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Le Barça, victime de son passé

Ce dimanche, le FC Barcelone s’est imposé sur la pelouse de l’Atlético de Madrid. En soi, l’objectif rempli permet à Luis Enrique de se satisfaire du résultat. Le hic, c’est que l’ADN du club attache aussi une importance de taille à la manière.

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Son regard en dit long. Déçu de voir son équipe battue sur le fil, Diego Simeone observe le banc de touche barcelonais avec le sentiment d’une certaine injustice. Sa bouche le trahit même lorsque dans un élan de rage, il prononce des insultes face au dénouement de la rencontre. El Cholo le sait, son équipe ne méritait pas de perdre cette rencontre. Pourtant, l’opportunisme blaugrana aura fini par avoir le dernier mot, grâce à Lionel Messi. Mais cette fois-ci, pas de magie ni de grâce. La Pulga hérite d’un contre favorable à la suite de l’intervention de Stefan Savić, puis vient tromper Jan Oblak de près. En clair, le quintuple Ballon d’or vient de marquer un but de raccroc. D’ailleurs, les deux buts inscrits par le Barça sont plus issus de la chance que d’une démonstration de force collective. Mais sous les apparences, cela reste assez significatif. Car depuis le début de la saison, le Barça n’impressionne plus. Ou du moins, plus comme avant.

City, unique match référence


« Je suis content du jeu proposé. » La réponse de Luis Enrique en conférence d’après-match est aussi courte que sèche. Aussi, elle laisse planer des doutes sur le véritable contenu proposé par le Barça dans ce choc face aux Colchoneros. Les ardents défenseurs du Mes que diront que l’adversaire, réputé pour son impact physique et sa propension à donner de l’intensité au match, n’aidait pas à la construction d’un jeu collectif bien huilé. Luis Enrique préfère quant à lui parler de « l’état de la pelouse » , partie prenante pour le Barça sur les deux actions de but. C’est sans doute vrai. Toujours est-il que cette explication, valable pour ce match, ne peut cacher les manques de rigueur lors des dernières autres rencontres clés.


En demi-finale de Coupe du Roi, le Barça passe l’obstacle de l’Atlético de Madrid grâce à une très belle première période au Vicente-Calderón (1-2). Malgré cela, le match retour a remis en doute sa capacité à tenir le score au Nou Camp, une semaine plus tard (1-1). Lors du dernier Clásico, Sergio Ramos empêche le Barça de gagner une partie où là encore, la prestation collective catalane manquait de maîtrise (1-1). En vérité, le dernier récital du Barça remonte au mois d’octobre dernier, quand Pep Guardiola venait prendre une valise au Nou Camp avec Manchester City (4-0). Voilà le seul match référence du Barça contre un adversaire de son calibre. Et c’est bien là le problème.

Le Barça doit faire rêver


2009, 2011, 2015. Sur la dernière décennie, le FC Barcelone est le club européen à avoir remporté le plus de Ligue des champions. Devant le Real Madrid, devant le Bayern Munich, devant tout le monde. C’est aussi le club le plus titré de la décennie à l’échelle nationale, avec six championnats, quatre Coupe du Roi et cinq Supercoupe d’Espagne. Des victoires obtenues tant sur la forme que sur le fond, où le Barça est devenu champion face aux meilleurs, le tout avec la manière. Cette manière, c’est la sensation d’une maîtrise permanente voire insolente, qui rend la victoire encore plus belle, plus savoureuse.


Une distinction très prestigieuse, mais aussi un immense poids pour l’avenir. Parce que quand on se gave au caviar pendant des années, revenir à la digestion d’un pâté en croûte pose problème. L’humiliation subie au Parc des Princes il y a quinze jours, c’est un peu ce retour au pain quotidien. Le Barça perd de sa superbe, et pour les plus esthètes, cela en devient même inconcevable. Gêné par des maux internes liés à un recrutement décevant, un passage de génération compliqué et l’exigence du beau jeu, le Barça peine à suivre la cadence de ses glorieuses années. Même si le titre en Liga reste encore jouable. Même si la Coupe du Roi leur tend les bras. Parce que gagner ne suffit plus.

Par Antoine Donnarieix
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