1. // Grève des chants à Saint-Étienne

Le bruit du silence

L'absence d'ambiance, vendredi dernier, lors d'ASSE-Bordeaux a fait polémique. Cette grève des ultras stéphanois et les réactions enflammées qu'elle a provoquées en apprennent beaucoup sur le rôle des supporters. Décryptage.

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Le silence a rarement fait autant de bruit. En refusant de chanter à l'occasion de la réception de Bordeaux, les ultras stéphanois se sont attirés les foudres de l'entraîneur, des joueurs et des dirigeants des Verts, mais aussi celles des autres supporters et de la plupart des observateurs. Au-delà du cas stéphanois, ces évènements et les commentaires qu'ils ont suscités mettent en évidence le rôle paradoxal des supporters en général, et des ultras en particulier, dans le monde du football.


Une tribune fermée, pas de chants lancés


Un petit rappel des faits s'impose. Trois jours avant le match ASSE-Bordeaux, le club stéphanois décide de son propre chef de fermer la tribune des Green Angels, l'un des deux groupes ultras locaux. Le motif ? « Les incidents survenus lors des matchs disputés au Stade de France et à Lyon  » selon le communiqué du club, ce qui fait notamment référence à l'allumage d'engins pyrotechniques lors de la finale de Coupe de la Ligue et aux jets de projectiles entre le secteur visiteur et le virage sud de Gerland lors du derby. Pourquoi une décision si radicale ? Parce que le club est sous la menace de deux matchs à huis clos suite à des incidents ayant eu lieu la saison dernière. Cet acte fort est un moyen pour l'ASSE de prouver à la LFP « sa volonté de tolérance zéro à l'égard de toutes les personnes qui adoptent des comportements inacceptables  » et de s'attirer ainsi sa mansuétude.

Cette décision intervient au cœur d'une saison remarquable sportivement, mais délicate pour les ultras stéphanois. Les Magic Fans ont été menacés de suspension ; plusieurs ultras ont été condamnés à de lourdes peines; les Green Angels et les Magic Fans n'ont pas affiché leurs couleurs au Stade de France notamment pour protester contre les conditions fixées par les organisateurs de la finale... Sans parler du vol d'une partie de la banderole des Magic Fans par des indépendants du virage sud lyonnais.
La fermeture du bloc des Green Angels par le club est donc reçue comme une trahison par les responsables des deux groupes. Aussitôt, les Green se mettent en sommeil. Par solidarité, les Magic Fans décident de ne pas chanter lors d'ASSE-Bordeaux. Les ultras bordelais, amis des Magic, se taisent également, derrière une banderole « Liberté pour les ultras » . Car les ultras français dans leur ensemble estiment que leur manière de supporter est combattue par les autorités. Leur silence est un moyen de défendre la cause ultra et de prouver, par l'absurde, ce que ces groupes apportent à l'ambiance et aux clubs.
Résultat, la rencontre (particulièrement la première mi-temps) se déroule dans une absence d'ambiance d'autant plus surréaliste que Geoffroy-Guichard est réputé pour être l'un des stades les plus chauds de France et que le match est crucial pour les Verts s'ils veulent se qualifier pour la Ligue des champions. Dès la fin du match, l'entraîneur, le président et certains joueurs font part de leur incompréhension. Christophe Galtier estime, en conférence de presse, que les « joueurs méritent un peu plus d'aide dans un moment qui peut être exceptionnel » . Quant à Roland Romeyer, il affirme dans Le Progrès que : « Quand on aime, on le montre. On a besoin de notre douzième homme et j'ai été déçu qu'il ne joue pas le jeu » . Les médias spécialisés et les réseaux sociaux s'emparent du sujet. De nombreux supporters stéphanois critiquent la décision des ultras, lesquels s'efforcent de justifier leur action.

Des ultras tiraillés entre deux causes

Il a notamment été reproché aux ultras de penser à eux-mêmes avant de penser à leur club. De fait, les ultras ont cette particularité d'avoir deux passions : une pour leur club et le football, l'autre pour leur groupe et le « mouvement ultra » . Or, la cause du groupe entre parfois en contradiction avec celle du club. Suite au vol d'une partie de leur banderole, un responsable des Magic Fans nous avait déclaré, juste avant la finale de la Coupe de la Ligue : « Nous réduisons les activités du groupe. Nous ne bâcherons plus jusqu'à nouvel ordre, mais nous chanterons pour notre équipe car, avant d'être ultras, nous sommes supporters de l'ASSE. » Au Stade de France, les ultras stéphanois n'ont affiché ni leurs banderoles ni leurs drapeaux, ils n'ont pas non plus organisé de tifo. En revanche, ils ont lancé les chants et créé une ambiance saluée par les observateurs. À cette occasion, ils ont fait passer le club avant le groupe. La fermeture de la tribune des Green Angels a vraisemblablement été, pour les responsables ultras, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de leur exaspération. D'où leur décision de faire passer, cette fois-ci, leur groupe avant leur club.



De tels dilemmes sont fréquents parmi les ultras. Si tous s'accordent à peu près sur les grands principes de la « mentalité ultra » , ces principes s'avèrent diversement interprétables et surtout contradictoires entre eux. Prenons un exemple simple. Les ultras affirment à la fois leur fidélité absolue au club et leur autonomie de pensée par rapport à ses dirigeants. En cas de mauvaises performances de l'équipe, que doivent-ils faire ? Continuer à soutenir le club ou faire preuve d'esprit critique en dénonçant ses résultats ? Ces questions suscitent régulièrement de vifs débats à l'intérieur des groupes.

De plus, tous les ultras ne sont pas investis de la même manière dans le groupe. Les décisions sont prises par le « noyau » de ceux qui sont impliqués au quotidien. Dans les grands groupes, la majorité des membres se contente de participer aux activités au stade. Ainsi, le site En Vert et Contre Tous s'est étonné du témoignage critique, paru ce mardi dans France Football, d'un Magic Fan envers les Green Angels et la décision de son groupe de ne pas chanter. Ce supporter serait « inconnu au bataillon  » . Il se peut qu'il soit simple adhérent des Magic Fans et pas personnellement connu des meneurs. Les motivations des adhérents de « base » sont souvent assez différentes de celles des membres du noyau.Ces évènements révèlent donc, d'abord, la diversité interne des groupes ultras, du fait des débats qui agitent le noyau et des différents niveaux d'implication des membres.

Des supporters incapables de prendre la relève


De nombreux supporters stéphanois ont critiqué les ultras pour avoir privé les joueurs d'un soutien dont ils auraient pourtant bien eu besoin. Les meneurs ultras ont eu beau jeu de rappeler que les Green Angels et les Magic Fans étaient minoritaires dans le stade et que les autres supporters auraient pu chanter s'ils l'avaient tant voulu.
Cependant, pour les simples supporters, il n'est pas évident de mettre de l'ambiance quand les ultras ne s'en chargent pas. Parce qu'ils peuvent redouter de s'opposer ainsi aux décisions prises par les meneurs ultras. L'absence de chants vendredi dernier est sans doute due, en partie, à leur crainte d'entrer en contradiction avec les groupes qui sont les habituels moteurs de l'ambiance. Mais fondamentalement, si les autres supporters n'ont pas chanté, c'est qu'ils ne savent pas le faire sans les ultras.

Depuis que les groupes ultras se sont affirmés, il y a une vingtaine d'années, comme les principaux foyers d'ambiance dans les stades français et qu'ils l'ont formatée à leur sauce (avec des meneurs, des micros ou des mégaphones, etc.), les autres supporters ont délégué la fonction de soutien aux ultras. Les fans qui s'installent dans le kop se contentent largement de suivre les chants lancés par les ultras, les supporters des autres tribunes se limitant, eux, à reprendre quelques slogans partis du kop. Dès lors, quand le moteur ne joue plus son rôle, les autres supporters n'arrivent tout simplement pas à mettre de l'ambiance de manière spontanée. Le match ASSE-Bordeaux a ainsi mis en évidence le partage des tâches qui prévaut désormais entre supporters ainsi que les tensions qui peuvent exister entre les ultras et les autres, les deux camps ayant eu bien du mal à dialoguer après coup, lors de leurs échanges sur les forums Internet.


Des dirigeants aux attentes contradictoires envers les supporters


La réaction critique de Christophe Galtier est parfaitement compréhensible, d'autant qu'il est habitué à ce que son équipe soit bien soutenue et qu'il n'est pas forcément au courant des problèmes rencontrés par les ultras. Cependant, il y a quelque chose d'ironique à entendre des joueurs et un entraîneur grassement payés se plaindre que les supporters ne chantent pas. Les supporters ne sont pas des salariés du club. Ils ne sont pas payés pour mettre l'ambiance. Au contraire, ils paient pour pouvoir assister au match et ils paient ensuite de leur personne en se cassant les cordes vocales pour soutenir leurs joueurs. Pourtant, rien n'indique dans le règlement intérieur du stade ou dans les conditions générales de vente des billets que les spectateurs doivent chanter.

Les critiques adressées aux ultras stéphanois prouvent une nouvelle fois que les supporters constituent désormais l'indispensable douzième homme. Indispensable parce qu'il peut porter l'équipe vers la victoire. Indispensable aussi parce qu'il montre que le match est un évènement suscitant la passion et qu'il mérite donc d'être vendu cher aux chaînes de télévision. Ainsi, les supporters semblent considérés comme des acteurs du football.
Ce sont pourtant de curieux acteurs. Ce sont en effet les seuls à ne pas être représentés dans les instances du football français. Comment l'expliquer s'ils sont si importants ? En fait, le rôle des supporters est strictement délimité, selon la devise bien connue du monde du football : « les dirigeants dirigent, les joueurs jouent, les supporters supportent  » . En clair, les supporters doivent assurer l'ambiance, mais ils ne doivent pas demander à avoir leur mot à dire dans la politique de leur club ou des autorités du football. Cette absence de reconnaissance et la mise à distance des supporters par les dirigeants nationaux sont durement perçues par de nombreuses associations de fans, bien au-delà des ultras. Les responsables de l'ancienne Fédération des Associations de Supporters, qui rassemblait des associations officielles dont des mastodontes comme le 12 Lensois ou les Associés Supporters de Saint-Étienne, se sont maintes fois élevés contre le mépris qu'ils ressentaient de la part des autorités du football français.

À la fin des années 1990, l'ethnologue Christian Bromberger avait croqué dans une formule choc la triple injonction adressée, selon lui, aux supporters par les dirigeants du football : « Paie ! Assieds-toi ! Tais-toi ! » . Si cette formule met en évidence des évolutions du football, elle ne rend que partiellement compte de l'attitude complexe des dirigeants envers les supporters. Une formule plus juste paraît être : « Paie ! Chante ! Ne conteste pas ! » . Les supporters doivent payer pour que les clubs aient des ressources suffisantes, d'où l'importance du chantier des nouveaux stades. Ils doivent chanter parce que l'ambiance fait désormais partie intégrante du football et de « l'expérience stade » . Mais ils ne doivent pas critiquer les joueurs ou les dirigeants lesquels seraient les seuls aptes à savoir ce qui est bon pour leur club ou pour le football.

Si les ultras dérangent aujourd'hui le monde du football, c'est parce qu'ils provoquent des incidents, mais aussi parce qu'ils se positionnent comme un contre-pouvoir n'hésitant pas à critiquer les orientations des dirigeants.

Les effets de la tolérance zéro

Dès lors, les ultras s'estiment victimes d'une répression abusive. Selon eux, elle ne viserait pas seulement à lutter contre les violences, mais à les faire taire en tant que contestataires. La fermeture du bloc des Green Angels en serait un nouvel exemple. Cependant, force est de constater que cette fermeture fait bien suite à plusieurs incidents impliquant des ultras stéphanois : jets de projectiles, violences physiques… Les ultras tendent régulièrement le bâton pour se faire battre en provoquant des débordements qui justifient ensuite la fermeté à leur égard.

Pendant longtemps, la « politique » française à l'égard du hooliganisme n'en était pas vraiment une. Elle consistait essentiellement en des réactions ponctuelles à des évènements médiatisés. Depuis la fin des années 2000, une politique systématique s'est mise en place, en s'appuyant sur une collaboration étroite entre autorités sportives et publiques. Cette politique repose sur le « principe de précaution » , sur la « tolérance zéro » et sur la volonté de faire le tri entre les « bons » et les « mauvais » supporters. Le souci, c'est que les ultras sont à la fois les « meilleurs » supporters, puisque ce sont eux qui mettent le plus d'ambiance, et les « pires » supporters, puisqu'ils créent parfois des incidents. Sans les ultras, il y a beaucoup moins d'incidents, mais aussi beaucoup moins d'ambiance.

L'optique actuelle consiste à mettre ces ultras sous pression, à ne leur passer aucun débordement, comme le prouve la traque accrue des fumigènes. Elle est justifiée par l'idée que certains supporters ne comprendraient que le bâton. Elle produit des résultats : elle a permis de limiter significativement les incidents entre supporters autour des stades et aussi de reprendre la main sur certains virages qui étaient devenus des « zones autonomes temporaires » pour reprendre l'expression d'Hakim Bey, théoricien prisé des pionniers de la musique techno.

Mais cette politique présente également des effets pervers. D'abord, elle exacerbe les tensions entre policiers et supporters, ce qui a débouché sur plusieurs incidents graves cette saison, par exemple à Montpellier ou à Reims. Ensuite, elle conduit à opposer les clubs à leurs propres supporters, puisque les craintes de sanctions infligées par la LFP amènent les clubs à reporter cette pression sur leurs fans, ce qui tend parfois les relations. Puis, elle brise ces « zones autonomes temporaires » , qui peuvent aussi avoir des aspects positifs. Enfin, l'application du principe de précaution peut conduire à des absurdités, telles les sanctions infligées à l'ASSE et au Stade rennais suite à l'envahissement de leurs terrains pour fêter la qualification en finale de Coupe de la Ligue, sanctions fortement réduites face au tollé suscité par cette décision.


Est-il possible d'intégrer les associations de supporters dans le monde du foot ?


En organisant un congrès national des associations de supporters en janvier 2010, l'ancienne secrétaire d'État aux sports Rama Yade avait amorcé une autre politique, que nous avons tenté de détailler (avec des collègues sociologues) dans le « Livre vert du supportérisme » remis quelques mois plus tard. Le principe était de préférer à la tolérance zéro une réponse graduée en fonction des faits. Et de prôner une politique qui ne se limiterait pas à la sanction mais qui associerait répression des comportements graves et renforcement de l'intégration des supporters dans le monde du football afin de désamorcer tout un ensemble de petites tensions qui pourrissent le quotidien des supporters actifs et leurs relations avec les autorités sportives et publiques. L'objectif était de définir les droits et devoirs des supporters, ce qui s'avère complexe parce que les supporters rechignent à accepter des devoirs puisqu'ils estiment ne pas avoir de droits et que les clubs répugnent à accorder des droits à des supporters qui seraient incapables de respecter leurs devoirs. En l'absence de véritable cadre national, les relations entre dirigeants et supporters sont très variables d'un club à l'autre. Si elles sont parfois constructives, elles reposent aussi, souvent, sur des rapports de force qui peuvent devenir malsains.

L'approche suggérée dans ce livre vert a été écartée par les autorités publiques et sportives, sous prétexte qu'elle serait utopique. Les incidents récurrents causés par les ultras, leur incapacité à s'unir pour lutter collectivement en définissant clairement leurs revendications sont souvent pris comme preuves de l'impossibilité d'en faire des interlocuteurs responsables. Dès lors, le cercle vicieux se referme. Quand les ultras font l'effort de se rassembler, de manifester pacifiquement et de rédiger une motion, ils ne reçoivent aucune réponse des autorités sinon la réaffirmation de la fermeté envers les hooligans, ce qui renforce ceux parmi les ultras qui sont persuadés qu'il n'y a rien à attendre du dialogue. Les ultras ont tendance à se percevoir comme des victimes. En mettant dans le même sac des comportements de gravités très diverses (par exemple les violences physiques ou les jets d'engins pyrotechniques sur la pelouse ou dans les tribunes et l'usage festif de fumigènes ou la consommation de cannabis) et en refusant de dialoguer, les autorités entretiennent cette représentation. Elles favorisent ainsi la radicalisation des ultras.

Du cercle vicieux au cercle vertueux ?

Il n'est pas forcément naïf de croire en un cercle plus vertueux et en une meilleure conciliation entre les impératifs de sécurité et l'ambiance populaire des stades. Il s'agirait d'accorder aux supporters de vrais droits pour qu'ils acceptent de vrais devoirs. De faire preuve de plus d'équilibre en valorisant les aspects positifs de leur monde au lieu de se focaliser seulement sur ses travers (qu'il convient cependant de ne pas occulter). D'encourager une « désescalade » des tensions entre policiers et supporters, pour reprendre l'expression du sociologue allemand Gunter Pilz, très écouté de la Fédération allemande de football.

C'est d'autant moins naïf que c'est la voie qu'empruntent les autorités européennes, sportives comme politiques. Des fédérations comme Supporters Direct ou Football Supporters Europe sont des interlocuteurs de l'UEFA et des institutions européennes. L'UEFA imposera à la reprise du championnat la désignation par chaque club d'un officier de liaison avec les supporters. La commission européenne considère l'actionnariat populaire comme une perspective intéressante pour améliorer la gouvernance du football : elle a ainsi subventionné un projet coordonné par Supporters Direct, dans lequel intervient l'association À la Nantaise.

Pour s'engager dans ce cercle vertueux, il faudrait que chacun y mette du sien. Que le monde du football ouvre vraiment les discussions avec l'ensemble des supporters pour construire des stades fervents et sûrs et pour mieux définir le rôle des fans. Que les supporters français se fédèrent et que les ultras parviennent à définir leurs priorités et à prendre leurs distances par rapport à la violence et aux hooligans. Car les enjeux sont importants, en termes de gouvernance du football comme de sécurité : de nouveaux affrontements policiers-supporters pourraient très mal finir, tout comme de nouvelles violences entre supporters rivaux par exemple entre Lyonnais et Stéphanois.

par Nicolas Hourcade

Nicolas Hourcade est sociologue. Pour approfondir l'analyse, outre l'article, en lien dans le texte, sur la place des ultras dans le football (publié dans la revue Pouvoirs en 2002), un texte sur l'ordre des stades, écrit avec Antoine Lech et mis en ligne en 2011, peut être consulté dans le bulletin de l'Association des Chercheurs Francophones en Football.

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Les Ultras Monégasques sont donc également en grève ?
Merci pour cet article qui explique un peu mieux les contradictions qui ont pu amenés les ultras steph à ne pas supporter leur club la semaine dernière.
J'avoue que j'étais bien dégouté parce que je me suis fait chi.r devant le manque de spectacle et que tu te dit que c'est l'bon moment pour faire gréve des supporters quand on est dans le sprint final et qu'on peut encore accroché la champions.
Mais d'un autre côté j'respecte ces mecs qui mettent l'ambiance tous les WE et qui font en grande partie que je suis fier d'être supporter stéphanois.
Et comme ils apportent beaucoup à l'identité du club et au spectacle du foot en général mais qu'ils n'ont aucune reconnaissance (plutôt du mépris) de la part des instances officielles je peux comprendre (différent de cautionner) qu'ils en arrivent à de tels extrèmes.
Après comme c'est très bien dit ds l'article ils sont responsables en partie de leurs problèmes avec les débordements mais rien n'est fait pour apaiser les tensions et faire en sorte qu'ils ont un rôle important à jouer.
Au moins tout l'monde aura compris que le foot sans les ultras c'est pas terrible.
Cf: Mais fondamentalement, si les autres supporters n’ont pas chanté, c’est qu’ils ne savent pas le faire sans les ultras.
Note : 3
C'est pour ce genre de papier que l'on aime SoFoot.
C'est pas sur le vieux blog pourri de Didier Roustan qu'on aura le droit à un tel article en tout cas.
Hallelujah. C'est quand même intriguant qu'au delà du fait que l'article soit intéressant, bien fait & mesuré, on se rende compte que l'étude des supporteurismes en France ne peut conduire qu'à ce style de position, intelligente, mais rare. J'ai peur, en revanche, que soient rentrés dans les esprits le double discours des institutions "On a besoin de ta voix, mais quand y'à plus les caméras, tu rentres chez toi", l'étiquetage du 'débile en short' qui met les pieds dans des travées de stade de football et les amalgames "ultras-hooligans-anarchistes-nazis...".

Y'à du boulot les mecs, mais merde, on veut pas être sûrs de pas renverser nos bières (sans alcool, y'à des litres de champagne à coté mais...) quand on va au stade. On veut des stades de foot, pas des plateaux télé.

Sinon, le pdf en lien est à lire aussi!

"il y a quelque chose d’ironique à entendre des joueurs et un entraîneur grassement payés se plaindre que les supporters ne chantent pas. Les supporters ne sont pas des salariés du club. Ils ne sont pas payés pour mettre l’ambiance. Au contraire, ils paient pour pouvoir assister au match et ils paient ensuite de leur personne en se cassant les cordes vocales pour soutenir leurs joueurs. Pourtant, rien n’indique dans le règlement intérieur du stade ou dans les conditions générales de vente des billets que les spectateurs doivent chanter."

Tout est dit. No comment. Bravo M. Hourcade.
L'Homoursporc de Paris Niveau : Loisir
R.I.P Parc des princes
R.I.P Boulogne
excellent article, comme toujours de la part du sieur hourcade.
simplement, et de mon humble point de vue, il n'y aura pas de cercle vertueux et ce car les ultras (du moins ce et ceux que j'ai pu voir à paris) n'ont jamais vraiment réfléchi à ce qu'ils étaient voire à ce qu'ils devraient etre (pour revenir sur le passage, très vrai, de la "délégation" faite par l'ensemble des fans aux ultras pour assurer l'ambiance).
les ultras, en fait, n'avaient pas vraiment leur place en france car ils n'étaient pas suffisamment capables de compromis pour espérer adopter une position pérenne, voire à l'opposé car ils n'étaient pas suffisamment nombreux et brutaux (comme en italie par exemple) pour s'imposer aux autorités.
bref, y'a tjs cet entre 2 en france qui fait que j'ai l'impression qu'on vit de plus en plus les derniers temps du "mouvement".
en espérant (bien évidemment) me tromper.
Marek Hamsik Niveau : National
Belle référence a la chanson de Simon and Garfunkel the sound of silence....
GhjuvanFilippu Niveau : CFA2
« les dirigeants dirigent, les joueurs jouent, les supporters supportent »

Je permettrais de citer Bill Shankli, monument du football mondial :
« Dans un club de football, il y a une Sainte Trinité : les joueurs, l'entraîneur et les supporters. Les présidents n'en font pas partie. Ils sont juste là pour signer les chèques. »

Merci Nicolas pour cette article, j'aimerais beaucoup pouvoir te rencontrer et disserter monde des tribunes avec toi.
Dommage que quand tu es invité sur les médias, on ne te laisse jamais parlé (avec Broussard sur RMC ia quelques temps, si à vous deux vous avez parlé 10min c'est énorme !) ...
Comme j'ai déjà pu l'écrire ici, que les raisons apparaissent pour bonnes ou mauvaises à des yeux extérieurs, libres aux ultras de faire grève ou de ne pas chanter. Rien ne peut les contraindre à se rendre au stade, à encourager leurs équipes. Leurs raisons et leurs motivations leurs appartiennent. J'aimerais par ailleurs que les nombreux détracteurs fassent preuve d'honnêteté, le problème n'est pas la grève ou le refus d'encourager mais le mouvement ultra lui-même. Quoique fasse un ultra, il sera vilipendé ou suspect et caricaturé en beauf. J'imagine aisément que tous ceux qui critiquent sont évidemment toutes les semaines en tribunes pour supporter leurs équipes.
Laura Bordelaise Niveau : CFA2
C'est toujours intéressant combien la France du foot déteste les Ultras, les comparant à des idiots immatures, sans cerveau, violents. Et comme elle récupère cette image dans d'autres circonstances, comme à Sainté.
Petit bémol et un brin de mauvaise foi:

"Les supporters ne sont pas des salariés du club." Sauf à l'OM...auriez-vous dû préciser M. Hourcade.
J'ai commencé à lire l'article, et petit à petit, je me demandais qui, dans la bande à So Foot, pouvait avoir une si grosse culture du mouvement Ultra et si bien décrire l'atmosphère pesante qui existe en ce moment dans notre championnat... Finalement je tombe sur un sociologue. Jpensais que tous ces types étaient des branleurs intellectuels, là il m'a cloué sur place...

4fingers : Pour moi, au contraire, c'est VRAIMENT le bon moment pour les groupes ultras (bien que supporters) de faire valoir leur point de vue. Pour que derrière cette mise en sommeil, il y ait une réaction populaire. Je parle pas de la LFP en étant populaire, je parle des types en latérales dans le stade, des supporters de l'ASSE devant leur TV... Ces types là doivent se rendre compte de la gravité de la situation.

ça me fait vraiment penser à l'allégorie de la grenouille... Petit à petit, les autorités gagnent du terrain sur ces groupes de supporters, ciblés comme étant dangereux et subissant de plein fouet la "tolérance zéro". Putain* mais laissez-les respirer nom de dieu ! Ce sont eux qui font la beauté de ce sport POPULAIRE, qui vient de PEUPLE. D'ailleurs, c'est pas une coïncidence si les tribunes des ultras sont appelées de la même manière...

J'ai beaucoup aimé le passage sur la réaction de Galtier envers les supporters et la supposée obligation de devoir supporter son club. On ne se rend pas compte à quel point le mec qui vient parfois de l'autre bout de la France pour aller voir jouer son club, et "se casser les cordes vocales" (là je me suis bien reconnu !) donne de son temps, uniquement parce qu'il se sent appartenir à un clan. Alors la moindre des choses, je pense que c'est de respecter ces personnes. Ceux qui sont opposés à ces idées sont les bourreaux du football professionnel, ni plus ni moins.

Et puis dernière chose à citer, pour ceux qui n'en auraient pas eu écho sur le lien, une partie de la décla du responsable des Green Angels, devant les propos de Brisbois et Riolo mes couilles*. Il est loin le temps d'Alex Delpérier auw manettes...

"Le monde ultra n'a pas changé, ce qui a changé est la répression de plus en plus importante : n'importe quel pet de travers fait la une des journaux, on ne peut pas rentrer des hampes de drapeau ou des toms dans certains stades, ... D'ici 2-3 ans, on ne pourra surement plus faire d'animations dans les stades.
Aujourd'hui, les ultras servent un peu de bouc-émissaires mais voyez ce qu'il se passe lorsque les groupes cessent leur activité au stade: c'est un peu mort. C'est ce que veut la Ligue, comme on a pu le voir lorsque l'ASSE et Rennes ont été sanctionnés pour leur envahissement de terrain bon enfant lors des demi-finales de Coupe de la Ligue. Voyez dans quel état d'esprit est cette Ligue !
(...)"
C'est tout de même incroyable que les dirigeants d'un club se plaignent que leurs supporter aient montré leur désaccord de manière pacifique, sans créer de troubles mais juste en leur montrant qu'ils sont indispensables!

Ils les ont mis devant leurs contradictions et c'est un crime bien plus grave que de lancer des fumigènes car ils les obligent à se poser les vrais questions sans pouvoir se cacher derrière des faits violents!
2yemklubapanam Niveau : Ballon d'or
"La réaction critique de Christophe Galtier est parfaitement compréhensible(...). Cependant, il y a quelque chose d’ironique à entendre des joueurs et un entraîneur grassement payés se plaindre que les supporters ne chantent pas. Les supporters ne sont pas des salariés du club. Ils ne sont pas payés pour mettre l’ambiance. Au contraire, ils paient pour pouvoir assister au match"
pas un spectacle en france ou on entend que le public est mauvais parce qu'il siffle ou reste dubitatif devant la qualité de ce qui lui est proposé. alors devoir chanter et faire la fete a priori est un renversement hallucinant. bravo aux supporters qui le décident.
mais je ne vois pas en quoi la reaction critique de l'entraineur est compréhensible. ces gens gagnent des fortunes grace a des politiques qui les dépassent. demain le Qatar ne met plus des millions dans le foot francais pour se créer une image mondiale, les droits tv se cassent la gueule* et monsieur galtier baisse son salaire par 4. et peut etre que les billets montent et les ultras restent a la maison. on se demande qui est le client et qui est le commerçant. un peu comme les banques quoi...
lekikidetouleskiki Niveau : District
Çà rassure un peu les sympathisants des petits clubs (en l'occurence le petit frère croix-de-savoie) de voir que même des stades réputés et respectés peuvent sonner creux si tu enleves quelques centaines (ou milliers) de passionnés.
Une ambiance, çà ne s' achète pas, çà se construit dans le temps.
Mais qui a envie de laisser du temps aux petits club de se développer?
C'est une sorte de capitalisme du supporterisme, il faut une image de marque, et qu'elle soit rentable immédiatement, sinon tout le monde cherche à t'écraser.
Moi j'ai décidé de donner mon cœur au club le plus moche, le moins attirant de ligue1 (sondage de cette semaine), mais à travers çà je suis admiratifs des autres petits dont les gens se réjouissent de la relégation, ces fans qui, si ils n'ont pas bein ou canal doivent se coltiner des résumés tronqués de leurs actions et dont leurs victoires sont forcément dues aux contre-performances des clubs "cultes".
Donc, pour ne pas trop être hors sujet, je conclurerai en soutenant plus que tout les ultras car dzns notre stade il y en a (pour l'instant) peu, mais sans eux, ce serait la mort du foot, car c'est souligné dans l'article, il n'y aurait plus de moteur ni pour les joueurs, ni pour les sympathisants lambda
Merci pour cet article de la part d'un fan de foot et d'un étudiant en socio ! Aujourd'hui le So Foot est génial avec celui là et celui sur le foot en District^^ J'ai un sentiment amer envers la LFP qui se concentre uniquement sur de la répression, "l'ultra sécuritaire" mais sans réel vision politique ( sinon de maintenir la hiérarchie en place, le pouvoir aux dirigeants et non aux supporteurs !) Cette politique de répression enlève la ferveur et l'ambiance! Dommage pour les joueurs et le staff de Saint Étienne mais je comprend mieux cette grève de ultra de sainté, je la trouve légitime.

Est ce que des acteurs du foot (joueurs, consultants,dirigeants, entraîneurs) ont été d'accords avec le silence des ultra verts ?

Pour voir si des gens vont à contre courant (jspr mais j'y crois pas trop)
cavibomba Niveau : DHR
Je comprend la réaction des ultras on leurs demande de supporter, de chanter, d'ambiancer le stade mais ça s'arrête là. En gros "tu paies ta place, tu chantes mais tu casses pas trop les couilles* non plus".
Les dirigeants doivent choisir: de la "passion" qui inclue forcément quelques excès ou alors des "fans" (spectateurs) qui ne débordent pas.
Tant que cela reste de la fête avec les fumis, les banderoles ou les tambours, la ligue devrait laisser faire, surtout que le climat serait plus détendu entre les dirigeants et les ultras.
À la limite, pour que les clubs et la ligue comprennent vraiment le pouvoir des tribunes, si TOUS les groupes de supporters de TOUS les clubs de France faisaient grève totale et illimitée, l'action aurait sûrement bcp plus de poids que les actions isolées par ci par là.
Fréquentant les stades en Italie, je peux dire que la Curva a bcp plus de libertés vis à vis du club qu'en France. Les clubs sont aussi moins sanctionnés que chez nous. La "tessera del tifoso" a réussi à limiter les bagarres car les plus violents ne sont pas "tesserati" et ne preferent assister qu'aux rencontres à domicile de leur équipe plutôt que de rentrer dans le système voulu par la Lega. Cela prouve d'une certaine façon que les ultras défendent leurs interets avec pugnacité et préfèrent supporter à leur façon (bonne ou mauvaise c'est selon) leur équipe.
Note : 1
Ce qui est bete c est que nos sociologues ne seront pas plus ecoutes que les asso d Ultra par la LFP et l Etat qui n ont pas envie de reflechir plus que le bout de leur nez..alors faut faire du cas par cas avec chaque club, Paris s est mort les proprios s en fichent completement, les joueurs aussi d ailleurs, St E ce fut une mauvaise surprise, mais avant de faire du"porte a porte" faut esperer que les Ultras arrivent a former une federation qui se prendra un max de vents au debut mais peut etre qu avec le temps ca marchera, qui sait? Mais faut etre deux pour dialoguer.
3 points:

1- Le jour ou un mome de 8 ans prendra le fumi d'un GA sur le coin de la figure, j'attendrai avec impatience la réaction des défenseurs de la culture des tribunes. J'espère juste que ca sera pas mon mome, parce que j'aurai eu l'outrecuidance d'aller voire un match en populaire.

2- Je vous invite à revoir le palamres des derniers derby... pas un seul ne s'est passé correctement. Pêle mêle? L'an passé, amtch intérompu suite à plui de pétard. Au retour, déplacement en indep des steph, bataille rangé dans la rue résultat: un père de famille innocent prend un coup de flashball dans la tete.... cette saison vous avez tous vu.... au passage les bus lyonnais avaient été caillassé en arrivant au stade GG.

3- Le surnom chaudron est bien antérieur à l'apparition des ultras. Mais ce mode de supporterisme bouffe les autres et accelère le mouvement de séparation supporter/spectateurs.
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