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  1. // JO 2012
  2. // Groupe C
  3. // Brésil/Biélorussie (3-1)

Le Brésil chaud devant

Comme face à l’Égypte, le Brésil a affiché une inquiétante schizophrénie. Affligeantes derrière, virevoltantes avec Neymar devant, les ouailles de Mano Menezes l’emportent tout de même 3-1. Un cache-misère qui leur ouvre les portes des quarts de finale.

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Brésil - Biélorussie : 3-1
Buts : Pato (14e), Neymar (64e) et Oscar (93e) pour le Brésil - Bressan (8e) pour la Biélorussie

« Les joueurs sont très intéressés par les Jeux et très impliqués dans la préparation qui a été très positive. Théoriquement, c’est vrai, nous sommes parmi les favoris, mais on disait la même chose des Pays-Bas avant l’Euro 2012.  » Quelques jours avant de rentrer en piste dans ces Jeux Olympiques, la comparaison de Mano Menezes avec les Bataves de Bert van Marwijk prend, match après match, une épaisseur grandissante. Car oui, ce Brésil olympique vend du rêve. Une attaque de feu emmenée par Pato, Hulk et Neymar, des quarterbacks XXL avec des gars comme Oscar ou Ganso, et des latéraux aguerris aux joutes de la Champion’s avec Rafael et Marcelo. La présence de Thiago Silva garantirait presque un semblant d’attitude défensive, mais non, rien n'y fait : ce Brazil est bancal. Encore une fois, ce dimanche, les ouailles de Mano ont montré une schizophrénie alarmante. Et ce n’est pas une victoire logique face à de limités et valeureux Biélorusses qui viendra réjouir la patrie de Lula. Ce double visage ferait presque oublier qu’avec ses trois points supplémentaires, la sélection auriverde tient sa place en quarts de finale de la compétition. Encore heureux.

C’est sous un soleil bien british que la rencontre démarre à Old Trafford. Premiers ex-aequo, les 22 bonhommes se disputent donc la tête du groupe. Niveau mode, avec leur mythique tenue jaune-bleu-blanc, les Brésiliens toisent le petit Bélarus. Avec des maillots directement sortis des stocks d’invendus de l’URSS, les protégés de Kondratiev font peine à voir. Sans doute une feinte pour attendrir la bande à Thiago Silva. Car après seulement huit minutes de jeu et une possession avoisant les 90 % pour le Brésil, les Biélorusses se décident à sortir la tête de l’eau. Bim bam boum. Un contre, un marquage à dix mètres, un centre de Kozlov, une tête piquée de Bressan, et voilà Minsk qui chavire dans le bonheur. Une ouverture du score qui n’a rien d’un vol, tant les Auriverde ne souhaitent pas défendre. Et ce ne sont pas les timides montées de Marcelo et Rafael qui y changeront quelque chose. Roberto Carlos et Cafu, c’était autre chose.

Au bon vouloir de Neymar

Pour combler ce laxisme défensif, la dream-team offensive prend les choses en main. Enfin essaye. Lors des phases construites, seule la chique est en mouvement. Neymar & co attendent patiemment dans leurs starting-blocks. C’est d’ailleurs sur un crochet de l’homme à mèche que la différence se fait. Le joueur de Santos envoie un caviar sur la tête de Pato qui crucifie à bout portant le pauvre Gutor. Les pendules sont enfin remises à l’heure. On se dit alors que les ouailles de Mano ne vont faire qu’une bouchée des soviétiques. Il n’en est rien. Sur chaque phase de contre, le quator Rafael-Thiago Silva-Juan-Marcelo sert les fesses. À dix minutes de la pause, Juan se fait même casser les reins. Sur un crochet de Kornilenko, le joueur de l’Inter se fait désosser et ne peut qu’assister au raté de son bourreau. Pendant ce temps-là, le trident offensif ne se décide toujours pas à accélérer le jeu. Et ce ne sont pas les approximations d’Oscar qui vont les y aider. Le poids des 30 millions dépensés par Chelsea, sans doute…

Au retour des vestiaires, la donne a changé. Mano a dû élever la voix et ça se fait sentir. L’accélérateur enclanché, le Bélarus a du mal à tenir la cadence, mais peut compter sur un gardien en état de grâce. Coup sur coup, les Marcelo et Hulk buttent face à Gutor. Et quand il est battu, ces défenseurs viennent lui prêter main forte (55e). À force de persévérance, les Sud-Américains vont tout de même trouver la faille. Sur un coup franc qu’il provoque lui-même, Neymar da Silva Santos Junior envoie un missile dans la lulu d’un pauvre Gutor – qui s’offre à l’occasion une superbe photo souvenir. Les dès sont jetés. Cuits physiquement, les Biélorusses ont du mal à couvrir le pré d’Old Trafford. Avec des espaces à la pelle, Neymar se fait plaisir. Des roulettes, des passements de jambes, des crochets, les spectateurs en ont pour leur argent. Suite à un énième rush, le gamin de 20 ans offre, sur une talonnade, une offrande à Oscar. Le néo-Blues ne se fait pas prier et envoie une sacoche en lucarne. 3-1, le coup de sifflet final tombe juste après. Les Brésiliens peuvent aller danser la samba, ils sont qualifiés pour les quarts. Mais devront se trouver une défense pour espérer plus.

Robin Delorme
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