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Le Bayern attendu de pieds fermes

Samedi à 18h30, le Hambourg SV reçoit le Bayern Munich dans ce qui constitue l’affiche de cette 20ème journée de 1.Bundesliga. Si les Bavarois veulent à tout prix s’imposer sous peine de se voir doubler par les places fortes de la Ruhr, voire par le Borussia Mönchengladbach, le HSV, lui, veut s’imposer pour ne pas avoir à prendre part à l’Abstiegskampf. Pour cela, Thorsten Fink veut montrer qu’il est l’homme de la situation. Au coach du HSV de ne pas se laisser avoir par son ancienne équipe.

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L’histoire de base, on la connaît tous: on est à une soirée, tranquille. C’est pas une soirée de ouf, mais on est suffisamment alcoolisé pour s’amuser. Et pour chiner la petite brune là-bas qui discute avec ses copines. Au moment où les choses deviennent un peu plus sérieuses, alors qu’on est à deux doigts de conclure, voilà que le groupe de potes avec qui on est venu décide de partir de la fête, prétextant de crever la dalle: « Allez viens, on va aller damer un truc avant de rentrer. Viens, je connais un grec pas trop loin. Bon, ok, son kebab est pas super, mais son chicken-chika, il déchire  » . Boum, en deux-temps-trois mouvements, on se retrouve avec le manteau sur les épaules et le bonnet vissé sur la tête. C’est un peu à regret qu’on quitte la demoiselle, mais tant pis, c’est vrai qu’il commençait à faire un peu faim.

Reculer. Pour mieux sauter ?

Thorsten Fink, c’est à peu près la même story. Alors que l’Allemand était tranquillement en train de s’amuser avec le FC Bâle en Ligue des Champions, les dirigeants de Hambourg sont venus le voir, soi-disant le HSV est en galère, soi-disant il ne faut pas que le dernier club à avoir toujours participé à la Bundesliga depuis 1964 (d’où le surnom de « Dinosaure » ) ne descende en deuxième division. Laisser tomber le FC Bâle et la C1 pour un club doté d’un joli palmarès (six Meisterschale, trois DFB-Pokale, une C1, une C2) mais qui ne fait plus rien depuis quelques années, voire quelques décennies (le dernier « titre » ayant été obtenu en 2007, et encore, il s’agissait de la Coupe Intertoto)? Ça ne semble pas lui faire peur, à Thorsten, qui quitte la Suisse le 13 octobre dernier pour prendre en main les Rothosen quatre jours plus tard.

Cette saison, il semble que certaines villes portuaires européennes se soient donné le mot quant au résultat final à choisir. En Ligue 1, Brest a coché 12 fois la case N. Outre-Rhin, Hambourg en fait de même depuis le début du mandat de Fink. Parier sur un « Remis » du HSV peut rapporter gros sur Oddset. Sur dix matchs, l’équipe hanséatique a concédé six fois le match nul. Le club peinant à sortir de la zone, les mauvaises langues commencent à se demander si l’ancien du Bayern est vraiment l’homme de la situation. Déjà que la politique de jeunes menée par le directeur sportif Frank Arnesen, c’est pas super, alors un jeune entraîneur à l’Imtech Arena…

Fink, l’Affranchi

Alors Thorsten s’énerve. « You Fink I’m a clown ? » , semble-t-il dire, un peu à la manière de Joe Pesci dans Les Affranchis. Tiens, alors, et une victoire 2-0 à la maison face à Hoffenheim, et la même face à Nuremberg. Et tiens, une première victoire à l’extérieur sur la pelouse du Hertha Berlin (2-1). Thorsten Fink ne veut plus passer pour un rigolo. Sauf que le problème est le suivant: il a récupéré un club à l’agonie en début de championnat; du coup, il a beau ne pas perdre, il ne gagne pas beaucoup non plus. Et forcément, quand on se fait gifler à domicile par le Borussia Dortmund (1-5), les vieux démons ressurgissent. Et voilà Thorsten Fink qui se met à parler d’Abstiegskampf, et de lutte jusqu’à la fin de la saison, etc. A raison, d’ailleurs: bien que remonté à la 11ème place, le HSV est situé dans la mauvaise partie du tableau, la partie basse, celle où la moitié du championnat se tient en six petits points. Et voilà qu’un autre cador se pointe…

En plus d’être le Rekordmeister, en plus d’être l’équipe qui peut rendre n’importe quel stade « Ausverkauft » (à guichets fermés), le Bayern, c’est l’un des plus grands amours de Thorsten Fink, si ce n’est le plus grand. C’est le club bavarois qui l’a fait évoluer dans l’entrejeu avec les Scholl, Tarnat, Nerlinger, Hamann, Basler, Jeremies, Effenberg, Salihamidzic et autres Strunz. C’est le club bavarois qui a fait de lui un quadruple champion d’Allemagne, un triple vainqueur de la DFB-Pokal, un vainqueur du doublé C1-Intercontinentale en 2001. Aujourd’hui encore, on a toujours un gentil mot pour Fink en provenance de Munich. Il y a deux semaines encore, Franz Beckenbauer déclarait que Fink «  serait bien pour le Bayern » . Interrogé à ce sujet, Thorsten préfère botter en touche, voire charbonner des collègues: « Je préfère faire grandir le HSV que de signer au Bayern. Et puis, pour eux, il y a Jürgen Klopp, hein » . Quoiqu’il en soit, demain, c’est en tant que coach du HSV que Fink défiera le club le plus titré d’Allemagne. Cette fois-ci, la meuf est venue jusqu’à l’appart. Gare à ne pas vomir et à ne pas avoir la gueule de bois le lendemain.

Hambourg SVBayern Munich: samedi, 18h30

Par Ali Farhat
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