Espagne - Liga - 11e journée - Levante/Real Madrid

Par Robin Delorme, à Madrid

Le cas Modrić

Arrivé en grande pompe au Real Madrid, Luka Modrić est le sujet de nombreux débats au cœur de la capitale espagnole. Pourtant, les débuts du génial meneur de jeu croate offrent de belles promesses.

Note
11 votes
11 votes pour une note moyenne de 3.14/5
Cliquez sur une étoile pour donner la note

Luka Modric (Real Madrid)
Luka Modric (Real Madrid)
Dernière journée, arrêt de jeu du peu attrayant Real-Saragosse. Alors que la moitié du Santiago Bernabéu se rue dans les couloirs de l’Estadio pour s’éviter la cohue post-90 minutes, l’autre demie, bien assise dans son strapontin, s’enthousiasme. Après deux vaines rafales de Cristiano Ronaldo, Luka Modrić, en retrait, est à la reprise. Le score gonfle définitivement à 4-0 et le public merengue vient d’assister à la première réalisation de sa recrue star de l’été. Un évènement. Ce n’est pas tant que le Croate, ce dit « Cruyff des Balkans », ait déçu depuis son arrivée de Londres. Non, bien au contraire : de par sa technique et sa vista, la portion réduite de Zadar – son fief croate – régale les socios. L’os est un iota plus alambiqué. Débarqué au sein d’un milieu XXL, son mètre soixante-dix a du mal à trouver le positionnement adéquat. Pris en étau dans un rôle bâtard, mi-Xabi Alonso et mi-Özil, Modrić n’est jamais indispensable sans pour autant faire de la figuration. L’adaptation poursuit donc son cours. Mais est-ce seulement une question de temps ?

Modrić-Özil, même combat ?

Pas que. Car avec sa technique léchée et sa vision laser, le petit Luka apporte des solutions. Beaucoup même. Souvent positionné aux côtés de la barbe rousse de Xabi Alonso, il incarne la liaison attaque-défense. A l’image d’un quarterback, il est la première rampe de lancement. Comme le décrit son ancien capitaine de Tottenham Jamie Redknapp, « il travaille avec et sans le ballon, peut battre un défenseur avec un dribble ou une passe ». Bref, Modrić n’est pas formaté à un système ou un style de jeu. Surtout, son physique d’anorexique, aguerri aux luttes anglaises, a tout pour supporter le bien moins physique jeu espagnol. Alors que dans le championnat de perfide Albion, il devait se coltiner un, voire deux gaillards sitôt le ballon dans les pieds, la Liga lui laisse plus de temps. Un luxe. Sa position au Real Madrid diffère de celle qu’il occupait il y a encore de ça quelques semaines. Un brin plus en retrait, il attaque, quasiment à tous les coups, le jeu de face. Une position plus défensive, mais non moins créatrice.

Car niveau créateur, la Casa Blanca dispose déjà d’un maître en la matière. Avec Mezut Özil, en soutien de Benzema, ou d’Higuaín, entouré par Cristiano Ronaldo et Di María, Mourinho avait déjà trouvé son point d’équilibre. Certes, les deux gringalets du vestiaire ne sont pas des frères siamois. Özil tient plus son ballon et a un coup de rein plus ravageur, Modrić connaît lui un chouilla moins de déchets et mange les espaces vides. Leur point commun : l’amour de la passe. Meilleur passeur de la dernière édition de la Liga (16), Özil affirme statistiquement plus de facilité dans le domaine – Modrić n’en compte « que » cinq en Premier League lors de la même période. Mais les faits sont têtus. Alignés à quatre reprises ensemble, ils n’ont cessé de se retrouver dans la même zone. A naviguer entre le milieu et la défense adverse, ils en arrivent presque à se marcher dessus. Un problème tactique pour Mourinho. Mais un problème de riche. Ça tombe bien, Mourinho adore ces équations.

La discrétion demande du temps

« Il me plaît et je suis certain qu’il s’intégrera au vestiaire et qu’il plaira aux fans de Madrid. Il est talentueux mais aussi discipliné tactiquement. C’est un joueur d’équipe, d’un projet commun, qui cherche et propose à ses coéquipiers. Il a un toucher magique et il nous aidera à gagner ». Après avoir lâché près de 40 millions pour la belle dentition de Luka, Mourinho est dithyrambique. Soit. Modrić n’est pas une rock-star estampillée strass et paillettes. Avec son caractère effacé, ou presque – cf. sa grève estivale à Tottenham –, le terrain reste son meilleur moyen d’expression. Sauf que Santaigo Bernabéu n’est pas White Hart Lane, l’exigence encore moins. Habitué aux titres et au « beau jeu », le socio merengue n’est pas connu pour sa patience. D’où l’utilisation parcimonieuse du lutin croate, qui traîne un retard dans sa préparation. Le retrouver sur le banc n’est donc pas synonyme de flop. Juste d’adaptation nécessaire au soleil madrilène et au turn-over de rigueur au sein d’un effectif pléthorique. Nul doute, les socios vont continuer à se lever avec ce Luka.

Suivre Robin Delorme sur Twitter Par Robin Delorme, à Madrid
Parier sur les matchs de Real Madrid C.F.

 





Votre compte sur SOFOOT.com

17 réactions ;
Poster un commentaire

  • Message posté par Joshua_is_a_tree le 11/11/2012 à 13:28
      

    J'adore ce joueur, j'espère qu'il ne connaitra pas à destin à la VdV ou Sneijder !

  • Message posté par filoubifrance le 11/11/2012 à 13:54
      

    c'est un excellent joueur, mais je n'ai toujours pas compris l'intérêt du Real à le faire venir alors qu'il avait déjà un milieu bien fourni. Laisser une seconde chance à Sahin aurait été, selon moi, plus logique.

  • Message posté par saviola07 le 11/11/2012 à 13:56
      

    Les achats capricieux de Mourinho se révèlent très rarement être des flops... D'ailleurs, en existe-t-il un ??

  • Message posté par Lothaire le 11/11/2012 à 14:34
      

    Quaresma ? Mancini ? Maniche ?

  • Message posté par hug38 le 11/11/2012 à 14:58
      

    Le milieu du Real, en terme de qualité et de noms, c'es impressionnant !

  • Message posté par Mainvault le 11/11/2012 à 15:26
      

    Le cas Modric est à mon sens assez simple.. Le Réal veut l'équivalent de 22joueurs car pour moii ils jouent en 4-1-1-3-1 En gros pour que ça tienne le choc , il faut la défense Khedira/Essien ( d'où l'achat d'Essien ) Xabi/Modric pour un milieu composé de Ozil/Modric Di Maria/Callejon CR7 et puis Higuain/Benzema C'est un joueur de génie mais qui ne peut être aligné aux côtés de Xabi car son jeu est trop porté vers l'avant et physiquement il n'assure. ( Avis personnel et j'accepte toujours les critiques ^^)

  • Message posté par Hem69 le 11/11/2012 à 15:47
      

    +1 Lothaire!

    Je suis Mourinho avec beaucoup d'intérêt, et force est de constater qu'il a du déchet dans ses achats et semble plus à l'aise avec des joueurs confirmés dans les grands championnats. Dire qu'avec lui tout le monde réussit, c'est avoir la mémoire courte.

    En revanche, je ne trouve pas qu'il diffère grandement de la plupart des entraîneurs à ce sujet. Et je trouve même que sortir des pépites régulièrement est le rôle d'entraîneurs éducateurs sévissant plus dans des crèches et centres de formation que dans des équipes faites pour jouer le haut de tableau chaque année. Maintenant, c'est peut être un point de vue un peu trop manichéen, mais Mourinho n'est assurément pas un Wenger (qui n'est pas un Mourinho), encore moins un Ferguson (même si je me demande ce qu'il fout actuellement), et nullement un Guy Roux par exemple. Enfin, moi c'est ce que je vois et comprends.

  • Message posté par une-hyene le 11/11/2012 à 16:02
      

    Il manque un attaquant à Madrid, même Mourinho l'a dit, et il recrute un milieu, quel stratège.

  • Message posté par Mikotoo le 11/11/2012 à 16:28
      

    Saviola07 : la tout de suite, en te lisant, je pense à Coentrao.

  • Message posté par Hem69 le 11/11/2012 à 16:33
      

    Coentrão, faut arrêter un peu!

    Il le fait jouer la CL en titulaire, c'est donc qu'il a confiance en lui. De plus, faut ne pas avoir vu ses perfs avec la sélection portugaise pour penser qu'il se plante.

    Je pense que Mourinho le bride volontairement, qu'il lui demande d'appliquer à la lettre ses consignes qui sont de ne pas ou très peu dépasser la ligne médiane. Et s'il lui fait confiance en CL, c'est parce qu'il ne peut imposer cette sagesse à Marcelo qui attaque sans arrêt et sans retenue, laissant ainsi son couloir sans défense. En gros, j'imagine que c'est la docilité même de Coentrão vis à vis des demandes de son entraîneur qui lui procure autant d'animosité depuis qu'il est à Madrid. Les clubs qui se le prendraient restent pourtant légion.

  • Message posté par so fou le 11/11/2012 à 17:12
      

    heu son ancien manager c'est HARRY Redknapp, pas son fils...

  • Message posté par so fou le 11/11/2012 à 17:14
      

    j'ai rien dit... :)

  • Message posté par CacaMourihno le 11/11/2012 à 17:54
      

    @Saviola07: ton commentaire m´a bien fait marrer, merci. En plus de disposer d´un budget illimité pour recruter Mourihno aurait le droit de se planter ? Coentrao par exemple il est énorme, il a étñe bradé à 30M ... ah ah ah

  • Message posté par Ruud le 11/11/2012 à 18:09
      

    Je pense que le mou s'est trompé pour la première fois dans sa gestion d'effectif.
    Il avait un grand joueur, Ozil, il l'a lus en concurrence inutilement avec Modric qui ne joue pas au même piste.
    Du coup, il a un Midric miyen en meneur et un Ozil moyen car trop de pression!
    Il avait pas besoin de mettre Ozil sous pression

  • Message posté par Johnny Rep le 11/11/2012 à 18:24
      

    Ok avec toi, Ruud
    C un cas unique chez Mourinho

  • Message posté par VlarKe le 12/11/2012 à 17:58
      

    Et que dire du cas Kaka ? La segregacao, tout ça.

  • Message posté par nagamoto le 13/11/2012 à 00:16
      

    c'est moi ou il y a un jeu de mot dans le titre?


17 réactions :
Poster un commentaire