1. // Les restes du monde

Le Brésil dans tous ses Etats

De Rio à São Paulo en passant par le fin fond de l'Amazonie, petit tour d'horizon des championnats régionaux. Les phases finales battent leur plein et les stars sont attendues au tournant.

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Au Brésil, les distances sont tellement énormes qu'il a fallu attendre 1971 pour que le premier championnat national soit enfin organisé. C‘est la raison pour laquelle Pelé n'a jamais été sacré champion du Brasileirão, même si la fédé a tenté d'y remédier en attribuant récemment au Santos des sixties six titres nationaux... Il faut dire que cette formation avait raflé huit championnats de l'Etat de São Paulo sur dix durant cette décennie, ainsi que des titres comme la Taça Brasil ou la Taça Prata, qui réunissaient d'autres champions régionaux. Aujourd'hui, malgré un niveau parfois médiocre en début de compétition, ces joutes locales continuent de passionner les Brésiliens lors du premier semestre de l'année. Et là, ça tombe bien, on en est aux phases finales, avec des classicos à gogo.

Carioca : Ronaldinho privé de dessert ?



Auteur du but de la victoire de Flamengo lors de la Taça Guanabara (première phase du championnat de l'Etat de Rio) en février grâce à un superbe coup-franc, il avait fait taire les sceptiques. Mais depuis, ses performances sont de moins en moins convaincantes. Pas au top de sa forme, Ronnie a même foiré un péno lors de la dernière journée de la phase de groupes de la deuxième phase (la Taça Rio), ce qui a coûté à son équipe la tête de sa poule, l'obligeant à se farcir le Fluminense, champion national en titre, en demies. Forfait de dernière minute de ce Fla-Flu remporté aux tirs aux buts, il est incertain pour la finale de ce dimanche contre Vasco. Cela dit, le Flamengo reste invaincu depuis le début de l'année et affiche une belle solidité défensive.

En attendant l'arrivée de Juninho, qui vient de signer un contrat pour moins de 260 euros mensuels (!) et devrait renforcer l'équipe pour le championnat national, le Vasco espère bien mettre fin à cette série. Très mal en point au début de l'année, ils ne se sont même pas qualifiés pour les playoffs de la première phase. Mais depuis l'arrivée de Ricardo au poste d'entraîneur, ils ont resserré les boulons redonné espoir à leurs supporters grâce aux arrivées de stars revanchardes comme Diego Souza ou Alecsandro et à la révélation du jeune Bernardo. Mais pour rêver plus haut, il faut encore qu'ils battent Flamengo dimanche, pour s'adjuger ainsi le titre de la deuxième phase et obtenir le droit de les affronter à nouveau lors d'une double confrontation qui désignera le grand champion carioca. Nul doute que les rouge et noir vont tout faire être sacré dès ce week-end. A moins qu'il ne préfèrent laisser à Ronaldinho le temps de participer pleinement à la fête...

Paulista : les gros en pleine bourre

Dix-neuf journées usantes pour les organismes contre des équipes de seconde zone, tout ça pour en arriver là : les quatre cadors de l'Etat de São Paulo qualifiés pour les demi-finales. Corinthians, Palmeiras, Santos et São Paulo ont disposé facilement de leurs adversaires en quarts le week-end dernier et entrent enfin dans le vif du sujet cette semaine. Samedi, le Santos de Neymar et Ganso part favori contre São Paulo FC, privé de l'autre petit prodige du foot brésilien : Lucas, blessé à la cuise. L'infirmerie de l'ancien club de Rai est bien pleine, avec l'ex-Marseillais et Toulousain Fernandão, mais surtout Luis Fabiano, qui n'a pas encore foulé la pelouse depuis sa présentation en mars dernier. Le match de dimanche oppose le Palmeiras, coaché par Luis Felipe Scolari aux Corinthians, qui se consolent de la retraite de Ronaldo grâce au naturalisé portugais Liedson, meilleur buteur du Paulistão, avec 11 pions inscrits alors qu'il est arrivé en cours de championnat. Il fait aussi oublier Adriano. Blessé au talon d'Achille trois semaines après sa présentation officielle, O Imperador n'est pas prêt de faire ses grands débuts sous le maillot du Timão.

Les restes du Brésil

Brandão, lui, a eu plus de chance. Ce mercredi, il a porté pour la première fois le maillot de Cruzeiro en match officiel, en huitièmes de la finale de la Copa Libertadores. Non qualifié pour le championnat de l'Etat de Minas Gerais, il sera en tribunes pour voir ses potes se hisser tranquillement en finale. Lors de la demi-finale aller, ils ont atomisé 8-1 l'América de Teofilo Otoni. Ils devraient affronter l'autre grosse équipe locale, l'Atletico Mineiro, coachée par Dorival Junior, celui qui a fait les frais des caprices de Neymar alors qu'il était pour beaucoup dans la formation de la grande équipe de Santos championne du Paulistão et de la Coupe du Brésil l'année dernière.



Au Sud du Brésil, les fans s'attendent à vivre une série historique de classicos « Gre-Nal » à la mode Real-Barça. Opposés dimanche en finale de la deuxième phase, l'Internacional et le Grêmio pourraient s'affronter cinq fois en un mois ! Si l'Inter, coaché par Falcão, s'impose ce dimanche, ils feront une grande finale en matches aller-retour pour désigner le champion de l'Etat du Rio Grande do Sul. Mais surtout, les deux équipes pourraient se retrouver en quarts de finale de la Copa Libertadores. Le problème, c'est que le Grêmio s'est chié dessus en perdant à domicile mardi dernier contre les Chiliens de l'Universidad catolica. Hier soir, les rouges de l'Inter ont mieux commencé en obtenant le nul 1-1 sur le terrain du Cerro Porteño. Toujours dans le Sud, il y a eu beaucoup moins de suspense dans le championnat de l'Etat du Parana. L'équipe de Coritiba a été sacrée championne dès le week-end dernier en battant un record pas dégueu : le plus grand nombre de victoires consécutives pour une équipe brésilienne, avec 22 succès d'affilée !


Pendant ce temps, la vie n'est pas rose aux antipodes du pays. Le club de Rio Negro de Manaus, 16 fois champion d'Amazonie, avait créé la sensation en enrôlant l'ancienne star Jardel, âgé de 37 ans. Le problème, c'est que l'homme d'affaire véreux à l'origine de l'opération n'a pas versé le moindre salaire pendant plus de trois mois. Du coup, l'ex-buteur de Porto et du Sporting Lisbonne s'est fait la malle, mais dix autres joueurs beaucoup moins médiatiques, recrutés spécialement en provenance de São Paulo, n'en avaient pas les moyens. Entassés dans une maison délabrée fournie par le club, ils ont survécu uniquement grâce aux dons de leurs familles et des supporters. Depuis un reportage diffusé par TV Globo mardi dernier, les dirigeants ont « maquillé » le tout. Deux mois de salaire ont été versés et la maison a été nettoyée de fond en comble et équipée d'un frigo et de quelques lits (avant, les joueurs dormaient à même le sol). On est loin des soirées fastueuses de Ronaldinho à Rio.



Louis Génot, à Rio de Janeiro

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Botafogo ca donne quoi ? Sinon je pense que c'est une faute de frappe. Curitiba et non Coritiba.
Super article, très complet, rien à dire. Du très beau travail, qui me fait voyager vers ce pays magnifique !

Relativement pédagogique en plus car ce n'est pas simple de se rertrouver ans toutes ces compétitions !
"Le problème, c'est que le Grêmio s'est chié dessus en perdant à domicile mardi dernier contre les Chiliens de l'Universidad catolica."

Avec tout le respect que merite les clubs Bresiliens, c est la Cato qui se chierait dessus si elle ne passe pas contre Grêmio. L equipe a un tres bon effectif, qui plus est stable, donc les joueurs se connaissent et les recrues ont vraiment apporte un plus (cf. Cañete et Eluchans). En plus ils ont pris confiance en phase de groupe en realisant contre Velez que oui ils avaient les capacites pour rivaliser avec les gros clubs du continent.

Et puis Grêmio c est le plus faible des 4 clubs bresiliens encore en course, ils ont ni le collectif impressionant de l Inter ou Cruzeiro, ni les individualites de Santos.

On en parle peu parceque c est un club chilien mais je pense que la Cato est le principal outsider derriere les 2 gros clubs bresiliens (Inter et Cruzeiro) et les 2 gros argentins (Velez et Estudiantes).
@ hetverdrietvanbelgie : En fait, la ville s'appelle bien Curitiba, mais le club utilise une autre orthographe, avec un O.

Quand le club Coritiba Football Club a été fondé en 1909, la ville utilisait deux orthographes: Coritiba (orthographe européenne) et Curityba ( Tupi Guarani)

Depuis, le gouverment a tranché pour Curitiba mais le club s'appelle toujours Coritiba.

A plus!

PM
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