Le derby de la petite Madone

Ce soir à 20h45, l'Inter reçoit le Milan à l'occasion de la stracittadina. Un véritable tournant du championnat italien au vu des six maigres points qui séparent désormais les deux équipes. Présentation.

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C'est peut-être le derby d'Italie qui a le plus de goût. D'abord, parce que Milan est la seule ville dont les deux équipes ont gagné des coupes dignes de ce nom. Ensuite, parce que cela fait plus de vingt ans qu'il n'y a pas eu de bagarre sérieuse entre supporters des deux camps. La raison ? En 1983, à la suite d'un match sans importance entre les deux équipes, une bagarre dégénère. Les ultras des deux bords se réunissent et décident de signer un pacte de non-agression, qui n'a jamais été rompu jusqu'aujourd'hui. Dans le métro, les cousins se toisent mais s'ignorent. Une exception au vu de ce qu'il se passe à Rome, Turin, ou Gênes. Par ailleurs, les différences qui existaient autrefois entre supporters des deux camps sont désormais abolies. De telle manière qu'aujourd'hui, il n'est plus vraiment possible de voir dans la stracittadina les prolétaires du Milan contre les classes aisées de l'Inter, et il n'est pas rare qu'on choisisse de supporter tel club pour emmerder le pater ou pour la beauté des couleurs. Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Et puis surtout, il y a ce nom que donnent au match les locaux et qui fleure bon le football d'autrefois : “il derby della madonnina”, le derby de la petite madone, en dévotion à la Madone en or perchée tout en haut de la flèche du Dôme qui protège les Milanais.

Ce soir à 20H45 aura lieu la 273ème confrontation entre les deux équipes. Avec un arrière-goût de 29 août. Le 29 août ? Les murs de la ville, eux, n'ont pas oublié : la victoire 4-0 de l'Inter “à l'extérieur”. À l'époque, le Milan ne jouait pas vraiment au football, personne ne donnait cher de la tête de Leonardo, et Ronaldinho faisait peine à voir. Depuis, les choses ont quelque peu changé. L'Inter fait toujours la course en tête, mais ne compte plus que six points d'avance sur son dauphin... le Milan AC. Pas la peine de faire un dessin. En cas de victoire, les Rossoneri reviendraient à trois maigres points de l'éternel rival. Surtout, le Milan a enfin retrouvé son football, et un peu plus encore : quatre buts marqués à Sienne lors de la dernière journée, trois pions plantés à la Juve, chez elle, une semaine plus tôt, et cinq bastos refourguées au Genoa lors de la reprise du championnat, le 6 janvier. Dans le même temps, l'Inter s'est contentée d'assurer l'essentiel. Un point contre l'Atalanta, une courte victoire 1-0 contre la Lazio, une frayeur contre Sienne 4-3, un nul contre Bari.

Aussi logiquement que bêtement, les observateurs donnent le Milan favori. Et l'immense Massimo Moratti de jouer les pompiers dans la presse pour que ses gars gardent le moral : « Si l'on a eu un peu trop de difficultés dans nos derniers matchs ? C'est que le championnat n'est pas facile, ce n'est pas qu'il y ait trop de difficultés. Si revenir au score est une belle caractéristique de l'Inter ? Ce serait mieux de ne pas prendre de but, mais le tempérament est une caractéristique de l'équipe » . À part Eto'o, l'Inter devrait afficher complet. Balotelli devrait même être titulaire. Il n'empêche. La presse italienne affirme mordicus que l'inquiétude est palpable au centre d'entraînement des Interistes. Alors pour détendre les troupes, mercredi, c'était barbeuc' pour tout le monde avec les Argentins à la baguette.

Côté Milan, évidemment, on fanfaronne un peu. Adriano Galliani parle de « Milan de l'amour » quand Leonardo est tout heureux de n'avoir à régler que des problèmes de riche : Ronaldinho doit-il jouer en pointe ou sur le côté gauche ? Pato sera toutefois absent, ce qui devrait permettre à Beckham de débuter côté droit, aux côtés de Boriello et de Ronnie. Lequel aurait d'ores et déjà annoncé aux supporters qu'il a prévu un nouveau pas de danse en cas de but.

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En attendant le gros match un petit article en guise d'enterrement (temporaire) de la Juve:La Juventus de Turin a encore perdu (2-1 à domicile face à La Roma) et s'enfonce un peu plus dans la crise. Putain les temps sont durs pour la Fiat et pour son équipe. La Juve a sorti Giovinco, la Fiat a sorti la 500 mais au final c'est la catastrophe industrielle.

Fini le temps des victoires en LDC avec une attaque de feu : Pena Bianca, Zidane, Del Piero and co avec Pitbull Davids et Deschamps au milieu, et place à une période de transition bien délicate à gérer. Ca ne vous rappelle rien? C'est le même destin que la Fiat qui n'a pu su surfer sur ses modèles phares des années 90: Cinquecento, Punto, Panda ou autre Bravo.

Pour parler foot, quelques mots pour dire que cette saison pourrie était difficilement envisageable. D'ailleurs septembre et octobre était pas mal jusqu'à une victoire face à la Samp (5-1). Et puis le Bayern est venu se qualifier à Turin et la crise à commencer. Objectivement la défense de la Juve c'est pas au niveau requis: Buffon et Chiellini sont bons mais après Grygera, Grosso et Leggrottaglie sont trop juste en vitesse et dans le replacement.

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