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Le choix de Sergio

La nouvelle Espagne traîne, gère, souffre mais gagne à la fin. Contre le Portugal, le meilleur joueur était un défenseur. Pendant cet Euro, Ramos n’a pas fait que changer de coupe, il a aussi changé l’Espagne.

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L’Espagne avait un saint (Casillas) et un héros (Fábregas). Elle a désormais un fou, Sergio Ramos. « Ce genre de choses, tu les décides au dernier moment. J’ai pris ma décision au moment de prendre de l’élan. C’est à ce moment que je pense que je vais la piquer un peu » . Ramos sait bien de quoi sont faites les disgrâces. S’il avait manqué ce pénalty contre le Portugal mercredi soir « je serais rentré à Madrid en métro » dit-il. Lorsque les Madrilènes voient s’approcher du ballon le défenseur espagnol pour tirer le quatrième pénalty face au Portugal, le silence se fait. En avril, c’est son ballon envolé qui prive le Real de la finale de la Champion's. Mais Sergio est fier. Ce jour-là, ce n’est pas le stress qui l’avait fait trembler : « C’est l’herbe qui s’est soulevée. Le point de pénalty à Bernabeu était en mauvais état. Au moment de prendre mon appui, l’herbe s’est soulevée et mon pied d’appui s’est enfoncé sous le ballon. C’est pour ça que le ballon s’est envolé » . Deux mois plus tard, il glisse une panenka diabolique en demi-finale de l’Euro. Ramos vient de changer de paradigme.

Au pays des Sanchis et des Hierro, on a du mal à se faire à l’idée. Un arrière central est un pompier, pas un pyromane. Lors du premier match contre l’Italie, il frise le ridicule. Ramos foire une remise mais revient comme un fou. Il rattrape son erreur avec classe et c’est finalement Balotelli qui terminera son action les mains sur les hanches. Après son péno insolent de mercredi, Sergio est sommé de s’expliquer : « C’était calculé. Après la demi-finale perdue contre le Bayern, les critiques disant que je ne devrais pas assumer ce genre de responsabilité (les pénos, ndlr) m’ont blessé. J’ai décidé de tirer mon pénalty comme ça par fierté, pour montrer que j’en étais capable » . À 26 ans et 91 sélections, Ramos est un jeune vieux ou peut-être l’inverse. Pour lui, le risque n’existe plus. Il n’a que des certitudes. Del Bosque n’a pas le choix et a avalé la couleuvre : « Sans aucun doute je crois que ce pénalty a été important pour la confiance de l’équipe (..) J’ai adoré qu’il le tire comme ça. Mais surtout qu’il le marque » . Le défenseur espagnol termine le match avec son trophée de MVP en remerciant le patron : « Del Bosque sait que je suis un peu fou » . Et il n’y a pas que lui.

Une Mustang dans un couloir d’hôpital

Mais Ramos est un monstre. Si David Villa ne sera jamais remplacé à la pointe de l’attaque, les Rouges ont déjà oublié Puyol. Contre le Portugal, ses stats sont démoniaques : meilleur passeur (76 passes réussies sur 89), record de transmissions avec Alonso (20 passes) et seulement 2 fautes commises. Mais le plus beau, c’est le non-quantifiable : sa capacité d’anticipation et une maturité à la portée de très peu de centraux de son âge. A mesure qu’il s’est repositionné dans l’axe, son jeu s’est épuré et ses fautes d’inattention ont disparu. Sergio Ramos comme latéral était une Mustang lancée dans un couloir d’hôpital. Son repli défensif souvent un peu approximatif lui a causé quelques engueulades de Capello au Real et une ou deux déculottées (cf le 6-2 contre Barcelone en 2009). C’est sa façon à lui de rappeler qu’il a beau être l’arrière-droit champion d’Europe et champion du monde en titre, sa place à lui est au grand air, pas dans les couloirs obscurs.


Sergio Ramos est né arrière-central. Son formateur à Séville, Pablo Blanco, rappelle : « C’est un leader depuis qu’il est dans le berceau. Depuis les poussins, il a été capitaine dans toutes ses équipes. C’est toujours lui qui commandait pour faire monter la défense et resserrer les lignes. J’ai connu Fernando Hierro à Malaga, il ne dégageait pas autant de confiance » . A 16 ans, il intègre les pros à Séville. Perez le recrute en 2005 et claque 31 millions pour un défenseur inconnu de 21 ans. En 2007, il n’a pas encore gagné grand-chose mais le plus grand d’entre eux, Maldini, prévient : « Sergio Ramos est très fort. Il peut jouer central ou latéral, il a beaucoup de personnalité. A l’heure actuelle, Ramos est le meilleur défenseur européen » . Le jeu de l’Espagne a changé durant la compétition. Elle est devenue un monstre capable d’avaler les ballons et de ne les recracher qu’à la fin du match. Del Bosque résume après la demi-finale : « On peut toujours discuter si on a bien joué ou pas. Mais en défense, nous avons été extraordinaires » . L’Espagne n’a pris qu’un but depuis le début de la compétition. Merci qui ?

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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