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Le Barça et sa dépendance à la MSN

La drogue, c'est mal. Sauf lorsqu'elle répond au nom de MSN. Plus omnipotents que jamais, les trois larrons du front de l'attaque blaugrana entament cette nouvelle saison avec un appétit gargantuesque. Et un rôle toujours plus important dans l'univers du FCB.

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Le stadio olimpico de Rome s'en souvient encore. En une détente vertigineuse, un petit homme ridiculise d'un coup de tête les deux tours de contrôle mancuniennes. Cette ultime réalisation de la Ligue des champions 2008/09 renvoie l'image d'un Barça au sourire enfantin et au jeu succulent. Une équipe qui prend la forme du chef-d'œuvre de Pep Guadiola, du cerveau de Xavi, des caresses d'Andrés Iniesta, du coup de rein de Samuel Eto'o et du talent de Lionel Messi. De cette fabuleuse équipe ne reste aujourd'hui plus qu'une épine dorsale composée des canteranos Piqué, Busquets, Iniesta et de l'inévitable Messi. Les nouveaux protagonistes azulgranas, eux, ne sortent plus de la Masia. Neymar, Suárez et, à un degré médiatique moindre, Rakitić redistribuent les cartes du jeu catalan depuis plus d'un an. Plus versatiles, ils rendent le trio baptisé MSN omnipotent et enlèvent au milieu de terrain une partie de la créativité qui l'a rendu si unique. Une tendance qui, après la pause du mercato estival, ne se dément pas. Bien au contraire.

Bartomeu : « Nous avons le triplé et le trio »


Plus que le départ programmé d'un Pelopo vieillissant, celui d'un Pedro Rodríguez toujours aussi utile permet cette affirmation : la dépendance du FC Barcelone envers son trio de la MSN va crescendo. Buteur décisif dans de nombreuses finales, symbole des ailiers adulés par Cruijff et Guardiola, ce pur produit de la Masia a préféré quitter son cocon blaugrana pour les cieux pluvieux de Chelsea. Un départ qui doit tout au manque de temps de jeu du natif de Tenerife. Pourtant habitué à la guérite depuis le début de l'ère Luis Enrique, Pedro n'a jamais bronché. Même lorsqu'il a dû assister au mécontentement de Neymar et Luis Suárez lorsqu'il les remplaçait : « Je comprends les motifs de leur ambition, parce que j'ai la même. Parfois, je pouvais avoir du mal à m'y faire, mais je ne leur reproche presque rien, je ne leur en veux pas, car ils se sont toujours bien comportés vis-à-vis de moi. » Pedro en moins, les doublures de la MSN répondent désormais aux noms de Munir El Haddadi et Sandro Ramirez. Autant dire que la concurrence, à l'instar de Pedro, a également quitté l'effectif de Luis Enrique cet été.

Sans véritable concurrent de poids, la MSN s'octroie donc tout le protagonisme offensif du FCB. Mieux, argument de la campagne de Josep Bartomeu - « Nous avons le triplé et le trio » étant l'un de ses slogans favoris -, les trois larrons se mettent en position de force pour renouveler leurs contrats auprès de leur président. Neymar, dont le bail expire en 2018, se verrait ainsi bien prolongé aux mêmes conditions salariales que son comparse argentin… Bref, omnipotents dans toutes les strates du club, Messi, Neymar et Suárez le sont également sur le pré et vont devoir l'assumer. Après une première saison de réglage - et quelle saison ! -, ils doivent désormais s'atteler à se renouveler, se réinventer. Car, tout comme le Barça de Guardiola, les adversaires de l'escouade de Luis Enrique espèrent prendre petit à petit la mesure de cette triplette époustouflante. Une première ébauche d'évolution a justement été délivrée lors du duel remporté au Vicente-Calderón : une fois sur le pré, Messi a délaissé plus qu'à l'accoutumée son aile droite pour entamer ses actions dans l'axe. Brésilien et Uruguayen, un cran plus haut, ont évolué comme deux pointes.

Quand l'asado évite les jalousies


« Notre relation, tant sur le terrain qu'en dehors, est super bonne. Nous savons tous que Leo est le meilleur, personne n'essaye de le dépasser ni même de l'égaler. Il n'y a pas de jalousie. » Luis Suárez, dans une interview à La Vanguardia, rappelle que la star de l'équipe, du trio, reste l'astre argentin. Une position partagée par Neymar - « Avec Messi, nous jouons tous mieux » -, qui rappelle que chacun a sa fonction. Suárez, toujours : « Je ne vais pas me mettre à dribbler quatre joueurs, ce n'est pas à moi de faire ça. Pour cela, il y a Leo, Ney, Andrés… Quand je dois frapper, je frappe. Et quand je ne vais pas le faire, je vais faire une passe. Je suis ici pour aider. » Cette mentalité collective, qui fait parfois défaut au trident merengue, a été forgée par une relation en dehors des prés idylliques. Lorsque Messi évoque « une relation géniale sur le terrain » , il pointe du doigt ce qui a réuni les trois bougres : l'amour de l'asado. Barbecue à la sauce argentine, il leur a permis « de s'unir » , dixit Mascherano dans El Pais. Il faudra bien quelques kilos de viande en intraveineuse pour que le Barça rêve d'un nouveau triplé estampillé MSN.

Par Robin Delorme, à Madrid
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