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Le Barça, une humiliation rétrograde

Pulvérisé, assommé, surclassé, le FC Barcelone ne sait plus qui il est vraiment. D’un Luis Enrique dépassé à une direction qui renie l’identité blaugrana, les raisons sont nombreuses pour expliquer une telle débâcle. Du jamais-vu depuis l’avant-Guardiola.

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Barcelone a mal. Très mal. Elle qui souhaite quitter l’Espagne vient d’être châtiée de l’Europe par un voisin français tout bonnement meilleur. Bien avant le coup de sifflet final, la capitale catalane plonge dans un cauchemar dont rien ne semble pouvoir l’extirper, pas même une élimination de son ennemi merengue. Une implosion de son meilleur ambassadeur à l’international, le Barça, qui quitte Paris humilié, souillé. C’est que ce revers (4-0) est bien plus que la simple vérité d’un soir : il est la vérité d’une saison. Déjà chahutés lors de dernière édition de Ligue des champions – élimination en quarts par l’Atlético –, les Blaugrana restent aujourd’hui à la porte du top 8 continental. Effondrement, implosion, les qualificatifs pullulent pour décrire la prestation des Culés, symbole de tous les maux qui rongent le club depuis déjà quelques saisons. Même si cette élimination n’est pas encore actée, manche retour au Camp Nou dans trois semaines oblige, le constat est limpide, clinique : le Barça régresse dangereusement.

Luis Enrique et l’héritage brisé de Guardiola


« C'est une nuit terrible, nous ressentons un sentiment d’impuissance. Le résultat reflète ce qui s'est passé. Je n'ai rien à expliquer, le PSG était tout simplement meilleur que nous avec et sans la balle. » À l’instar de Bruno Génésio, Luis Enrique peine à analyser la situation. Dommage, il porte la casquette d’entraîneur, qui plus est celle du Barça, dont les succès historiques se sont construits grâce aux idées d’illustres tacticiens. Déjà discuté au cours de son premier exercice malgré un triplé estampillé MSN, clairement critiqué lors de sa seconde campagne pourtant couronnée d’un doublé Liga-Copa, l’Asturien peut désormais compter les jours qui le séparent de son licenciement. Plus que ses résultats, il se voit reprocher sa dévaluation du milieu de terrain blaugrana, clé de voûte de la seconde Sagrada Familia barcelonaise. Que Rakitić colmate les brèches laissées par la MSN convient encore aux aficionados azulgranas, au contraire des multiples titularisations d’André Gomes, personnification du déclin des philosophies de Cruyff et de Guardiola.

Un pas en avant, trois pas en arrière


Toute la faute n’en incombe pas à Luis Enrique, la direction de Josep Bartomeu étant également sur le banc des accusés. Au premier rang, même, tant les choix du second de Sandro Rosell, déjà responsable de l’écartement de Cruyff et du départ de Guardiola, finissent par faire perdre son identité au Mes que. Plus que les prolongations de la MSN, symbole de la firme commerciale qu’est devenu le Barça, la direction sportive enchaîne les choix contestables lors de plusieurs mercatos. Pis, avec la perte de Zubizarreta, suivi par la légende Puyol, et la nomination de Robert, elle perd au change et entre dans une ère tumultueuse. Et rétrograde. Car c’est un véritable bond en arrière que vient d’officialiser cette humiliation parisienne. Le Barça revient à ses années pré-Guardiola, quand il ne savait plus à quoi il jouait. Certains observateurs, plus pessimistes encore, évoquent même un retour au début du siècle, lorsque le FCB s’était oublié. Si le Barça va bien financièrement, il ne cesse de s’affaiblir sportivement.

Par Robin Delorme
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