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Le coupe-coupe Davies

Kevin Davies vient d'être appelé pour la première fois en équipe d'Angleterre, à 33 ans. Portrait d'un attaquant casseur de pattes qui a joué et marqué dans les quatre premières divisions anglaises.

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Mange, Steve Savidan ! Avec une première sélection en équipe d'Angleterre à 33 ans, Kevin Davies fait passer l'Angevin (30 ans lors de France-Uruguay, en 2008) pour un gamin. Après Leslie Compton (aligné pour la première fois à 38 ans, pour un match contre le Pays de Galles en 1950) et Alec Morton (gardien contre l'Ecosse en 1873, à 40 ou 42 ans, on ne sait même plus), Davies pourrait donc devenir le troisième joueur le plus âgé lors de sa première sélection dans le XI anglais. Comment en est-il arrivé là ? On y vient.



Champion de lancer du javelot

Lorsqu'on nait en 1977 à Sheffield, le berceau du football, on ne rêve pas de jouer à Liverpool ou Arsenal, on fantasme sur Sheffield Wednesday ou Sheffield United, même s'ils se débattent au deuxième ou au troisième échelon national. Kevin Davies n'a pas réfléchi des heures avant de faire son choix : ce sera United, le club de son quartier, où il s'inscrit dès son plus jeune âge. A l'époque, le petit Kevin est un drogué du sport : « Je jouais au badminton, au cricket et, à 14 ou 15 ans, j'ai même été champion de Sheffield de lancer du javelot, se souvenait-il récemment dans le Bolton News. J'adorais ça » .



Comme si ça ne suffisait pas, l'adolescent prend sa licence dans le club de basket de la ville, où il est surclassé et avec lequel il est champion national. Mais à 15 ans, c'est le coup de bambou. Après une saison moyenne, Sheffield United lui annonce qu'il n'est pas conservé au centre de formation. Effondré, Davies décide tout de même de poursuivre sa carrière et s'en va terminer son apprentissage à Chesterfield, dans le Derbyshire. A 17 ans, après quelques mois seulement dans son nouveau club, il fait son apparition dans l'équipe première, en quatrième division. Titulaire au milieu de terrain, il participe à la remontée du club en 1995 et surtout à l'épopée qui voit Chesterfield atteindre les demi-finales de la FA Cup.



Doublé par Peter Crouch



Ses bonnes performances lors de l'aventure lui permettent alors de signer pour 750 000 livres à Southampton, en Premier League. Tout se passe plutôt bien, au départ. Davies joue maintenant attaquant, gratte trois sélections en équipe d'Angleterre Espoirs et est même pressenti pour la Coupe du Monde 98, avant de se blesser. Puis tout se gâte. Il ne marque plus, est prêté une demi-saison chez les poètes de Millwall, en Division 1, revient à Southampton mais n'est pas aligné lors de la finale de la Cup 2003. Ce dernier épisode est un déclic : ce qu'aime Kevin Davies, c'est le jeu, et s'il ne joue pas, alors il doit partir. Coup de bol pour lui, Sam Allardyce a eu le coup de foudre et le recrute à Bolton, où il joue encore aujourd'hui.



« Lors de ma première saison avec Big Sam, j'étais impliqué dans 75% des buts que nous marquions, se vante-t-il dans le Daily Mail. Mais c'est peut-être à cause du peu de buts marqués par moi que je n'ai pas été sélectionné avant » . Pourtant, son nom circule une fois de plus parmi les appelés potentiels. En 2005, l'Angleterre d'Eriksson part en tournée aux États-Unis, avec une place libre en attaque. Peter Crouch la prend, Davies passe son tour. Pas découragé pour autant, il continue à bosser, marque sa dizaine de buts en moyenne par saison et devient même capitaine des Wanderers. Jusqu'à ce fameux 5 octobre 2010. Davies est tranquillement installé sur son canapé à regarder la Ryder Cup (une compétition de golf) lorsqu'une certaine Michelle, de la Football Association, lui passe un coup de fil pour lui annoncer que Fabio Capello l'a retenu en vue du match contre le Montenegro.



Fan de Pelé et de Friends



Au départ, Kevin est persuadé que Michelle l'appelle pour le convoquer à une audience disciplinaire. Il a l'habitude, le Kevin, avec ses cinq cartons jaunes reçus depuis le début de la saison (après sept journées). Pourtant, il a l'air sympa, à première vue. Avec sa gueule d'angelot et sa dégaine timide, il préfère Pelé à Maradona et sa série préférée est “Friends”. Comme ça, on se dit qu'il pourrait parfaitement poster une vidéo de bébés chats sur son Facebook. Mais dès qu'il entre sur le terrain, Kevin Davies devient un autre homme. Malgré son poste d'attaquant, il n'hésite pas à faire du petit bois. Sur ses six premières saisons à Bolton, il termine quatre fois en tête du classement des joueurs ayant commis le plus de fautes en Premier League. Les deux autres fois, il était deuxième. Retour de bâton, il est aussi celui qui reçoit le plus de coups. Une vraie teigne, en somme, qui pourrait avoir acquis son style dans son enfance. « J'ai eu la chance d'avoir un frère de dix ans mon ainé qui m'emmenait jouer au football avec lui, explique-t-il. J'avais huit ou neuf ans et ceux contre qui je jouais en avaient dix-sept, donc parfois je me faisais balancer et tacler. Il m'arrivait de partir en pleurant, tout ça, mais mon frère me faisait revenir et jouer à nouveau » .



Depuis, s'il y a bien une race de joueurs que ne supporte pas Kevin, c'est celle des pleureuses. A la suite d'un match contre Arsenal, en janvier 2009, il envoie : « Certains d'entre eux lâchaient des grands cris, ce qui est un peu embêtant car c'est un jeu d'hommes. Kolo Toure l'a fait, alors que c'est un homme fort et grand. Il criait “Ma jambe !”, ce qui est inutile, mais ça leur a apporté des coups-francs. A mes yeux, cela revient à tromper l'arbitre » . Ce genre de comportement lui a tout de même valu une dixième place lors d'un sondage organisé à cette époque-là par Sports TV afin de savoir qui étaient les joueurs les plus détestés du championnat. Mais Kevin Davies est un joueur anglais à l'ancienne, et il se moque bien de sa réputation. « Je suis le capitaine et je suis celui qui doit faire avancer les gars, leur faire remonter leurs manches et se jeter dans la bataille, explique-t-il. Et puis de toute façon, je suis trop vieux pour commencer à changer » . Mais pas trop vieux pour aller mettre des taquets aux défenseurs monténégrins.

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Davies aurait pu faire parti du 11 du boucher que nous a concocté Sergent Garcia sur www.avalemonfoot.com avec Craig Bellamy en pointe ca fait deux belles enflures.
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