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Le blues du Pastorisme

Joueur frisson de l’exercice précédent, Javier Pastore n’a plus traîné son extérieur du pied sur une pelouse depuis le 21 octobre. Depuis, l’Argentin a enchaîné une conjonctivite, un mollet en bois et maintenant un adducteur qui siffle. Les puristes ne le reverront pas avant 2016. Sans lui, des cœurs saignent. Mais le sien aussi.

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Jeune, on a tous joué à cette saloperie de « Docteur Maboule » . Un jeu de société qui consistait à récupérer dans le corps du patient, à l’aide d’une pince rattachée au plateau, des éléments en plastique qui faisaient office de maladie. Sur Javier Pastore, on serait déjà allé chercher une maladie dans son œil, puis dans son mollet et récemment dans son adducteur. En moins d’un mois, l’Argentin a connu trois blessures. L’une prenant la suite de l’autre. Forcément, il n’a plus foulé une pelouse depuis le 21 octobre, c’était contre le Real Madrid. Depuis plus rien, ou alors tout, mais à l'infirmerie, à tel point que des rumeurs ont commencé à circuler. Flaco n’a rien, il s’est juste embrouillé avec le staff du PSG. Et quand Laurent Blanc entend ça - lui qui est un grand fan de « Javière » comme il aime l’appeler –, il se sent obligé de remettre les pendules à l’heure. C’était en conférence de presse avant la réception de Troyes : « Pastore ? Il s'est blessé à l'adducteur, il n'arrive pas à se sortir de ses blessures à répétition. C'est un début d'année difficile pour Javier. Arrêtez de dire que ce sont des blessures diplomatiques ! » Dans la foulée, l’Argentin publie une photo sur les réseaux sociaux le montrant en train de soigner sa blessure. Au moins, le doute ne s’est pas installé. Mais un peu quand même. Car depuis un mois, l’Argentin joue de malchance.

Les restes de la Copa América, la concurrence de Di María

À la sortie du déplacement à Bastia, le 17 octobre, Flaco passe comme à son habitude en zone mixte après le match. Il vient de jouer 90 minutes et la réception du Real Madrid se profile. Quand un journaliste lui demande ce qu’il faudra pour que le PSG batte les Espagnols, Pastore répond dans un sourire : « Que je joue. » Naturellement, il débutera sur le banc contre les Merengues avant d'entrer en cours de match. Sa dernière apparition. Certains y voient un lien de cause à effet. Difficile d’y croire quand on connaît l’amour de Blanc pour son joueur : 34 matchs de Ligue 1 l’an dernier dont 31 titularisations (8 matchs cette saison pour 6 titularisations). Et puis le PSG a prolongé son meneur de jeu jusqu’en 2019 au printemps dernier. Mais comme l’Argentin est le premier menacé par l’arrivée d’Ángel Di María, on se dit que le ver est dans le fruit. Ça pourrait se plaider. À condition d’avoir des arguments. Pour l’instant, Pastore n’a fait aucune sortie médiatique sur son temps de jeu ou ses blessures. Il n’a pas non plus joué en sélection argentine, faisant simplement constater sa blessure au staff médical de sa sélection… après un voyage outre-Atlantique malgré tout.

En attendant, Blanc se retrouve privé de son principal créateur depuis un mois. Pas forcément le genre de choses qui enchantent le Président. Au final, Di María a-t-il condamné Pastore ? Pas vraiment puisque les deux garçons jouent ensemble en équipe nationale dans une équipe où Lionel Messi squatte également le onze de départ. D’ailleurs, avec Lavezzi, Pastore a grandement œuvré durant la Copa América pour convaincre Ángel Di María de tenter l’aventure parisienne. Et quand le deal se fait, Pastore est le premier à passer la brosse à reluire à la sortie du match d’ouverture contre Lille en août : « C’est un joueur fantastique, je joue déjà avec lui en équipe nationale, et je crois qu’il peut apporter beaucoup à cette équipe. » Mais ce que Pastore ne sait pas encore, c’est que sa saison 2014-2015 et sa Copa América vont lui couper les pattes.

Le plus important : être prêt en février

À Montpellier, déjà, lors de la troisième journée de Ligue 1, son mollet l’empêche de continuer après la neuvième minute de jeu. Le début des emmerdes pour un joueur qui n’a pas eu de repos cet été et qui a repris avec une préparation tronquée. Et dans le football, surtout dans une équipe qui marche, les absents ont toujours tort. La preuve, absent depuis trois semaines, Marco Verratti peut se retaper tranquillement. L’équipe tourne bien sans lui. Pastore est une victime collatérale du bon début de saison du PSG. Et puis, bien entendu, il y a l’épisode Sirigu. Proche de l’Italien, Javier Pastore a vu son pote passer du onze de départ au banc de touche sans que personne ne bronche. Une mise à l’écart sportive, choix radical, qui n’a bouleversé personne au sein du collectif. Sauf peut-être Pastore. Un sentimental. Tous ces petits grains de sable mis bout à bout, cela donne un début d’exercice 2015-2016 très compliqué. Cela dit, dans son malheur, Pastore a une chance. La qualité de ce PSG-là se jugera entre février et avril, c’est là que le club de la capitale aura besoin de l’extérieur le plus utilisé de Paris après le boulevard périphérique. C’est là que son corps devra répondre présent même s’il faudra bousculer une hiérarchie offensive qui semble parfois très figée. D’ici là, le garçon regardera les siens devant sa télévision, en pouponnant sa petite Martina. Une vie de FILF.



Par Mathieu Faure
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