1. // Retro – Coupe du monde 1950

Le casse du siècle

Avant la déroute de Saint-Denis, les Brésiliens avait déjà connu la désillusion un soir de juillet. En 1950, au sortir de la guerre, la Coupe du monde, qui a posé ses valises au pays de la samba, échappe aux Auriverdes contre tous les pronostics. L'Uruguay Céleste réalise ce qui restera dans l'histoire comme le Maracanazo, en s'adjugeant son deuxième titre dans une ambiance explosive.

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Le trophée à l'abri des Nazis

La Coupe Jules Rimet disparaît mystérieusement durant la Seconde Guerre mondiale. Le vice-président italien de la FIFA, Ottorino Barassi, a eu la bonne idée de le planquer dans une boîte à chaussures sous son plumard pendant le conflit, afin d'éviter que les Allemands ne s'en emparent. Ces derniers mettront finalement la main sur le trophée quelques années plus tard, mais de manière licite ; en battant la Hongrie en finale de la Coupe du monde 1954.

L'Inde forfait pour...refus de porter des chaussures

De retour après douze longues années, la Coupe du monde est victime d'une cascade de forfaits de dernière minute. L'Ecosse et la Turquie, qualifiés, annulent leur voyage en Amérique du Sud. La France, éliminée, décline l'offre de repêchage de la FIFA, ratant ainsi son premier Mondial. L'Inde manque aussi le train, malgré son billet en poche. Les joueurs hindous de la sélection refusent de chausser des crampons. Si le comité olympique leur avait accordé cette faveur aux JO de 1948, la FIFA s'y refuse. La Coupe du monde se dispute finalement à treize. L'Uruguay, en mettant une raclée (8-0) à la Bolivie, se qualifie ainsi pour le second tour après un seul match de poule.

L'exploit de l'Oncle Sam face à l'Angleterre

Les inventeurs du football disputent leur premier mondial. Les Anglais débarquent au Brésil avec un statut de favori et un égo gonflé à bloc. Le 26 juin, ils se font pourtant cueillir à froid par leurs cousins d'Amérique, dont l'équipe est composée de joueurs de six nationalités différentes. L'Haïtien Joe Gaetjens marque...de l'oreille le but victorieux pour les Nord-américains, en déviant un tir de son capitaine Walter Bahr. Le résultat est tellement surprenant que la presse anglo-saxonne, croyant à une erreur de transmission dans le télégramme envoyé d'Uruguay, publie le lendemain le score de 10-1 en faveur des Anglais. Cet exploit est relaté dans le film très hollywoodien « The game of their lives » de David Anspaugh.





Le Maracanazo, traumatisme auriverde

Le Maracana, érigé pour cette Coupe du monde et terminé à l'emporte-pièce peu avant le début de la compétition, est le théâtre du dernier match de la poule finale entre le Brésil, ultra favori, et l'Uruguay, vainqueur en 1930. La rencontre désignera le nouveau champion du monde. Près de 200.000 Brésiliens se sont massés ce 16 juillet dans les travées du gigantesque stade pour assister à la consécration annoncée des Auriverdes, qui viennent d'étriller la Suède (7-1) et l'Espagne (6-1). C'est sans compter sur le réveil de l'Uruguay, bien pâle depuis le début du Mondial. Le Brésil ouvre le score dans une atmosphère torride, la Celeste égalisant à l'heure de jeu dans un silence de cathédrale. A onze minutes du terme, le charrua Alcides Ghiggia profite d'une mauvaise anticipation de Barbosa pour achever le Brésil.





Barbosa portera sa croix jusqu'à la mort

Considéré avant la finale comme l'un des meilleurs portiers du monde, Moacyr Barbosa devient un paria du jour au lendemain, à l'instar de Ginola en 1993. Barbosa devient persona non grata dans son pays : «  Au Brésil, la peine majeure pour un crime est de trente ans de prison. Moi, cela fait quarante-trois ans que je paye pour un crime que je n'ai pas commis » . Son cœur s'arrête en 2000, sans jamais avoir été absout.

Classement : 1. Uruguay, 2. Brésil, 3. Suède.


Buteurs : 1. Ademir (BRE) – 9 buts. 2. Miguez (URU) & Basora – 5 buts. 3. Ghiggia (URU), Chico (BRE) & Zarra (ESP) – 4 buts...

Alejandro Carbone

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