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Le Derby de la Péninsule

Toque Vs Défense d'acier. La Péninsule est divisée. Espagne et Portugal s'affrontent pour un huitième un peu étrange et rempli d'interrogations. Les Espagnols ont beau moins faire les malins que d'habitude, ils sont toujours aussi autistes. Après le Toque ? Le déluge.

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« Une défaite n'est jamais positive. Celle-ci (contre la Suisse, ndlr) a généré de l'angoisse (...) et créé un grand trouble » . Del Bosque n'est pas du genre à se cacher derrière sa moustache. Le premier tour passé, c'est encore la défaite inaugurale contre la Suisse qui le préoccupe. Le Portugal de CR7 a beau se présenter ce soir, la pulsion de mort titille les esprits espagnols. L'Espagne aurait dû battre les Suisses et perdre contre les Chiliens. C'est le contraire qui s'est produit. Trop injuste le foot.

Le Portugal se présente en huitièmes. Alors, comme pour oublier l'invincibilité de la défense lusitanienne durant ce Mondial, El Pais se paluche sur la paire de centraux Piqué-Puyol (pourtant pas si sensasses contre la Suisse, justement). Dans ce Mondial, Puyol c'est 15 ballons récupérés, 2 ballons perdus, 129 passes réussies et 1 frappe cadrée. Piqué c'est 28 ballons volés, 15 perdus, 199 passes et 3 tirs cadrés. Le plus beau, c'est que Gérard aime Carles : « C'est comme mon grand frère » . Et que Carles aime Gérard : « C'est un footballeur incroyable » . Tout le monde pleure, surtout Xavi : « Ils s'entendent à merveille, sont très rapides, bons de la tête et se couvrent très bien. C'est une garantie » . « Un couple de fait » , alourdit même le quotidien de centre-gauche.

C'est Robert qui a fait le coup

Dans cet océan de bons sentiments, le seul à y voir un peu clair c'est l'ex-taulier, ce bon vieux Luis Aragonés. Consultant pour une chaine carburant aux petro-dollars, l'ex-sélectionneur champion d'Europe (et par ailleurs ennemi intime de Del Bosque), n'a pas peur de casser l'ambiance : « Le Portugal est quasiment parfait défensivement (...), je ne suis pas très optimiste » . Certes Villa et Iniesta font encore rêver, mais le rendement du métronome Xavi préoccupe et l'inefficacité du Niño Torres fait jaser. Même Villa se sent obligé de venir à la rescousse. « Fernando va nous faire la même chose qu'en 2008 » assure le néo-Barcelonais. Tout le monde se réserverait pour la finale, en fait.

Ce serait la faute au Robert Duverne espagnol si Xavi n'est pas au top du hip-hop. Si les doubles sessions du début de préparation ont permis à Iniesta ou Fabregas de revenir fort, Del Bosque avoue « se demander » si cette préparation n'était pas finalement « un peu trop » pour des joueurs déjà très éprouvés -comme Xavi et ses 60 matchs au compteur. La fédé espagnole désamorce tout de suite la mine et assure que la préparation a été conçue pour être au top « à partir des huitièmes » . Les fusées espagnoles n'auraient donc pas encore décollé.

Ibères gagnent ?

Jamais l'Espagne n'avait été aussi à la rue que contre le Chili. Jamais l'Espagne n'avait eu aussi peur que lors du premier quart d'heure contre les Sud-Américains. Pourtant, il aura fallu seulement deux frappes cadrées pour envoyer les Chiliens au casse-pipe contre le Brésil en huitièmes. L'Espagne joue sans doute ses pires matchs depuis deux ans. Le jeu espagnol manque de vitesse, parfois d'imagination et souvent de réalisme. Mais l'Espagne gagne car elle a la baraka. Contre un Portugal ultra défensif à l'affût de n'importe quel déchet espagnol, c'est ce qui fera pencher la lame d'un côté ou de l'autre. Alonso remis, Del Bosque reconduira donc le même 11 que contre le Chili.

Ce derby de la Péninsule dira la vérité sur la solidité portugaise et sur les réservoirs espagnols. Le Portugal a tapé un grand coup sur le Mondial et la Corée du Nord. L'Espagne, elle, n'a pas vraiment rassuré. Contre le Portugal, les masques tomberont et ce ne sera pas joli à voir. Bien sûr qu'ici –à Madrid– on serait contents de voir Cristiano embrasser une coupe du monde. Mais personne ne pardonnerait à la Seleccion d'échouer, à nouveau, si tôt dans un Mondial, encore moins contre le petit voisin d'à-côté.

Thibaud Leplat, à Madrid

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