En poursuivant votre navigation sur SOFOOT.com, vous acceptez nos CGV relatives à l’utilisation de cookies
et des données associées pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts
. Gérer les paramètres des cookies.
MATCHS 4 Résultats Classements Options
  1. //
  2. //
  3. // AJ Auxerre-Red Star FC (1-0)

Le cinq mineur de l’AJ Auxerre

Au coup de sifflet final, Auxerre peut respirer. Les Ajaïstes ont défait le Red Star 1-0 et sont désormais sauvés une bonne fois pour toutes. Plus que toutes les autres, cette cinquième saison en Ligue 2 est à oublier très vite. Avant d’entamer la suivante, que chacun espère synonyme de remontée dans l’élite. Comme d’habitude.

Modififié
Il faut se faire une raison : l’AJA est devenue une équipe du purgatoire et elle le restera tant qu’elle n’aura pas les moyens humains, logistiques et financiers de ses ambitions. Paradoxalement, cette saison 2016-2017 a mêlé de grandes avancées avec des couacs à répétition. Un flash-back s’impose.

Valse avec Viorel


En mai 2016, l’AJA termine à la huitième place du championnat, son meilleur classement depuis la descente dans l’antichambre quatre ans plus tôt. D’aucuns y voient un signe positif dans le projet de retrouver une place en Ligue 1, mais l’entre-saison s’avère catastrophique. À commencer par le départ de l’entraîneur Jean-Luc Vannuchi pour le Gazélec d’Ajaccio, fraîchement relégué. Le Marseillais est remplacé par un inconnu des bancs de touche, le Roumain Viorel Moldovan qui, au moment de sa signature, officie comme entraîneur-adjoint de la sélection nationale de son pays à l’Euro 2016. Sur les bords de l’Yonne, on grince des dents. Bien que sympathique et volontaire, l’ancien attaquant nantais n’a aucune expérience dans un club professionnel, ce qui semble périlleux pour faire remonter un monument du football. Côté mercato, c’est l’hécatombe. L’AJA ne parvient pas à garder ses prêts encourageants, tels Cédric Hountondji (qui rejoint Vannuchi en Corse) ou Sehrou Guirassy (qui signe à Cologne). Des restrictions budgétaires l’obligent également à se séparer de certains de ses cadres, à l’image de Sébastien Puygrenier qui rejoint gratuitement Créteil. Le président Guy Cotret parvient malgré tout à conserver le jeune gardien Zacharie Boucher, mais au prix d’un imbroglio qui lui a coûté son transfert à Nancy, ce que le Réunionnais a publiquement dénoncé.


Le recrutement est aux antipodes de la jeunesse, tant mise en avant par l’acronyme AJA. Si le retour de Lionel Mathis au bercail en réjouit plus d’un, l’arrivée de vieux briscards comme Rémi Fournier, Mickaël Tacalfred, Yoann Touzghar et, plus tard, Ludovic Obraniak fait passer le club pour une maison de retraite, alors que la mission promotion aurait dû s’accompagner de davantage de sang neuf. Les matchs de préparation s’achèvent sur un bilan déplorable et ô combien prémonitoire : Auxerre n’a pas remporté une seule rencontre et débute sa saison la peur au ventre avec un effectif vieilli et sans grande cohésion. La première victime de cette phase aller chaotique n’est autre que Moldovan lui-même, débarqué en octobre après une défaite face au Havre et un coup de gueule monumental poussé en direct à la télévision. Le Roumain fustigeait, à juste titre, le manque de moyens alloués par la direction et en a payé le prix fort. Il est remplacé par Cédric Daury, ancien du Havre justement, et de Châteauroux. Lanterne rouge pendant un total de cinq journées, l'AJA n'est plus au bord du gouffre : elle a sombré.

Une annus horribilis aux accents chinois


Hors terrain, l’autre feuilleton qui a agité la route de Vaux, c’est bien le rachat du club par l’entreprise chinoise ORG Packaging. Corinne Limido annonce en juillet son intention de revendre les parts de son défunt mari Emmanuel, tragiquement décédé la veille de la finale de la Coupe de France 2015. James Zhou se porte volontaire pour verser six millions d’euros sur les trois prochaines saisons. Une peccadille lorsque l’on sait que sa société en dégage cent cinquante par année fiscale, mais l’heure n’est pas aux tergiversations. La vente est actée en octobre, non sans que Guy Roux ne soit parvenu à maintenir la minorité de blocage de l’association AJA au sein du conseil d’administration.


Mais M. Zhou, on s’en doute, n’a pas investi en Bourgogne que pour les beaux yeux de son terroir vinicole et sportif. Très vite, il annonce son intention d’exporter la marque AJA en Chine. Vu le calvaire vécu par le noyau en Ligue 2, on s’étrangle de rire à l’idée de voir Loïc Goujon, Ruben Aguilar ou Adama Ba partir en tournée de gala dans l’Empire du Milieu. Mais le nouveau propriétaire a de la suite dans les idées et le prouve au mois de janvier en tentant d’attirer Jean-Pierre Papin, à qui il promet une triple casquette d’entraîneur-directeur sportif-ambassadeur du club. L’offre est alléchante puisque l'ancien Ballon d'or aurait touché un million d’euros annuel pour accomplir la besogne. Mais le plan capote, grâce à une mobilisation générale orchestrée par un Guy Roux qui dénonce publiquement l’inexpérience de JPP et la nécessité de stabiliser l’AJA une bonne fois pour toutes avant de commencer à rêver plus grand.

L’envie de grailler


Malgré le début d’incendie, un homme parvient à maintenir le radeau à flot : Cédric Daury. Jamais défaitiste, celui que l’on surnomme le Samouraï a fait montre d’une sérénité à toute épreuve, tranchant avec la fougue de Moldovan. Sur la pelouse, il est aidé par un véritable soldat qui a porté le collectif de l’AJA à bout de bras tout au long de la saison : Gaëtan Courtet. Auteur de dix buts, il est suivi par Mohamed Yattara et ses quatre pions depuis son arrivée au mercato hivernal. C’est aussi en hiver qu’a eu lieu le sommet de la saison dans la compétition préférée des Ajaïstes : la Coupe de France. En seizièmes, les Icaunais punissent Saint-Étienne 3-0 en prolongation, mais se font sortir par Fréjus Saint-Raphaël au tour suivant. Inconstance, j’écris ton nom, aurait pu dire Paul Éluard s’il avait été un aficionado de l’Abbé-Deschamps.


Finalement, Auxerre n'a pas progressé d'un poil depuis 2012. Pire encore, le club ressemble de plus en plus à une jambe de bois sur laquelle on colle des sparadraps en espérant qu'elle guérisse. Mais, fidèle à sa devise inscrite à l'entrée de son stade, l'AJA est bâtie sur pierre et ne périra pas. Après quatre ans de présidence contestée, Guy Cotret a fini par démissionner. Son remplaçant, Francis Graille, a adopté le même discours optimiste que ses prédécesseurs : club historique, monument du football français, objectif remontée... L'envie est là, et la redistribution des cartes a commencé : partie du sommet, elle gagnera la base au prochain mercato. En espérant que la sixième pige dans le purgatoire soit bel et bien la dernière.

Par Julien Duez
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié




Dans cet article


Hier à 17:15 La double fracture de McCarthy 2 Hier à 16:45 Pablo Aimar va (re)faire ses adieux 5 Hier à 16:05 Un gardien espagnol marque de 60 mètres 6
Partenaires
Gérez comme un pro votre équipe de sport amateur Olive & Tom