Le dauphin triste

Dauphin du PSG avec exactement le même nombre de points que l’an dernier à la même époque (32), Monaco donne l’impression d’avancer plus vite, car les autres ne suivent pas. Mais les chiffres masquent une autre réalité à mi-saison : on s’ennuie ferme au Louis-II et janvier sera agité.

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L’art et la manière. Voilà comment on pourrait résumer la première partie de saison de l’AS Monaco. L’art de gagner les matchs en championnat, huit au total, et tous par le plus petits des écarts dont trois victoires obtenues par des penalties (Ajaccio, Montpellier et Saint-Étienne). Ces matchs, il faut les gagner. Et puis il y a la manière. Ou l’absence de manière, en l’occurrence. On arrive bientôt à la fin de l’année civile et l’AS Monaco n’a pas livré un seul match qui puisse servir de référence. À domicile, les rencontres ennuyeuses (Angers, Nantes), ont embrayé le pas au match sans relief (Lyon, Caen, Rennes). Le tout dans un stade qui se vide journée après journée… Moralité, sans être brillant ni même impressionnant, Monaco se retrouve pourtant deuxième du PSG – à 19 points tout de même – avec 32 points. Comme l’an dernier au soir de la 19e journée. Sauf qu’en 2014, Marseille, Lyon, Bordeaux et Saint-Étienne étaient dans le coup. Cette saison, tous les « européenns » ont pris du retard par rapport à l’an dernier. Tous sauf deux : Paris et Monaco. D’où le classement actuel qui met en lumière les moins mauvais suiveurs. Contrairement à la saison passée, Monaco n’est plus engagé en Coupe d’Europe ni même en Coupe de la Ligue. En gros, il reste à l’ASM la Ligue 1 et la Coupe de France pour égayer son année 2016. C’est beaucoup pour un effectif fort de plus de 30 joueurs. « On va réduire le groupe en janvier » , lâchait le sémillant Leonardo Jardim avant le dernier voyage à Troyes, le 20 décembre dernier. Car le problème de Monaco est avant tout une erreur de casting.

Des recrues à la rue


Durant l’été, le projet monégasque a pris une autre ampleur : on vend cher et on rachète plus pour moins. Ainsi, Carrasco, Kondogbia, Berbatov, Kurzawa, Abdennour et Martial sont partis pour un gros pactole (plus de 200 millions d’euros de vente en tout). Ça fait beaucoup de titulaires. Et pour reconstruire, le club de la Principauté et son directeur sportif Luis Campos ont tenté des paris : Boschilia, Bahlouli, Rony Lopes, Lemar, Traoré, Pašalić, Carrillo, Ivan Cavaleiro, Hélder Costa ou encore El Shaarawy. Un recrutement jeune et surtout très offensif. Six mois plus tard, on peut parler de fiasco. Seul Thomas Lemar a montré de belles choses. Adama Traoré s’est fracturé la cheville, Mario Pašalić est un peu tendre et les autres sont soit à la cave (Boschilia, Lopes, Bahlouli) ou décevant (Cavaleiro, Costa, Carrillo). La première partie de saison pourrait s’observer par le prisme de Stephan El Shaarawy. Venu en prêt sur le Rocher, l’ancienne idole de l’AC Milan voulait se relancer à Monaco après deux saisons perturbées par les blessures. Les coiffeurs du coin allaient pouvoir s’offrir un nouveau client et le Pharaon (re)trouver un moral en empilant les buts à un an de l’Euro 2016. Mais voilà, El Shaarawy n’a toujours pas trouvé le chemin des filets en Ligue 1 et passe plus souvent de temps sur le banc que sur le pré. Son option d’achat devait automatiquement se lever après 25 matchs joués. Actuellement, l’Italien a disputé… 24 rencontres sur le Rocher. Le début d’un feuilleton dont seul Monaco a le secret. Depuis quelques semaines, une rumeur improbable s’est emparée de Louis-II. Faire revenir Falcao de sont prêt à Chelsea, où il ne joue jamais, pour l’exposer un minimum afin de le vendre. Enfin. Pour faire de la place au Colombien et son immense salaire, il faut libérer de la masse salariale pour être dans les clous du fair-play financier. Et donc dégraisser. Un retour du Pharaon en Italie avec son salaire ? Bonne idée. Où comment le hasard ne fait jamais rien comme tout le monde à Monaco. L’idée d’un retour du Tigre est soumises à plusieurs aléas : l’envie du joueur, déjà, qui ne veut plus entendre parler de Monaco où il est pourtant lié jusqu’en 2018. L’envie de Guus Hiddink, le nouveau coach des Blues, sur le cas Falcao. L’état de santé du joueur – il est blessé depuis novembre -. Bref, l’idée est avant tout commerciale que sportive (valoriser ce qui peut encore l’être pour enfin clore cette mascarade). « Notre souci, c’est qu’il ne joue pas, avance un cadre du club. À Monaco, il jouerait et il serait peut-être mieux qu’exposé » . Voilà où en est Falcao en décembre 2015. Perdu pour le football.

Une défense qui boîte, une attaque qui tousse


Mais l’idée de Falcao pointe surtout la principale faiblesse de l’ASM depuis le mois d’août : son attaque. Carrillo, Lacina Traoré, Ivan Cavaleiro et Stephan El Shaarawy pèsent à eux quatre 3 buts en Ligue 1. Une misère. Il faut trouver une solution car la défense prend l’eau depuis le départ d’Abdennour. Même Danijel Subašić, irréprochable jusqu’ici, est dans le dur depuis un mois. Actuellement, Jardim tente de colmater les brèches avec Raggi qui gueule plus qu’il ne joue, Wallace qu’il faut canaliser et les 37 ans de Ricardo Carvalho. Et de temps en temps, l’ASM prend l’eau : Paris, Guingamp, Lorient et Marseille, quatre journées où la défense asémiste a pris trois buts à chaque fois. Bref, à l’exception du retour en forme de Fabinho, du sérieux de João Moutinho et des frissons de Thomas Lemar, il ne se passe pas grand-chose avec Monaco. Même le génial Bernardo Silva est à la rue. Avec seulement dix jours de vacances entre la finale de l’Euro U21 et sa reprise monégasque, le gaucher est rentré fatigué (57 matchs toutes compétitions confondues en 2014-2015). Depuis, il s’est blessé et n’a jamais retrouvé son rythme. Monaco est à son image : emprunté, lent, peu inspiré. Sur certains matchs, ça suffit largement. Sur d’autres, ce n’est pas terrible. Comme à Troyes où, en supériorité numérique pendant 87 minutes avec un penalty en prime, Monaco n’a jamais réussi à s’imposer sur la pelouse de la lanterne rouge. Seul lot de consolation, les poursuivants sont encore moins solides que Monaco et la marge de progression de l’équipe est importante. Et comme l’objectif initial est la deuxième place en fin de saison, Monaco respecte son cahier des charges. Pour le plaisir, on repassera.

Par Mathieu Faure
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RIP L1.
Les gens regardent vraiment les matchs de Monaco ? Non parce que tirer sur Carillo parce qu'il a marqué un seul but c'est facile mais voir ce qu'il fait dans le jeu pour ça faut regarder les matchs. Il manque de réussite et donc de confiance dans le dernier geste voir même de chance (au moment où il commence à être de mieux en mieux il se pète). Pour traoré, y a rien à en tirer je pense quand on voit le contenu de ses matchs (0 duel gagné contre Sté, une vitesse proche de celle de Carvalho, des appels inexistants...)
J'espère vraiment que l'ASM va persévérer avec SES, il a un profil très différent de tous les ailiers qu'il y a à Monaco.
Pour Silva et Cavaleiro, ils ont clairement repris trop tôt.
Les attaquants marquent peu mais l'équipe est plus dangereuse que la saison passée à la même époque et plus de joueurs réussissent à faire des différences (Dirar, Silva et Cavaleiro en début de saison, Lemar, Moutinho...).
Le gros problème de l'ASM c'est d'avoir perdu beaucoup de points à cause de sa défense en carton. Cette défense qui fait qu'ils ne peuvent pas s'installer haut sur le terrain au risque de se faire prendre de vitesse sur une contre-attaque (comme contre Anderlecht où ils dominent le match mais prennent 2 buts en 2 contre).
L'an dernier, l'équipe se reposait avant tout sur ça.
Décadence et misère de notre bon vieux championnat...ce millésime 2015-16 s 'annonce particulièrement foireux alors que 2014-15 était pas mal du tout. C est tristouille tout ca.
C'est carrément ça. La charrue que se trimbale Carvalho fait que Monaco joue 10 mètres trop bas. J'ai regardé le match contre Bordeaux en Coupe de la Ligue et les espaces entre les lignes étaient gigantesques. C'est con parce qu'y'a quand même du talent au milieu et devant et je suis sûr que Jardim est capable d'en tirer le meilleur, pour peu qu'on lui file quelques défenseurs qui courent le 100m en moins d'une demi heure.
Monaco a fait l énorme erreur de vendre Abdennour en fin de mercato sans le remplacer. Opération incompréhensible, d'autant plus qu'avec tout ce qu'ils avaient encaissé ils n'avaient pas besoin de le vendre...ils doivent recruter un dc coûte que coûte cet hiver.
Sinon c'est désormais confirmé ils ne lèveront pas l'option d'achat pour El Sharaawy. L'option d'achat devenait obligatoire au 25e match joué, il en est à 24 et ils n'ont plus l'intention de le faire jouer. On parle d'un prêt à la Roma ou au Genoa pour lui.
Pour une fois, sofoot décide de suivre la vague des journalistes au raisonnement simpliste.

Parce que quand on voir l'article, bien que dans l'ensemble on puisse être d'accord sur le fait que les performances ne sont pas au niveau attendu, il faut bien analyser le contexte.

Quand je lis que le recrutement est un fiasco, je constate que certains ont des circonstances atténuantes et d'autres non.

Si l'on excuse Bernardo Silva qui n'a pas eu une préparation complète cet été et s'est blessé, pourquoi mettre Cavaleiro et Helder Costa parmi de simples déceptions ? Ils ont joué l'euro espoirs comme Bernardo et n'ont donc pas eu de bonne préparation. Et ils ont été blessés plus longuement que Bernardo Silva. Ils ont manqué chacun quasiment 2 mois pour cause de blessures.

Bahlouli à la cave ? Opéré d'une pubalgie, blessure emmerdante pour un footballeur et qui impose pas mal de temps hors des terrains si l'on veut bien se soigner.

Carillo déçoit ? Oui, mais devait il être titulaire cette saison ? Non, et c'est un gros chèque de MU qui le propulse titulaire car monaco n'a pas eu le temps de se retourner. Autant Traoré est mauvais, autant Carillo progresse. D'ailleurs c'est facile de pointer ce dernier du doigt. L'an dernier à la même époque, si l'on regarde les stats de monaco chez les attaquants, c'est aussi mauvais. C'est sur la seconde moitié de la saison que Martial flambe.

Le fiasco tient en trois points :

- l'idiotie des dirigeants sur le cas Abdennour. Ils savaient qu'il partait depuis la saison dernière. Il fallait recruter rapidement quand on sait qui restait pour prendre sa suite.

- le timing pour le remplacement de Martial. Refuser le chèque était difficile, mais finalement ça fait un budget pour recruter cet hiver.

- les nombreuses blessures. Consultez la liste des blessés depuis le début de la saison. Je ne parle pas des blessures de courte durée, mais de celles de plus d'un mois. Voici la liste de ceux qui en ont été victimes pour se rendre compte de l'ampleur : Coentrao, Moutinho, Toulalan, Helder Costa, Cavaleiro, Adama Traoré, Lemar, Bahlouli, Dirar, Bakayoko.

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