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  2. // Real Madrid-Dortmund (2-2)

Le Borussia piège et devance le Real

Alors qu’une douce fin de soirée se profile pour le Santiago Bernabéu, Marco Reus le fait taire en égalisant, à la surprise générale, en toute fin de match. Ce nul à l’arrachée (2-2) permet au Borussia de conserver sa première place et au Real de nourrir bien des regrets.

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Real Madrid 2-2 Borussia Dortmund

Buts : Benzema (28e, 53e) pour le Real // Aubameyang (60e) et Reus (88e) pour le Borussia

Les maillots jaunes du Borussia ne renvoient pas le Santiago Bernabéu vers ses souvenirs et succès les plus glorieux. Quatre ans plus tôt, en novembre 2012, les Borussen récitent un football rayonnant et piétinent les idées reçues d’un public madridista pensant les ridiculiser, avant, quelques mois plus tard, d’interdire une nouvelle remontada madrilène en demi-finales de Ligue des champions. Autant dire qu’en recevant ces mêmes Teutons, un point devant eux au coup d’envoi, les Merengues ne préfèrent pas « spéculer » , pour reprendre les dires du désormais co-détenteur de la meilleure série de matchs sans défaite dans l’histoire du Real Madrid – à égalité avec les trente-quatre de Leo Beenhakker. Mais Zinédine Zidane, auréolé de ce nouveau statut, peut tout de même nourrir des regrets. Car rejoint au score en toute fin de match par Marco Reus, son Real, auteur de l’une de ses partitions les plus abouties, perd la première place du groupe F sur le gong et doit se résoudre à un huitième de finale sans avantage du terrain. Longtemps, pourtant, c’est vers le succès que Karim Benzema, élément indispensable en C1 avec un nouveau doublé, pensait mener les meringues de Madrid.

Un Bernabéu trop imposant pour les jeunots allemands


Fidèle à sa tradition des grandes soirées européennes, l’antre de Chamartin se pare de son plus beau smoking pour recevoir le leader du groupe. Un « Hala Madrid y nada mas » repris en cœur, un frémissement au coup d’envoi, et les hostilités sont lancées. D’abord entreprenants, comme l’illustre la tentative de Schürrle, les jeunots allemands se font peu à peu malaxer par le milieu merengue. Casemiro, de retour dans le onze, et Modrić, implacable dans sa maîtrise des éléments, renvoient Weigl, Pulisic et Castro à leurs études, puis entraînent leurs coéquipiers dans leur sillon. Le pressing s’intensifiant, les récupérations se produisent de plus en plus près des cages de Weidenfeller, unique relique du BvB de 2012, et resserrent l’étau autour de sa surface. À la parade sur James, enfin consistant et réceptif aux consignes du Mister, Weidenfeller ne peut qu’assister, médusé, à la banderille de Karim Benzema, servi idéalement par le petit taureau Carvajal. À la domination se joint donc une ouverture du score logique, symbole de l’énorme différence entre ces deux équipes dans la gestion de leurs émotions. En résumé, des adultes marchent sur des bambins.

Benzema, la cinquantaine européenne


En bon scénariste, Zidane trouve, supposément, les mots adéquats dans les vestiaires. Car c’est un bis repetita du premier acte qui se joue au retour des vestiaires : à la légère domination initiale du Borussia, les Madrilènes répondent par un second pion, une nouvelle fois œuvre de Benzema. Après avoir tutoyé les gants de Weidenfeller, le « patriote fiscal » du jour, dans la continuité, reprend dans les airs une offrande de James pour doubler la mise. Le suspense n’est plus, s’imagine déjà le Bernabéu. À tort, puisqu'à l’heure de jeu, le BvB récite une action à la géométrie parfaite : sur un renversement lumineux de Weigl, Schmelzer dévore l’espace et sert en une touche Aubameyang, qui se présente en plantant devant un public médusé. S’ensuit alors une fin de match rock’n’roll, faisant la part belle aux actions tous azimuts, Weidenfeller multipliant les arrêts salvateurs, Keylor Navas remerciant le manque de précision adverse. Mais le roi des occasions gâchées se nomme en cette soirée Cristiano Ronaldo qui, sur un service succulent de Lucas Vázquez, touche le bois allemand. Un raté décisif, puisqu’à la 88e, sur un contre sonique emmené par Aubameyang, l'entrant Reus éteint le Bernabéu. Dur-dur pour le Real.

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    Par Robin Delorme
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