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  3. // Chelsea-Tottenham (2-1)

Le Chelsea nouveau est arrivé

En battant Tottenham sans briller, le 3-4-3 version Conte a réussi son premier véritable test. Porté par une série de sept victoires d’affilée en championnat, le leader de Premier League doit désormais être pris au sérieux. Car l’objectif officieux, c’est le titre.

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Jusqu’à cette fin d’après-midi, ce n’était encore qu’une hype. Un concours de circonstances. Voire une anomalie. Chelsea carburait, mais la supercherie allait bientôt être révélée au grand jour avec la réception de Tottenham et le déplacement à Manchester City. Après tout, les Blues avaient l’habitude de se faire exploser quand le niveau s’élevait. Par Liverpool, au Bridge mi-septembre, par exemple (1-2). Ou par Arsenal à l’Emirates Stadium une semaine plus tard (3-0). Même si les victimes désignées étaient en chaleur depuis bientôt deux mois, ce Tottenham invaincu depuis le début de saison pouvait donc se permettre de leur marcher dessus. Ce que les Spurs ont d’ailleurs fait pendant quarante minutes. Bloc positionné très haut, pressing d’enfer, superbe praline de Christian Eriksen pour traduire une domination sans partage et tromper Thibaut Courtois pour la première fois en dix heures : Chelsea était acculé et montrait enfin son vrai visage. Celui du début de saison, celui qui faisait la gueule et pleurait ses errements défensifs.


Et puis, Pedro est passé par là. Invisible pendant toute la première période, l’Espagnol a devancé le coup de sifflet de l’arbitre pour remettre les deux équipes à égalité juste avant la mi-temps grâce à une inspiration splendide. Bon. « Un coup de bol immérité  » , ont souri beaucoup, tant les locaux paraissaient inférieurs aux visiteurs. Tottenham ne pouvait pas en rester là. Sauf que la partie a repris et Chelsea a décidé d’accélérer. Une seule fois, par Diego Costa. Sur le flanc gauche, le coup de rein de l’attaquant ne devait servir à rien. Son centre n’était pas forcément destiné à Victor Moses, qui ne s'est pas privé pour envoyer le cuir au fond des filets d’un Hugo Lloris médusé. En une demi-occasion, Chelsea venait de faire tomber Tottenham. En étant mené et en jouant mal.

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Éloigner la pression


Le test a donc été passé avec succès. C’était le premier pour le 3-4-3 dessiné par les doigts d’Antonio Conte. Mis en place après la défaite catastrophique à Arsenal, ce schéma n’a jamais connu la défaite en Premier League. Mieux : il a toujours gagné. Ce qui fait désormais sept matchs d’affilée, série en cours débutée le 1er octobre. Sept rencontres où le technicien italien a aligné les onze mêmes hommes, les deux mêmes pistons sur les côtés, les trois mêmes défenseurs axiaux, le même trio offensif, le même portier, le même binôme au milieu. Les vingt et un points glanés sur vingt et un possibles ont envoyé le club de Roman Abramovitch en tête de la Premier League. Mais avant Tottenham, le doute était toujours permis : Chelsea avait rencontré les faibles Hull, Leicester et Middlesbrough, balayé un Manchester United toujours en rodage (4-0), éclaté un Everton loin de son meilleur niveau (5-0) et battu Southampton, qui n’est pas non plus une terreur. Du coup, le choc contre les Spurs devait définitivement coller, ou enlever son étiquette de candidat au titre.


Maintenant, on sait : les Blues sont solides et visent le sacre. Et ce, même si leur entraîneur, bien trop intelligent pour officialiser la nouvelle, a tenté d’éloigner toute pression face à la presse après la victoire : «  Il est trop tôt pour parler du titre. Ce championnat est très difficile. Tottenham a montré qu’en Premier League, il y a six ou sept équipes qui peuvent gagner le titre. » Puisque l’ancien de la Juve ne veut pas se mouiller, les arguments qui font de sa team un prétendant à la succession de Leicester sont à chercher dans les treize premières journées de PL.

Mental, abnégation et efficacité


Outre le fait que Conte a clairement trouvé sa disposition tactique fétiche et les joueurs qui vont avec, Chelsea a démontré qu’il disposait d’un mental à toute épreuve. Ce qui l’avait sauvé plus d’une fois en début de saison pour inscrire des pions importants dans les dernières minutes et masquer les manques (West Ham, Watford, Swansea...). Quand la bande de Costa est menée, elle peut compter sur un fighting spirit salvateur assez impressionnant, capable de limiter la casse ou de totalement renverser le score (Swansea, Leicester en coupe et donc Tottenham).


Si on avait déjà entrevu ce trait de caractère en fin de saison dernière, Conte ne s’est pas seulement appuyé dessus. Le coach a également insisté sur l’importance de l’efficacité, qu’on pourrait qualifier d’italienne et que Chelsea avait perdue. Aujourd’hui, les Blues peuvent être dans un mauvais jour et gagner de manière sereine. Même contre un gros (coucou Mauricio). Et quand on sait qu’ils n’ont plus que le championnat à disputer, on commence à s’interroger sur l’identité du vrai favori lors du prochain examen à Manchester City, la semaine prochaine.

Par Florian Cadu
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