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Le bon tour de Mourinho

L'Inter Milan a déjoué tous les pronostics en éliminant Chelsea grâce à un succès aussi court que logique (1-0). Une qualification qui doit beaucoup évidemment à José Mourinho et qui réinstalle les Nerazzurri sur le devant de la scène européenne, 45 ans après leur dernier succès en C1. Et si l'Inter n'était plus un club de losers ?

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Un jour où il était particulièrement content de lui, José Mourinho : « Il y a Dieu et après Dieu, il y a moi » . Faux ! Car cet homme est un diable en vérité. On pourra toujours le détester, le railler, mais le fait est là : “Mou” honore toujours les rendez-vous qu'il se fixe. Et celui-là, plus que tout autre, lui tenait à cœur : « Je n'ai jamais préparé un match à ce point. L'aller, je me le suis repassé sept fois en DVD, en arrêtant sans arrêt la bande pour revenir en arrière » . On n'est pas obligés de le prendre au mot mais le message se voulait clair : son Inter serait prêt comme jamais pour cet affrontement. Et il le fut, compact, discipliné, intelligent et même talentueux dans les pas d'un Wesley Sneijder dont on se demande chaque jour un peu plus pourquoi le Real Madrid l'a dégagé. A la lumière des résultats de ces huitièmes, la question est encore plus pertinente. Oui, pour ce match retour sous haute tension, Mourinho avait tout donné pour montrer qui est le maître de Stamford Bridge, lui qui n'y a perdu qu'une fois en trois ans à Londres (1-2 face à Barcelone en 2006). Clin d'œil ironique comme il les aime, le Portugais qualifie la seule équipe italienne en quart de finale, lui que toute la péninsule cloue au pilori dès qu'elle le peut.

Seul Malouda avait la clé

Dans un Stamford incandescent comme rarement, José Mourinho avait tout de suite assuré le spectacle en saluant les Blues, “ses” Blues, tranquillement accoudé au tunnel juste avant l'échauffement. Façon de dire : hein les gars, on est d'accord, c'est encore moi le taulier de la place. Tu m'étonnes ! Au coup d'envoi, les deux équipes, toutes deux disposées en 4-3-3, donnaient l'impression d'un miroir inversé. Avec sans doute davantage de puissance côté anglais, peut-être un soupçon de grinta en plus côté italien. Surtout, Mourinho surprenait son monde en alignant trois vrais attaquants soutenus par un meneur de jeu. Ou quand la meilleure des défenses est l'attaque... Comme prévu, d'entrée Chelsea tentait de mettre sa grosse papatte sur le match. Malouda et ses jambes de feu (obstruction de Samuel dans la surface), Ballack et sa frappe d'Allemand (11e) indiquaient tout de suite la thématique de la soirée voulue par les Londoniens. Mais l'organisation sans faille des Nerazzurri compliquait l'affaire au point qu'après vingt minutes de jeu, les visiteurs faisaient jeu égal dans la possession de balle avec des Blues un peu trop nerveux et impatients dans leur choix de chercher Didier Drogba sans phase de préparation. Pour autant de ballons perdus, même si sur une longue touche dans la boîte vers Malouda, la reprise était tout près de faire grabuge avant d'être contrée en kamikaze par Maicon (26e). Une des clés de cette légère emprise interiste tenait dans le pressing infernal au milieu qui privait Chelsea de tout lancement correct d'offensives. Cambiasso, notamment, se chargeait de chasser Lampard dans toutes les zones, privant l'international anglais de son influence habituelle. Au contraire, l'Inter de son côté trouvait des brèches, surtout à droite par Maicon souvent oublié par Zhirkov, le Brésilien étant tout proche de faire la décision sur un centre aux oignons pour la tête trop smashée de Samuel Eto'o pourtant seul à trois mètres des bois de l'improbable Turnbull (32e). Le coup d'envoi d'un bon quart d'heure pour Milan avec des combinaisons rapides entre Eto'o et Milito, plus vifs que la charnière un rien lourdaude Alex-Terry. Au vrai, seul Malouda posait problème à l'arrière-garde, au coffre-fort même, de l'Inter, même si c'était Anelka, bien servi par Lampard (enfin !), qui s'offrait la meilleure occase seul face à Julio Cesar (42e) lors du bon finish des Blues avant le repos.


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Eto'o éternel bourreau des Blues

Au retour des vestiaires, Chelsea revenait en premier sur le pré et avec les meilleures intentions. Visiblement, Carlo Ancelotti avait rectifié son plan tactique à une idée plus simple : passer la balle à Malouda quoi qu'il arrive. Pas fou, l'Italien avait probablement noté que le Guyannais était le seul à pouvoir déséquilibrer à la régulière la défense noire et bleue. Après quelques rushs percutants, l'ancien Lyonnais était à deux doigts de valider cette option avec un cadrage-débor' sur Maicon suivi d'une frappe croisée saignante sortie de justesse par Julio Cesar (53e). Mais l'Inter sortait elle aussi le bout de son nez. Ici une diagonale de Sneijder vers Eto'o, oublié par Zhikov, qui butait sur Turnbull, là une talonnade du Camerounais pour Pandev lancé plein axe avant d'être repris in extremis par Zhirkov avant une reprise en pivot de Milito à bout portant dans les gants de Turnbull. Et que dire de cette passe lobée de Sneijder, après une incroyable passe à dix, pour Milito seul face à Turnbull mais incapable de cadrer. Les Blues étaient au bord du KO face à cet enchaînement d'occasions. Le pire pour les hommes de Carlo Ancelotti était la maîtrise totale de ceux de Mourinho. On ne voyait toujours pas Lampard ou Ballack, totalement étouffés, sans même parler de la mise sous tutelle d'Anelka et de Drogba par la charnière Samuel-Lucio. Ancelotti décidait donc de lancer pour le dernier quart d'heure Kalou, buteur à l'aller, pour créer plus de brèches, trop rares jusque là. Mais c'était bien Sneijder sur sa spéciale, ouverture croisée dans le dos du back four, qui envoyait Samuel Eto'o battre Turnbull à qui il ne fallait pas trop en demander (78e, 0-1). Eto'o, définitivement le bourreau des Blues à Stamford, buteur avec le Barça en 2006 lors de l'unique défaite des Londoniens chez eux en Ligue des Champions en sept ans, et encore présent lors de la qualif in extremis des Blaugrana ici même en demi-finale retour. Comme un symbole, Drogba, qui venait de le devancer au Ballon d'Or africain, se prenait un rouge dans la foulée. Pour la première fois depuis 2006, l'Inter accède aux quarts de finale. Pour la première fois depuis 2006, Chelsea n'y sera pas. Une croisée des destins qui porte un nom, un seul : José Mourinho.

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