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Le Celtic, premier roi d’Écosse

Le Barça aura attendu 1992 pour soulever sa première coupe aux grandes oreilles. Le Celtic, lui, l’avait déjà fait vingt-cinq ans plus tôt, devenant ainsi le premier club britannique à s’adjuger une C1. Alors, qui est l'exemple ?

« Les tactiques défensives détruisent le visage du football. Ce jeu n’a pas été inventé pour ne pas perdre et pour empêcher de jouer, mais justement pour jouer et gagner. » La punchline est signée Jock Stein, le coach du Celtic en 1967 à propos du catenaccio. Autant dire que cet homme d’un autre temps n’avait pas une grande estime pour son adversaire en finale de la C1 1967 : l'Inter Milan. Il faut dire que le vieil Écossais n’était pas à une folie près. Lui, l’ancien mineur protestant entraîneur de la plus catholique des équipes britanniques. Alors quand il s’agit de défier le grand Inter d’Helenio Herrera en finale à Lisbonne en ce printemps 67, la vieille Europe ne donne pas cher de cette brave équipe écossaise. Des mecs sympas, mais limités. Des bouseux, quoi.

D'autant qu'au milieu des 60’s, le Celtic a une politique de transfert encore plus sectaire que Bilbao. Les Bhoyz ne comptent que des lascars nés à moins de cinquante kilomètres de Glasgow. Difficile d’y trouver un talent. Un vrai. Pourtant, les Italiens n’ont qu’une crainte : Tommy Gemmel, dit « Big Tam » à cause de son coup de canon. Gemmel est également protestant. Une saloperie qui lui vaut bien des misères dans sa vie de tous les jours. La légende avance que le laitier de Gemmel, un fan des Rangers, lui portait son lait tous les jours sur le palier en chantonnant « Gemmel est une ordure » . Belle époque. Quoi qu’il en soit, en finale, l’Inter fait figure de favori même en l’absence de Luis Suárez, Jaïres et des déclarations d’avant-match du double H : « Notre équipe est fatiguée. Depuis un mois, nous n’avons pas gagné un match de championnat. » Tu bluffes, Helenio. Surtout qu’en face, Stein en remet une couche en balançant qu’il ne veut « pas seulement gagner cette Coupe. On veut la gagner en jouant bien, en rendant les gens heureux de s’en souvenir, plus tard. » Le match est lancé.

« Nous, on n’avait pas de dents ! Ils ont dû croire qu’on sortait d’un cirque »

À Lisbonne, la finale se joue dans l’antre de l'Estádio Nacional. Cette taule perchée sur les collines avec seulement trois tribunes. Dans la mémoire des amoureux du Celtic raisonnent encore les propos de l’ailier de poche (1m55) Jimmy Johnstone : « Dans le couloir, les joueurs de l’Inter étaient beaux, bronzés, les cheveux gominés et peignés en arrière, le sourire Colgate. Nous, on n’avait pas de dents ! Quand ils nous ont souri, on leur a souri aussi. Ils ont dû croire qu’on sortait d’un cirque. » Pas faux. Cette équipe écossaise est un hommage aux classes populaires. À ce football qui sent la sueur, la bière et les frites. La finale est jouée d'avance. D'ailleurs, l’Inter va très vite mener au score avec un penalty de Mazzola. Les Italiens passent alors en mode gestion. Ils veulent faire tourner. Mauvaise idée. Les Écossais se vexent et amorcent une tornade. Au coup de sifflet final, le Celtic aura mené une vraie Blietzkrieg : 49 tirs, deux tirs sur la barre, quinze tirs cadrés. Des malades mentaux.

On le sait, l’Inter va finalement craquer en seconde période (buts de Gemmel à l’heure de jeu et de Chalmers à cinq minutes de la fin). On frôle l’humiliation. Le géant Faccheti l’avouera très vite après le match, arguant qu’il « a essayé dix fois de monter. Mais le ballon ne me revenait jamais. Nous avons joué à cinq contre onze. » Contre 10 000 plutôt. Au coup de sifflet final, les supporters écossais envahissent le pré pour fêter leurs héros. Dans ce bordel ambiant, le gardien écossais Ronnie Simpson est en stress. Il n’a qu’une envie : retrouver sa casquette laissée dans son but. Et pour cause, à l’intérieur se trouvait ses fausses dents et certaines de celles de ses coéquipiers. Important pour les photos. Les lions de Lisbonne sont sacrés au bout d’une saison folle (C1, championnat, Coupe de la Ligue, Coupe d’Écosse et Coupe de Glasgow). Pour autant, cette première C1 non latine n’émeut personne en dehors de l’Écosse. La preuve, ils n’ont jamais été anoblis et le coach Jock Stein crèvera sur scène un soir de 1985, victime d’un arrêt cardiaque alors qu’il dirigeait l’équipe d’Écosse. Et dire que tout aurait pu s’arrêter en quart de finale contre les modestes Yougoslaves de Vojvodina Novi Sad où seule la tête de Billy McNeill à la dernière minute du match retour enverra les siens dans le dernier carré. L’année de tous les miracles, décidément.


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Par Mathieu Faure
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