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Le Bale qui cache la forêt

« José Mourinho n'entraîne pas un club de foot, a dit un jour Alex Ferguson du Real de Mou, il entraîne un cirque. » Le Real démarre sa saison comme il l'a terminée : dans des bruits de couloir et des silences de questions sans réponse. Il ne manque plus que Bale.

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À quoi sert Gareth Bale ? C'est une excellente question. La réponse varie en fonction de l'interlocuteur. Pour Florentino, la réponse est évidente : la ilusión (mélange intraduisible de rêve et d'utopie) de voir arriver le meilleur joueur britannique du monde, le destin galactique de son club, la version madrilène de l'affaire Neymar. Pour le socio, c'est plus mitigé : Bale c'est bien, mais qui va tirer les coups francs maintenant ? Pour Cristiano Ronaldo : et moi, et moi, et moi ? Pour le journaliste : 100 millions d'euros c'est trop, mais par rapport à quoi ? Pour Tata Martino : une honte. Sauf que Bale s'est déjà installé à Marbella pour bronzer son corps sculpté et tanner son visage blafard de gamin des Highlands, en attendant de se soumettre aux flashs de son imminente présentation (ce mardi ou demain mercredi ?). La dernière fois qu'on a vu passer un British au teint rougeaud à Madrid, c'était David Beckham en 2003, ses extensions blondes, son costard bleu ciel et un sourire de Perez qui en disait beaucoup sur les intentions du club. À peine le transfert accordé entre les parties, Audi avait déjà doublé sa mise de sponsoring du club sans même que le Real ait eu à lever le petit doigt pour exiger une augmentation. En Espagne, on le sait depuis longtemps, les types qui font vivre les restos de la côte et une bonne partie de l'industrie touristique du pays sont blonds, portent des tongs en hiver et n'apprendront jamais l'espagnol. Bale, c'est du business, évidemment.

1 Raúl = combien de Benzemas ?

Mais ce n'est pas tout. Bale n'est pas qu'un investissement, c'est un joueur-symptôme de la gestion de Florentino Pérez. D'un côté, le génie de l'innovation financière et de l'indépendance économique du club. De l'autre, l'ineptie de la gestion sportive. Tout le monde connaît bien maintenant les ressorts des macros-transferts madridistes (droits télé, marketing, licences, nouveaux marchés). En revanche, personne ne comprend ce qu'il s'est réellement passé avec José Mourinho. En matière sportive, les peaux de bananes qu'il a laissées sur le chemin ne demandent qu'à glisser : quel est le vrai niveau de Casillas ? Pourquoi aucun ancien joueur historique du Real (à part Butragueño) n'accepte de faire partie de l'organigramme ? Pourquoi vendre Higuaín plutôt que Benzema ? Qui décide de la politique sportive du club ? Ancelotti a hérité du poste du Mou, mais pas des responsabilités. Il est bien l'entraîneur, mais à sa gauche, Perez a imposé Zidane – son job, c'est numéro 2 ou directeur sportif ? – et au-dessus, personne n'a pris en main la communication et la représentation officielle du club (rôle qu'exerçait Valdano). Bref, c'est le bordel.

Dans un club qui appartient à ses socios, les verdicts du public ont force de loi. Or, mercredi soir, lors du Trophée Santiago-Bernabéu de présentation de la saison, là non plus personne n'y comprend plus rien. Casillas était bien dans les buts, mais il a passé la première mi-temps sous les insultes des Ultra Sur installés dans son dos. « Topo (sale taupe, ndlr) ! » , criaient-il tout en chantant la gloire de leur ancienne idole : « Joseeeee Mourinhooo, José Mourinhooo ! » . Ces cris étaient ensuite recouverts par les harangues des 79 500 autres personnes occupant leur place : « Iiiiiiker, Iiiiiiiiker ! » Puis, vers la quarantième minute, quand Ancelotti envoie Diego López s'échauffer, Santiago-Bernabéu ne pardonne pas la faute de goût et conspue le gardien galicien. Kaká et Benzema passent eux aussi à la machette des sifflets d'un public lassé de tant d'indolence. Les courses folles de Raúl (37 ans), son pressing et sa rage de marquer son dernier but au Real ont réveillé les fantômes. Pourquoi la légende merengue a-t-elle quitté le Real si tôt et si discrètement ? Pourquoi Perez n'a-t-il pas retenu le capitaine ?


Florentino gère

D'autres énigmes ont émergé depuis le début de la préparation. Elles ont toujours à voir avec la gestion sportive du Perez. Le club n'a jamais été aussi riche (512 millions de budget au 1er janvier), mais, pour la première fois depuis sa réélection, Florentino n'a plus de bouclier devant lui (Valdano puis Mourinho). Du coup, la ligne est difficile à suivre. Ce lundi, Özil (prolongation du contrat toujours pas réglée) laisse filtrer des offres de Manchester United. Le magicien allemand en aurait-il assez des doutes à son encontre ? L'arrivée d'Isco et celle de Bale auraient-elle bouleversé l'équilibre précaire du milieu ? En coulisse, Zidane s'est acharné à disparaître des discours officiels lui rendant gloire depuis juin pour ne pas avoir l'air d'un intriguant ou de favoriser qui que ce soit (Isco au détriment d'Özil par exemple). Et Illarramendi qui ne voit pas le jour : pourquoi avoir payé la clause libératoire d'un gamin de 23 ans qui n'avait jamais demandé à partir de la Real Sociedad ? L'oisiveté de Gareth Bale pendant cet été (et donc le gros retard pris dans sa préparation), à côté, c'est du gâteau. À quoi sert-il donc ? À rien. C'est ça qui est beau.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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