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Le Crépuscule des Idoles

Le Trophée Gamper n'a rien à voir avec le football. Cette année encore, ce n'est pas pour jeu qu'il fallait voir ce match. Hier soir Ronaldinho fêtait son jubilé avec le maillot du Milan, au Camp Nou et à 30 ans. Compte-rendu.

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Le Gamper, c'est comme la rentrée des classes. Pendant une journée on passe plus de temps à se raconter les vacances et à crâner avec un nouveau cahier de texte plutôt qu'à bosser. Créé en 1966, ce « tournoi » - en fait un seul match - amical sert à se remémorer/oublier les bons/mauvais moments de la saison précédente et à présenter les nouvelles recrues aux socios. Sauf que cette année rien ne s'est passé comme prévu. Celui qui a fait le tour d'honneur avec ses joueurs c'est Laporta – pas Rosell ; la star c'est Ronaldinho – pas Villa ; et celui qui fout le feu à la maison catalane c'est Zlatan, pas Messi.

Quand Ronnie rentre en dernier sur la pelouse, le Camp Nou se lève et le brésilien a la larme à l'œil. A le voir le visage gonflé dans son maillot blanc cache-bide, l'ex-génie fait de la peine à tout le monde. Alors quand il rate son premier petit pont sur Jeffren, le stade fait semblant d'être déçu et on attend un miracle. Les socios sont venus revoir en vrai celui qui les a sauvés des eaux en 2003. Le Barça traversait alors l'une des crises les plus graves de son histoire. C'est grâce à Ronnie et Rijkaard que le Barça est redevenu un club de foot. Les années Joan Gaspart se terminaient, Laporta était le Kennedy catalan, Sandro Rosell n'était pas encore le calife et Ronnie signait d'une lucarne son arrivée au club lors du premier match à domicile contre Seville. Un golazo comme on dit ici.

Parler mais ne rien dire

Deux jours avant le Gamper, le brésilien criait son amour aux culés dans une lettre ouverte aux socios publiée sur le site internet du club. Peu importe que sur le terrain, ce soit son cousin qui porte le numéro 80. Villa a beau mettre son premier but à la 48ème et Inzaghi (37 ans) planter une reprise en lucarne 10 minutes après son entrée en jeu, tout le monde s'en fout. Ce qui compte c'est qu'à la 76ème, Ronnie s'en va. Sous son maillot il a écrit ce que les socios n'ont jamais réussi à lui dire « Barça, eu te amo » . Le génie quitte la pelouse et tout le monde se met à chialer, sauf lui: «  c'est bizarre, habituellement les hommages sont pour les joueurs qui ne sont plus en activité. Moi je joue encore » . Ou pas.

Mais comme dans chaque fête il y a toujours les jaloux. Relégué à patauger toute la première mi-temps avec les seconds couteaux de l'équipe, Zlatan boude et se lâche à la sortie du match. « Guardiola ne veut pas de moi. (...) en six mois il ne m'a parlé que deux fois. Il a un problème avec moi » . Quelques minutes plus tard Pep dégaine à son tour: « je suis l'entraîneur du FC Barcelone, pas d'un seul joueur. (...) Si nous n'avons parlé que deux fois, c'est qu'il y a une raison » . Pas besoin d'être Pepe el Brujo pour deviner que ces deux-là ont tout pour ne pas s'entendre. Sauf qu'à Barcelone, Pep a toujours raison même quand il a tort. Zlatan refuse de jouer ailier et n'a aucune envie de faire des efforts au pressing. Les dés sont jetés depuis très longtemps. Comme Ronnie, Ibra quitte le Barça en pièces détachées. Comme Ronnie, il part au Milan et rentre au musée Grévin.


Thibaud Leplat

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