une interview l’année passée : « Un derby, ça doit être gagné » . Au delà du fait que celui de cet après-midi est autant attendu que craint, les deux équipes ont tout intérêt à le remporter. L’Olympiakos, d’abord, vient d’être écarté de l’Europa League par les Ukrainiens de Metalist mais est surtout donné champion de Grèce à « 99% » (C’est Kévin Mirallas qui l’a dit) à condition de ne pas perdre ce soir puisqu’en tête du classement avec 58 points, soit 4 de plus que son ennemi le Panathinaïkos (qui reviendrait à 1 seul petit point en cas de victoire, donc). Les Verts, eux, étaient premiers jusqu’à il y a deux semaines mais ont perdu leurs deux derniers matchs, dont l’autre derby. Celui contre l’AEK Athènes. Celui qui est moins important parce que « l’AEK n’est plus une menace, leur niveau a beaucoup baissé » , dixit Kanté. Hasard du calendrier ou motivation supplémentaire, les joueurs au Trèfle à (seulement) trois feuilles ont reçu cette semaine une partie des salaires pour lesquels leur club était en retard de paiement. Une situation qui a été comprise, Cédric Kanté de confirmer encore : « Honnêtement, on l’a pris avec philosophie. Les dirigeants n’ont pas essayé de nous cacher les problèmes et nous donnent régulièrement des nouvelles des finances, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. C’est pas l’idéal mais on n’est pas traumatisé, on leur fait confiance. Et surtout, on reste des privilégiés face à la situation des autres. » Surtout que le Pana serait en attente d’une offre de certains rois du pétrole depuis que Vardino Ziamnis, l’actuel propriétaire (peu populaire auprès des supporters) a annoncé qu’il partait l’été dernier. Mais trêve de crise et de résultats, Jesualdo Ferreira est comme tous les Grecs, il n’a jamais autant attendu d’être dimanche que cette semaine : « Le classement n’a pas d’importance dans ce type de matchs. Ce derby est toujours LE match quel que soit le contexte en dehors. Même si Olympiakos est premier, il va sentir la même pression que nous pour le résultat. Nous étions en tête pour 22 journées, Olympiakos l’est seulement depuis les 2 dernières. On va faire ce qu’on est obligé de faire : gagner » . Pari tenu.


* Surnom donné par les supporters de l’Olympiakos à ceux du Panathinaïkos, inspiré de « vaseline » , rapport à leur chance (à l’inverse, les supporters de l’Olympiakos ont hérité du surnom de Gavri, petits poissons que l’on trouve aux alentours du Pirée).

Par Noémie Pennacino
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Aucun commentaire sur cet article.
il y a 1 heure Volés par l'arbitre, ils protestent en laissant leur adversaire marquer trois fois
Hier à 16:34 Coup du foulard de l'espace chez les U15 de Wigan Hier à 16:10 Le golazo d'Insigne face au Chievo Hier à 14:59 Le tifo gigantesque des fans du Standard
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
Hier à 14:33 Le golazo de Rudy Gestede Hier à 14:32 Les supporters de Millwall envahissent la pelouse Hier à 12:50 Ancelotti, un homme (de doigt) d'honneur Hier à 12:03 Ribéry rend visite à Théo Hier à 11:30 Favre en colère contre Letizi Hier à 08:34 Chamakh va rebondir en Serie B Hier à 08:13 Thibaut Courtois chanté par Shay Hier à 08:13 Pronostic PSG Toulouse : jusqu'à 390€ à gagner sur l'affiche de Ligue 1 ce week-end !
samedi 18 février La virgule petit pont de CR7 samedi 18 février Le but somptueux de Thauvin samedi 18 février Ronaldo explique son départ du Barça samedi 18 février Dwight Yorke refoulé des États-Unis samedi 18 février Suspendu six matchs pour avoir bousculé un ramasseur de balle samedi 18 février Cyril Hanouna veut racheter Guingamp samedi 18 février Un club norvégien signe un défenseur grâce au crowdfunding samedi 18 février Momo Sissoko de retour en Europe, en Serie B samedi 18 février CR7 à la télé turque avec Angelina Jolie samedi 18 février André-Pierre Gignac marque enfin samedi 18 février Suspendu 47 matchs pour avoir frappé l'arbitre vendredi 17 février Le coup franc soyeux de Dybala vendredi 17 février Des Iraniens copient Messi et Suárez vendredi 17 février Ronaldinho publie son deuxième clip vendredi 17 février But contre son camp... du milieu de terrain vendredi 17 février Les Ultramarines à l'honneur sur le maillot girondin vendredi 17 février Chabal avec les Chamois niortais vendredi 17 février Lutz Pfannenstiel et les pingouins vendredi 17 février La banderole provocatrice des fans de Thessalonique vendredi 17 février SO FOOT & Mon Petit Gazon vendredi 17 février Les clubs de Championship donnent leur accord pour la goal-line technology vendredi 17 février Les hooligans du Legia se déchaînent contre l'Ajax vendredi 17 février Les Pogba à Manchester jeudi 16 février La merveille de Bernardeschi jeudi 16 février 203€ à gagner avec Chelsea, Atalanta Bergame & Burnley jeudi 16 février Mark Clattenburg file en Arabie saoudite jeudi 16 février Dégoûtés, les fans d'Arsenal revendent leurs tickets
119 0