1. //
  2. // Anniversaire de Pavel Nedvěd

Le boléro de Pavel

Voilà maintenant sept ans que le foot a perdu Pavel Nedvěd, aujourd'hui devenu vice-président de la Juventus. C'était le 30 mai 2009, contre la Lazio, face à sa famille, et il emportait en tribunes son style iconique et sa façon de voir le jeu. La fin d'une époque aussi.

Modififié
4k 46
S’il fallait ne retenir qu’une image de la vie de Pavel Nedvěd, ce serait certainement celle-ci : la Furia Ceca a les genoux au sol, la crinière brillante, son numéro onze dans le dos et les bras ouverts comme pour se lier définitivement avec le peuple du Stadio delle Alpi de Turin. On parle certainement là de l’une des plus belles soirées européennes que le foot des années 2000 nous a offert. Un sommet, une demi-finale retour de C1 entre la Juventus de Lippi et le Real Madrid de Del Bosque, tenant du titre. C’est une représentation parfaite, une soirée où les héros se confondent avec le scénario et où le détail est roi. D’un côté, le 4-3-1-2 de la Juve, avec un Nedvěd seul en meneur de jeu juste devant le trident magnifique Zambrotta-Tacchinardi-Davids, et une organisation tactique parfaite après une défaite 2-1 à Madrid lors de la première manche. De l’autre, un 4-2-3-1 avec les animateurs offensifs Figo et Zidane, un Cambiasso aligné pour pallier l’absence de Makelele. Au final, le travail énorme de Zambrotta, Tacchinardi et Davids empêchera l’expression de Conceição et Guti, alors que le lien est coupé vers Zidane. La Juventus a gagné la bataille tactique, s’impose (3-1) à domicile, retourne le Real et se qualifie pour une finale à Old Trafford contre l'AC Milan d’Ancelotti. Plus que jamais, Pavel Nedvěd a couru comme un prince, il n’a pas toujours été élégant, mais il a marqué le troisième but qui a assommé Madrid. La qualification est venue de son pied droit, comme contre Barcelone en quarts de finale, mais il ne verra pas Manchester. La faute à une faute bête, un carton stupide et une suspension terrible. La Juventus s’inclinera contre l'AC Milan. Mais Pavel sera Ballon d’or. C’était en 2003.

Youtube

Umberto dans la cuisine


Treize ans ont passé depuis cette ligne de la longue romance entre Nedvěd et la Juve. Il n’a pas bougé, a enfilé un nouveau costume et parle toujours de la Vieille Dame comme de « sa famille » . Voilà maintenant plus de sept ans qu’il a entamé sa nouvelle vie entre sa cravate de vice-président du club turinois et son visage d’ambassadeur du foot chinois. Sa « première vie » s’est arrêtée le 30 mai 2009 et, finalement, elle ne pouvait se terminer autrement que dans les larmes. Ce jour-là, la Juve s’était imposée contre la Lazio (2-0), grâce à un doublé de Vincenzo Iaquinta, et avait validé sa deuxième place de Serie A à dix points de l’Inter. Mais Pavel Nedvěd avait fait ses adieux au foot. Un événement dont on peut parler comme de la fin d’un style et d’une certaine époque marquée par un meneur de jeu à l’ancienne, apôtre du mouvement perpétuel, du beau geste, de la parabole, de la pièce maîtresse, de la finesse technique et de la juste agressivité. Le regard posé sur ces trois titres de champion d’Italie décrochés entre la Lazio et la Juve, Pavel Nedvěd fête aujourd’hui ses quarante-quatre ans. Putain, déjà.


Il faut avouer qu’il nous manque, parfois, tant il représentait une certaine idée du foot. Celle du travail, déjà, pour un joueur qui refusait de partir en vacances pour abattre des kilomètres à Vinovo et qui se racontait en expliquant : « Je ne suis pas beau à voir jouer. Je cours, je me bats, mais je ne suis pas élégant comme peuvent l’être Raúl, Zidane, Figo ou Beckham. » Pavel, c’est aussi l’histoire d’une rencontre unique avec le clan Agnelli. L’histoire raconte qu’un jour où il était parti à l’entraînement, Umberto Agnelli, décédé en mai 2004, président de la Juve entre 1955 et 1962, s’était introduit dans la maison des Nedvěd et s’était posé dans la cuisine. La suite ? De longues balades en forêt avec Pavel et sa femme, Ivana, autour de leur maison qui donne sur le parc de la Mandria. Voilà comment Pavel Nedvěd est entré dans la famille au point d’être aujourd’hui dans la garde rapprochée d'Andrea Agnelli, fils de, président de la Juve depuis avril 2010. « La première fois que je l’ai vu sur un terrain, il était avec son père, Umberto, et l’image m’a frappé : la Juve est un club élitiste, mais aussi un club familial. Il s’est présenté, m’a parlé en anglais, oubliant que j’étais en Italie depuis cinq ans. Je n’ai pas compris un mot de ce qu’il m’a dit, et on a commencé à rigoler. Andrea et moi, on est pareils, on a des idées communes sur le foot, et on a un rêve commun, que je ne peux pas révéler, mais qui deviendra réalité un jour » , expliqua-t-il un jour à la Gazzetta dello Sport.

L’homme qui n’avait aucun futur


Pavel Nedvěd n’a jamais voulu s’arracher pour un autre maillot que le blanc et le noir de la Juventus. Il y a eu la Lazio, où Zdeněk Zeman avait réussi à le faire venir en 1996 après l’Euro, mais rien ne pourra toucher ce que Nedvěd a connu à Turin. Il l’expliqua lors de sa retraite, après avoir accompagné le club en Serie B, et affirma : « Je ne suis pas capable de me battre pour d’autres couleurs. » Au point de repousser les avances de José Mourinho qui souhaitait le recruter lors de l’été 2009 pour porter son Inter sur le toit de l’Europe. Le Portugais l’a fait, mais sans Nedvěd. Raison : « Mon cœur ne m’autorisait pas à aller là-bas. » Un temps, pourtant, certains juraient qu’il n’avait « aucun futur » , comme l’écrira un jour l’ancien international tchèque, Karol Dobiaš, vainqueur de l’Euro 76. Pavel Nedvěd a simplement eu une vie normale – son père lui disait : « Tu es un homme comme tout le monde, sauf le dimanche parce que tu joues un match pendant 90 minutes » – entourée de stars. Il jouait au golf avec Del Piero, se retournait la gueule en fin de saison pour vider son esprit, et ne jurait que par la vie de famille. Il est aussi descendu, un temps, dans les rues de Prague pour la « liberté d’expression » et a fait de ce combat un mode de vie sur le rectangle vert. Au point de s’étirer dans le temps. Sur une pelouse ou sur le siège d’une tribune.



Par Maxime Brigand
Modifié

Dans cet article

Georgesleserpent 2.0 Niveau : National
Superbe joueur.
Même si je suis pas d'accord avec la phrase qui dit que le départ de Nedved marque la fin de l'époque du 10.
Nedved avait un profil quand même sacrément particulier; je pense pas qu'on puisse dire qu'il était l'archétype du 10 à l'ancienne.

Sinon, toujours autant de plaisir à voir sa frappe de l'extérieur face au Real.
Sans parler du second but de Del Piero. Caler un truc pareil en 1/2 de LDC, c'est quand même immense.
Note : 2
Message posté par Georgesleserpent 2.0
Superbe joueur.
Même si je suis pas d'accord avec la phrase qui dit que le départ de Nedved marque la fin de l'époque du 10.
Nedved avait un profil quand même sacrément particulier; je pense pas qu'on puisse dire qu'il était l'archétype du 10 à l'ancienne.

Sinon, toujours autant de plaisir à voir sa frappe de l'extérieur face au Real.
Sans parler du second but de Del Piero. Caler un truc pareil en 1/2 de LDC, c'est quand même immense.


Bien d'accord avec toi Georges, c'était un dix atypique et qui ne rechignait pas à venir accomplir les tâches ingrates à la récupération.

Un joueur magnifique avec une classe folle et quand j'y pense .. La Juve du début des années 2000 c'était quelque chose !

Et quand on parle Nedved, je pense direct à ce Pays-Bas - Rep. Tchèque de l'Euro 2004, souvenir, souvenir..
Note : 1
Message posté par ceddamil

Et quand on parle Nedved, je pense direct à ce Pays-Bas - Rep. Tchèque de l'Euro 2004, souvenir, souvenir..


+1 Ce match c'est le pinacle du foot
Il Pinturicchio Niveau : District
Message posté par ceddamil
La Juve du début des années 2000 c'était quelque chose !


Del Piero (Ibra) - Trezeguet
Nedved - Viera - Emerson - Camoranesi
Zambrotta - Cannavaro - Thuram - Zebina
Buffon

Oui monsieur, oui.
La Jonquaille Niveau : DHR
Note : 1
Immense joueur et grand bonhomme.

Autant la Juve a raté sa séparation avec Del Piero (qui reviendra peut-etre un jour s'il décide de se reconvertir en coach) autant elle a réussi son mariage avec Nedved qui continue d'envoyer du lourd en coulisses.

Travail acharné, abnégation, lucidité et culture de la gagne avant tout: Nedved incarne à merveille les valeurs de ce club. Comme il dit, l'élégance vient après...ou elle ne vient pas. Peu importe si la victoire est au bout. "En sport c'est pas comment, c'est combien"
Claude le Gentil Niveau : CFA
Pourquoi le lion est le roi des animaux ? Parce que Pavel Nedved.

Quel joueur ...
Note : 1
Un de mes joueurs préférés aux côtés de Gerrard, Modric, Zidane et Ronnie, le Top.
Coach Kévinovitch Niveau : Ligue 1
Note : 1
Dire que des fois je lis certains impudents sur ce site qui osent dire que son ballon d'or est une anomalie.....

C'est un des grands joueurs des années 2000 mais pas un numéro 10. C'est un milieu offensif de côté comme il y en avait beaucoup quand le 4-4-2 était en vogue.
leopold-saroyan Niveau : Ligue 1
Un joueur unique,fantastique, humble, ultra complet, capable à la fois de balancer des mines de 30 m, de la jouer en finesse (voir vidéo), de cavaler, défendre, aller au charbon et dans le même temps balancer des exter' du pied en guise d'assist ou de soyeux coups francs.


Un de ses plus beaux but en C1 face à l'Ajax, dans un mouchoir de poche.
https://www.youtube.com/watch?v=8O6GHrPvumQ
PirloVerratti Niveau : DHR
Note : 1
Alala cette demi-finale contre le Real, le plus beau match que j'ai vu avec Italie - Allemagne 2006 en CDM.

Et cette feinte de frappe-crochet de Del Piero sur le deuxième but qui met à terre Hierro, je pourrais me le repasser tout les jours...

Si il avait été brésilien, je vous raconte pas le buzz que ça ferait
Message posté par Il Pinturicchio
Del Piero (Ibra) - Trezeguet
Nedved - Viera - Emerson - Camoranesi
Zambrotta - Cannavaro - Thuram - Zebina
Buffon

Oui monsieur, oui.


Quelle équipe dégueulasse...
Quand on pense que quelques années avant on avait

Buffon - Zambrotta, Montero, Ferrara, Thuram - Tacchinardi, Davids, Camoranesi, Nedved - Del Piero, Trezeguet
avec sur le banc : Pessotto, Tudor, Conte, Zalayeta, ...

Une des très rares équipes qui m'a fait rêver, au sens littéral du terme.
Message posté par Il Pinturicchio
Del Piero (Ibra) - Trezeguet
Nedved - Viera - Emerson - Camoranesi
Zambrotta - Cannavaro - Thuram - Zebina
Buffon

Oui monsieur, oui.


Quelle équipe dégueulasse...
Quand on pense que quelques années avant on avait

Buffon - Zambrotta, Montero, Ferrara, Thuram - Tacchinardi, Davids, Camoranesi, Nedved - Del Piero, Trezeguet
avec sur le banc : Pessotto, Tudor, Conte, Zalayeta, ...

Une des très rares équipes qui m'a fait rêver, au sens littéral du terme.
Note : 1
"S’il fallait ne retenir qu’une image de la vie de Pavel Nedvěd, ce serait certainement celle-ci : la Furia Ceca a les genoux au sol, la crinière brillante, son numéro onze dans le dos et..."

Et 10 minutes plus tard, même scène mais cette fois la tête au sol car le joueur est désespéré, il vient de recevoir un carton jaune pour une faute grossière qui le suspend pour la finale de la CL contre Milan, que la Juve perdra aux tab.

Malgré son magnifique but, une sublime frappe, un amour de contre tout en vélocité et en finesse, amorcé par Zambrotta sur le côté droit.

Sinon, encore une chose, Nedved voulait rester à la Lazio quand la Juve est venue le chercher. Pour lui, ça ne faisait aucun doute. Il n'en est parti que parce qu'il pensait que le club refuserait l'offre de la Juve, ce qu'il n'a pas fait et ce qui l'a incroyablement déçu.
Ca serait un conte pour enfants pour 99% des footballeurs, pas Nedved, pour qui la loyauté n'est pas qu'un mot mais une vraie valeur. Il l'a prouvé tout au long de sa carrière magnifique, un tout petit peu gachée je trouve par sa dernière année, l'année de trop où ce super coach de Ranieri le faisait jouer sur l'aile (le poste qui ne requiert aucune endurance) et quasiment tous les matches de la saison, plutôt que de le repositionner au centre et l'économiser un peu.

Le foot manque de joueurs comme ça aujourd'hui, des mecs qui puent l'honnêteté, la simplicité et le "vrai".

Et cette crinière blonde, cette bouille de môme... incroyable.
Avec Edgar Davids, l'un des deux seuls joueurs de foot qui m'ont émerveillé.
Note : 1
Nedved est immense joueur qui a marqué le football tant par sa présence sur le terrain, suffisamment décrite ici, que ses absences: finale de C1 et aussi demi-finale de l'Euro 2004 durant lequel il joua comme un Dieu.
Je me suis toujours avec sa crinière blonde et son regard lointain et absent qu'au Moyen Age il serait considéré comme le beau chevalier qui soit.
Et dire qu'il y a quelques temps sur Infosport un chroniqueur en parlant du Ballon d'or ( il me semble qu'il était question de Griezmann après la demi de C1 face au Bayern) affirma que des joueurs moins talentueux que Henry avaient été ballon d'or et de citer Shevchenko et Nedved alors même que la saison où ils ont été sacrés ils ont été bien meilleurs que Owen ou le Ronaldo de 2002.

Décidément on a pas la même culture sportive...
Message posté par aerton
Nedved est immense joueur qui a marqué le football tant par sa présence sur le terrain, suffisamment décrite ici, que ses absences: finale de C1 et aussi demi-finale de l'Euro 2004 durant lequel il joua comme un Dieu.
Je me suis toujours avec sa crinière blonde et son regard lointain et absent qu'au Moyen Age il serait considéré comme le beau chevalier qui soit.
Et dire qu'il y a quelques temps sur Infosport un chroniqueur en parlant du Ballon d'or ( il me semble qu'il était question de Griezmann après la demi de C1 face au Bayern) affirma que des joueurs moins talentueux que Henry avaient été ballon d'or et de citer Shevchenko et Nedved alors même que la saison où ils ont été sacrés ils ont été bien meilleurs que Owen ou le Ronaldo de 2002.

Décidément on a pas la même culture sportive...


*je me suis toujours dit...

Le Kiosque SO PRESS

Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
4k 46