Le Bilan 2010 de Blanc (2)

Finito ! L'année s'achève sur les six premiers matchs de l'ère Blanc. Appréciation générale globalement positive avec quatre victoires et deux défaites. Aujourd'hui, le système, le jeu, les gagnants et les perdants des Bleus de Blanc. Deuxième partie.

0 2
Un 4-3-3 qui s'installe...

Bosnie-France (0-2), évidemment. Puissance et rationalité dans le jeu et dans l'utilisation du ballon. La maîtrise la plus aboutie. Le milieu, évidemment : Diarra en 6 avec devant lui le monstre Abou Diaby (quasi meneur) et Mvila, plus en retrait. Devant : Malouda à gauche, Benz en 9 et Valbuena à droite. C'est en gros le moule Blanc de base, celui auquel il croit. Il en parle souvent, la référence tactique de Lol, c'est le Barça et son 4-3-3 : c'est dans ce schéma que le ballon vit mieux et que les relations entre les lignes sont les plus homogènes. A Wembley, Blanc a reconduit un système qui l'a encore plus conforté dans cette “option blaugrana” : outre la disposition tactique, le contenu lui-même fait de mouvements, de une-deux et de passes multipliées a comblé le coach qui veut aussi revenir à une culture de jeu plus technique, “à la Française”. Exit donc le 4-4-2 inaugural en Norvège (1-2) et contre la Biélorussie (0-1) et sa paire d'attaquants (ici et là, Rémy-Hoarau) qui n'a pas donné satisfaction.

Ceci dit, Blanc n'est pas obtus. Comme avec Bordeaux, il se réserve la possibilité d'utiliser le 4-4-2 contre les équipes moins dures à jouer, avec deux attaquants pour planter un max. Exemple : France-Luxembourg (2-0), avec un 4-4-2 en losange (Gourcuff, pointe haute et Alou Diarra, pointe basse : du Bordeaux, quoi ! Mais Nasri était indispo). Reste que l'association Benzema et Hoarau n'avait pas non plus convaincu, d'où le retour au 4-3-3 au match suivant, à Wembley. Pour être vraiment complet, Lolo ne s'interdit pas non plus d'avoir recours à une troisième option, elle aussi largement éprouvée à Bordeaux, le 4-2-3-1. C'est le système plus “costaud” qu'il adoptait généralement avec les Girondins. Contre la Roumanie, en exemple unique, avec paire de récupérateurs M'Vila-Diarra, une ligne de 3 (Malouda, Nasri, Valbuena) et enfin Benz en pointe. Comme on le voit, Lol n'a pas d'idées figées et tient compte du profil de l'adversaire. Mais en définitive, le 4-3-3 mastoc de Sarajevo a clairement marqué (et décidé ?) l'esprit du sélectionneur. Contre le Brésil, en février prochain, on verra s'il consacre vraiment ce système pour le faire durer, ou bien s'il s'autorise plus de “sécurité” en blindant avec un 4-2-3-1 et une bonne paire dé récupérateurs pour contenir l'armada offensive auriverde...


Une équipe-type qui se pose-là...

Dans une configuration 4-3-3 de type Sarajevo, les jeux sont faits. De toute façon, le gardien et la défense à quatre sont quasiment installés. Lloris dans les buts et devant lui la paire axiale Rami-Mexès. On peut même dire “Ramexès” : Lol ira à la guerre avec ces deux-là, point barre. On le répète : à chaque liste, en plus de Ramexès, il n'y a qu'un seul autre central appelé, le “stagiaire” Sakho, histoire de bien rassurer les deux titulaires que rien ni personne ne les menace. A Londres, Kaboul était le quatrième appelé mais c'était pour prévenir la blessure de Mexès. Lol n'est pas aveugle : il a bien vu que son axe Ramexès flottait parfois, secoué même par Carroll contre l'Angleterre. Sauf que Blanc a fait un choix durable et il s‘y tient, en rupture totale avec Ray Strange qui a bricolé pendant des années dans ce secteur de jeu... Sur les côtés, Abidal s'est imposé tout de suite, dès son retour, à gauche, comme Lol le souhaitait. A droite, Sagna tient la corde face à un Réveillère qui menace. “A l'ancienneté” et “aux progrès” : Bacary mène la danse. Il a été plutôt bon contre les GB à Wembley, poussé au cul par la concurrence. Blanc attache beaucoup d'importance aux progrès, remises en cause et volonté de se surpasser.

Casse-tête au milieu où les options se démultiplient. Un vrai problème de riche : tant mieux. A la base, donc, Diarra-Mvila-Diaby, avec ce dernier en animateur de jeu doté d'une force de pénétration maousse. Ces trois-là peuvent suffire à plier l'affaire pour un bout de temps. Gourcuff et Nasri seraient out, du coup ? Il faut croire. En fait, ce système serait plus préjudiciable à Gourcuff, évoluant globalement plus bas et donc en concurrence directe avec Mvila et surtout Diaby. Nasri a plus de chances de perturber les deux “titulaires” de base par son sens de l'organisation et de l'animation offensive. Il se révèle de plus en plus en meneur, comme à Wembley. Mais il aura du mal à déloger Diaby dans ce registre. Le 4-2-3-1 pourrait davantage le servir. A voir encore contre le Brésil (si tout le monde est valide)... En attaque, Benzema est le buteur désormais attitré (3 buts en 4 matchs). Reste à lever l'énorme hypothèque : jouer plus souvent avec le Real (voir article d'hier, le Bilan 2010 de Blanc, première partie). A gauche, Malouda est revenu à de meilleures intentions à Wembley et est bien parti pour squatter le left lobby, même si a priori le “problème Ribéry” affleure. Le “problème Ribéry” : Lascarface va revenir, redevenu éligible en Bleu. Une certitude : Blanc le préfère nettement à droite. Voilà Maloude rassuré et Francky mis en concurrence avec Valbuena. Concurrence fastoche pour Ribéry ? Jamais de la vie : si Lol a gardé la porte ouverte en sélection à Ribéry, pas question de chèque en blanc (ben, ouais...). Avec le Prez, Ribéry devra gagner sa place. Et puis, une fois de plus, Lolo Blanc est très sensible “aux progrès, remises en cause et volonté de se surpasser”. A ce titre, un Valbuena le satisfait pleinement pour l'instant. Blanc et Deschamps titularisent Valbuena, c'est plus qu'un indice fort. C'est carrément une consécration...

Les perdants

Avec Blanc, il n'y a pas vraiment de “perdants” pour l'instant. Toujours en phase de “reconstruction”, Lol effectue encore une très large revue d'effectif. La preuve : il a rappelé un Kaboul que personne n'attendait. Reste que... Le fameux “noyau” dont le sélectionneur parle souvent est en train de se constituer et, fidèle à sa gestion bordelaise, il vaut mieux figurer rapidement dans le11-type un peu élargi de Blanc, sous peine de jouer les utilités ou disparaître. Dans les buts, la hiérarchie au sommet ne bouge pas : Lloris, Mandanda, Carrasso. Ruffier était sur le strapontin en août (il a joué contre la Norvège). Dans l'axe, on l'a vu, même trio de base : Ramexès et Sakho. Strapontin : Kaboul, donc, a priori. Exit visiblement les Squilacci, Escudé, Gallas, etc. L'hypothèse Planus n'est pas à écarter (Blanc l'appréciait énormément à Bordeaux), mais, bon... A droite, exit les Debuchy, Fanni et autres : Sagna et Réveillère vont régler ça entre hommes. A gauche, Clichy et Trémoulinas sont mal barrés. Le Gunner a beaucoup perdu en crédit, voire plus. Jérémy Mathieu (Valence) est très mal aussi. Abidal est revenu en force. Aly Cissokho (de retour de blessure) serait sûrement sa doublure ?

Au milieu, Toulalan a été “pré-convoqué”... Espoir ou illusion ? Mal barré, quand même quand on voit ce qui s'installe au milieu (voir plus haut). Idem pour Lassana Diarra, rappelé par Blanc... pour suppléer en latéral droit ! En plus il ne joue pas avec le Real. Là aussi, l'avenir s'assombrit. Comme pour Pedretti. Et puis Yohann Cabaye (dans la liste contre l'Angleterre), en troisième choix, passe a priori devant tout ce petit monde-là. Même claque pour Menez, en offensif, largué après son échec contre la Biélorussie. Devant, juste rappeler le cas Ben Arfa, “éliminé” de fait pour longue blessure : Blanc l'apprécie pas mal et pourrait le rappeler s'il gaze avec Newcastle. Sinon, Djib Cissé, Govou et Gignac, jamais appelés, ont du souci à se faire. Hormis peut-être en 4-4-2, Hoarau n'a pas sa place en titulaire. En plus il a déçu en Bleu. Pas dans le “noyau” mais il est encore dans le groupe. Comme Rémy, pour l'instant, qui devra cravacher à droite où la concurrence Valbuena-Ribéry ne lui laissera que peu d'espace. Payet et Gameiro sont aussi dans la boucle et Briand est en réserve de la République (il était du déplacement en Norvège). Enfin, avec Blanc tout est possible : un Nolan Roux peut émerger en Bleu et squeezer quelques attaquants sélectionnés actuellement. Sauf Benzema...

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Voila un bon article de Ghemmour. Comme quoi quant il évite les sujets fumeur (genre remaniement) c'est plutot bien.

Sinon de mon simple avis je préfère le milieu m vila gourcuff et nasri. Trio très (trop ?) offensif je l'accorde.
On exclut donc définitivement Evra de la concurrence à gauche ?
Blanc n'est pourtant pas un "Père Fouettard"...
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Gignac tonic
0 2