Le Chili, et après ?

Si l’Amérique du Sud est occupée par la retraite internationale de Messi, elle ne devrait pas oublier qu’elle a sous ses yeux une des meilleures équipes du monde. Qui ne s’arrêtera certainement pas à deux Copa América consécutives.

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« Crois toujours en toi. Peu importe ce qu’il se passe dans ta vie. Viva Chile. On l’a fait avec notre âme. Profitez de ce grand accomplissement. Avec beaucoup d’amour pour les idiots, les médiocres et les opportunistes de mon pays. » Sur Instagram, Claudio Bravo s’est lâché. Pourquoi tant d’aigreur alors que sa sélection vient de remporter une deuxième Copa América consécutive ? Parce que le Chili, pays vierge jusqu’à l’année dernière, devra toujours prouver. Parce que les spécialistes estiment simplement que Pizzi profitent de l’héritage immense laissé par Bielsa le fondateur, par Sampaoli le cacique. Parce que l’argument de la fausse Copa América était prêt en cas de défaite (Arturo Vidal l’avait même évoqué en conférence de presse avant le match contre l’Argentine). À l’orée d’une Coupe des confédérations, d’un Mondial en Russie, et d’une Copa América au Brésil (en 2019) où cette génération chilienne arrivera à son pinacle, le Chili pourrait encore s’imposer comme l’une des meilleures sélections du monde.

Le pragmatisme chilien


Comment faire une sélection ? Didier Deschamps nous montre qu’on peut laisser à la maison l’un des meilleurs dribbleurs du monde, un attaquant qui a planté plus de vingt buts en Ligue 1 deux saisons de suite, et un autre qui soulève la Ligue Europa depuis trois ans. Antonio Conte nous montre que Jorginho, naturalisé pour l’occasion, Bonaventura ou encore Pirlo peuvent être sacrifié au nom d’un système de jeu inamovible. Vicente del Bosque a montré qu’il n’y avait pas de place pour le romantisme en sélection en laissant à quai un Fernando Torres ressuscité. Au Chili, Jorge Sampaoli a longtemps renoncé à certains principes. Quand Valdivia multiplie les écarts de conduite, l’ancien sélectionneur chilien laisse passer. Pire, quand Arturo Vidal crashe sa Ferrari en état d’ébriété lors d’une Copa América à la maison, l’entraîneur cède à la pression d’un pays tout entier (il se dit qu’un appel de Michelle Bachelet, présidente chilienne, aurait changé la donne). Pas de sanction, puisqu’il faut bien aller chercher un titre que le pays attendait éternellement. Une sorte de pragmatisme, au nom de l’obligation de gagner, là où d’autres prônent la cohésion de groupe.


Son successeur, Juan Antonio Pizzi, a dû lui aussi passer par la case choix fort. Et les assumer, lorsque son équipe perdait face à l’Uruguay, ou contre l’Argentine à Santiago, lors des éliminatoires pour la Coupe du monde russe. Pire, quand il se permet de ne pas convoquer Valdivia, et ce, même après la blessure de Matías Fernández, quand son équipe montre un niveau catastrophique lors des matchs amicaux avant la Copa Centenario, ou quand l’Argentine vient à bout d’un faible Chili sans Messi en poule, ce dernier encaisse les critiques et fait face. Après cinq mois à la tête de la Roja, son bilan est éloquent : une Copa América remportée, une équipe plus mature et moins dépendante des éclairs de Sánchez ou Vargas. Le résultat de l’héritage de Sampaoli, avancent certains. « Notre style de jeu ? Je partage beaucoup de principes que cette équipe avait avant moi » , répond l’intéressé. Une belle manière de confirmer que le legs laissé par le désormais entraîneur du FC Séville sert de base à son projet.

Le Chili peut-il remporter un Mondial ?


Et maintenant, quels défis attendent une équipe qui s’est dépucelé deux fois de suite après tant de disette, qui a vu Leo Messi pleurer deux fois par sa faute ? D’abord, le Chili a gagné le droit de représenter la CONMEBOL à la prochaine Coupe des confédérations. Surtout, Pizzi et les siens devront confirmer dans des éliminatoires pour la Coupe du monde 2018, où, pour une fois, les cinq qualifiés sont loin d’être connus d’avance. Un Mondial où la génération de Vidal, Alexis ou encore Claudio Bravo pourra oublier le cauchemar vécu face au Brésil en 2014. Quand certaines sélections sud-américaines sont en plein trouble (l’avenir de Tata Martino est incertain, le Brésil traverse la crise la plus importante de son histoire, le Maestro Tabárez semble aussi arriver en fin de cycle avec l’Uruguay), le Chili connaît enfin la stabilité. Et ce, malgré une Fédération touchée par les nombreux scandales et le départ polémique de Sampaoli, qui aurait pu toucher les joueurs de cette sélection. Après la victoire en finale contre l’Argentine, Vidal a affirmé que cette « équipe n’avait pas de limites » . Le Chili est devenu la référence en Amérique du Sud, en confiant par deux fois son destin à un entraîneur venu d’un pays ennemi. Et pourrait le devenir dans le monde dans les années qui viennent. Histoire d’oublier que le Chili est passé « à un centimètre de la gloire » au Brésil.

Par Ruben Curiel
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Dans cet article

Note : 1
Plus qu'un style de jeu c'est une identité.

Effectivement c'est une des toutes meilleures, ils font passer le football dans une autre dimension.

Ce n'est pas comme l'Allemagne mais c'est aussi un football total à leur manière.

Et puis par rapport aux autres puissances du continent, on oublie que c'est David contre Goliath.

C'est loin d'être mes préférés mais on ne peut que constater que c'est top.

C'est clair que çà joue bien depuis Bielsa, déjà à l'époque y avait quelque chose.
Jimmy Conway Niveau : CFA2
Honnêtement, je pense qu'il y a environ 0 chance qu'une équipe avec Vidal et Sanchez en superstars gagne la Coupe du Monde en ... Russie, au vu des critères économiques et sociaux qui entourent cet événement.

Je peux me tromper, auquel cas je viendrai ici même (sur ce post) le soir de la finale pour courir à poil drapé du drapeau chilien sur les Champs.
Et après? Un peu comme Séville en EL, je les vois bien enchainer avec une 3ème Copa, le Brésil est en pleine reconstruction et l'Argentine aussi (il y a des têtes qui vont probablement sauter, Higuain le premier, des jeunes à intégrer et je doute que Messi revienne pour une "vulgaire" Copa, il va probablement continuer à empiler les BO et Ligas et attendre qu'on le supplie pour 2018)! Pour la CDM par contre, la marche risque d'être un peu haute...
"Sampaoli le cacique"
Fallait l'oser celle-là, sachant qu'il s'est révélé à la U.
Frenchies Niveau : CFA
le foot, c'est pas que défendre.
c'est mettre des buts.

désolé mais quand je vois les 2 finales contre l'argentine

je n'arrive pas à hisser cette équipe là, dans mon esprit, comme étant une grande équipe >de football<.

de combativité, de motivation, de courage
ouais si vous voulez, aucun doute.

mais en ce qui concerne de pousser le ballon au fond
beh concrètement, ils doivent leurs titres à la loterie des peno (ptin les argentins ... bossez les quoi)
pas à leur talent de scorer > en finale.

(bon j'ai conscience que les 2 derniers vainqueurs de coupe du monde l'ont fait sur des 1-0)

symboliquement déjà, mais au delà !
je n'arrive pas à considérer que le chili est pas devenue une référence en am SUD
le brésil a un creux générationnel
et l'argentine n'a pas eu de chance 2x en finale (et est aller à celle de la coupe du monde, pas le chili).

ça n'engage que moi
Skywalker Texas Ranger Niveau : DHR
L'AmSud est dans une phase de transition qui pourrait bien laisser quelques traces et dont a su profiter les chiliens pour cette Copa (même si eux-même ne sont pas épargnés): une Argentine qui vit une crise de grande envergure touchant toutes les structures de son football, avec certains qui se gavent sur son dos, un Brésil en panne d'inspiration, sans talents (ou pas assez vu les génies passés), sans idée directrice, sans consistance, l'Uruguay qui vit ses dernières heures avec sa grande génération mais qui a su prendre de l'avance en qualif, le Chili qui n'avance pas non plus dans un climat très sain mais qui s'offre une bonne bouffée d'air frais avec cette victoire... Reste la Colombie qui avance cachée et qui si Falcao revient pourrait vraiment faire mal lors des prochaines compétitions.
Note : 1
Message posté par Frenchies
le foot, c'est pas que défendre.
c'est mettre des buts.

désolé mais quand je vois les 2 finales contre l'argentine

je n'arrive pas à hisser cette équipe là, dans mon esprit, comme étant une grande équipe >de football<.

de combativité, de motivation, de courage
ouais si vous voulez, aucun doute.

mais en ce qui concerne de pousser le ballon au fond
beh concrètement, ils doivent leurs titres à la loterie des peno (ptin les argentins ... bossez les quoi)
pas à leur talent de scorer > en finale.

(bon j'ai conscience que les 2 derniers vainqueurs de coupe du monde l'ont fait sur des 1-0)

symboliquement déjà, mais au delà !
je n'arrive pas à considérer que le chili est pas devenue une référence en am SUD
le brésil a un creux générationnel
et l'argentine n'a pas eu de chance 2x en finale (et est aller à celle de la coupe du monde, pas le chili).

ça n'engage que moi


Je suis d'accord avec tout sauf sur la fin!

L'Argentine n'as pas eu de chance mon cul!

Elle s'est reniée et a joué petit bras sur ces 2 finales de Copa! Et même de CDM... Ils jouaient pour pas encaisser, le Chili aussi d'ailleurs, un chouilla. Seulement la truc c'est que pour le Chili ce n'est pas un reniement, alors que pour l'Albiceleste si!
Ok ils ont pas encaissé pendant 120 minutes, mais dans le jeu vla la différence entre la demie et la finale!

Et dans l'engagement aussi! Et pour le coup sur l'engagement Messi n'est vraiment pas à blamer! En 10 ans ou onze ans de barça je l'ai vu même pas 10 fois courir comme ça sur un match!
Message posté par Frenchies
le foot, c'est pas que défendre.
c'est mettre des buts.

désolé mais quand je vois les 2 finales contre l'argentine

je n'arrive pas à hisser cette équipe là, dans mon esprit, comme étant une grande équipe >de football<.

de combativité, de motivation, de courage
ouais si vous voulez, aucun doute.

mais en ce qui concerne de pousser le ballon au fond
beh concrètement, ils doivent leurs titres à la loterie des peno (ptin les argentins ... bossez les quoi)
pas à leur talent de scorer > en finale.

(bon j'ai conscience que les 2 derniers vainqueurs de coupe du monde l'ont fait sur des 1-0)

symboliquement déjà, mais au delà !
je n'arrive pas à considérer que le chili est pas devenue une référence en am SUD
le brésil a un creux générationnel
et l'argentine n'a pas eu de chance 2x en finale (et est aller à celle de la coupe du monde, pas le chili).

ça n'engage que moi


J'aurais bien aimé que le Chili gagne dans les 90', pour ne pas lire des choses comme ça. C'est vrai, on a gagné les deux fois aux tirs au but, mais dire que c'est la loterie, la chance.. Il faut avoir des couilles pour ne pas craquer comme Vidal et Messi l'on fait. Cadrer le tir et tromper le gardien s'est pas la chance.
Note : 1
Le Chili. Et après ?

Moi c'est souvent 3 litres d'eau et la chiasse.
PierreFanFanJoséKarl Niveau : DHR
C'est marrant de voir qu'un des mecs qui a contribué a construire l'identité de cette équipe (Bielsa), a reçu des cours de coaching qu'ont daigné lui donné des Pierre Ménes, Pascal Dupraz et autres Daniel Riolo...
Note : 1
Message posté par Frenchies
le foot, c'est pas que défendre.
c'est mettre des buts.

désolé mais quand je vois les 2 finales contre l'argentine

je n'arrive pas à hisser cette équipe là, dans mon esprit, comme étant une grande équipe >de football<.

de combativité, de motivation, de courage
ouais si vous voulez, aucun doute.

mais en ce qui concerne de pousser le ballon au fond
beh concrètement, ils doivent leurs titres à la loterie des peno (ptin les argentins ... bossez les quoi)
pas à leur talent de scorer > en finale.

(bon j'ai conscience que les 2 derniers vainqueurs de coupe du monde l'ont fait sur des 1-0)

symboliquement déjà, mais au delà !
je n'arrive pas à considérer que le chili est pas devenue une référence en am SUD
le brésil a un creux générationnel
et l'argentine n'a pas eu de chance 2x en finale (et est aller à celle de la coupe du monde, pas le chili).

ça n'engage que moi


En même temps si on regarde que les finales facile de juger l'équipe peu offensive... Or la réalité est autre, mettre 7 buts au Mexique c'est pas si facile et pas uniquement la faute aux mexicains...
Je suis d'accords que pour construire une attaque ce Chili manque d'idée (l'absence de Valdivia sans doute) mais leurs transitions offensives c'est un régal.

Quant à être une référence, cela ne signifie pas être le meilleur objectivement, mais au niveau des résultats et avec ses armes... lignes par ligne le Chili ne vaut les superstars argentines de cette génération, mais c'est bien un modèle d'équipe qui semble parti pour durer
Tu me sortiras les fois où Daniel Riolo a donné des leçons à Bielsa, il s'est touché sur Bielsa du début à la fin de son passage en France...
J'étais dans les tribunes de Mexique-Chili et je peux témoigner de la faiblesse rare de l'équipe mexicaine. En matière de combativité, de rigueur tactique et même d'intelligence individuelle (surtout chez les centraux), il y avait une division d'écart entre les Mexicains qui jouent presque tous à la maison et les Chiliens aguerris en Europe. Ceci dit, le Chili a montré de grandes qualités qu'on a aussi vues en demie contre la Colombie. Leur 4-3-3 bien étiré en longueur et en largeur occupe intelligemment le terrain, les joueurs ont une excellente technique qui leur permet une bonne circulation de balle malgré l'absence d'un coéquipier à proximité, leur verticalité avec Sanchez et Vargas est impressionnante, ils se battent comme des chiens sur chaque ballon, et il y a en dernier recours le "Neueresque" Bravo dans la cage. Assez pour lever la Coupe du Monde ? Sans doute pas : sur ce que je vois de l'Euro, je ne crois pas qu'ils battraient l'Italie ou l'Allemagne. Troisièmes comme chez eux en 1962, en revanche...
Message posté par DPG
Tu me sortiras les fois où Daniel Riolo a donné des leçons à Bielsa, il s'est touché sur Bielsa du début à la fin de son passage en France...


C'est aussi l'impression que ça m'a laissé..mais ce n'est qu'une impression..

Je n'ai par contre guère de doute sur le fait que Riolo serait incapable de justifier ces attouchements à répétition.
Message posté par PierreFanFanJoséKarl
C'est marrant de voir qu'un des mecs qui a contribué a construire l'identité de cette équipe (Bielsa), a reçu des cours de coaching qu'ont daigné lui donné des Pierre Ménes, Pascal Dupraz et autres Daniel Riolo...


Riolo est certainement est le plus grand défenseur de Bielsa en France.

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