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Le bal des ex maudits

Même les losers les plus impénitents peuvent un jour goûter aux délices du triomphe. Le chemin de croix fut long pour l'Inter et Tottenham mais c'est en winners qu'ils s'affronteront ce soir.

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« Le football ce n'est rien d'autre qu'apprendre à vivre avec la défaite » . La sentence est signée Jude Law dans le dernier So Foot. Jude Law est supporter de Tottenham. Un club qui a appris année après année à ne pas gagner, au point de considérer la victoire comme un bel accident. Depuis 1962, les Spurs n'avaient plus mis les pieds en Coupe-Ligue des champions. Depuis 1965, l'Inter, malgré l'armement d'effectifs majeurs, n'avait plus remporté la C1. Des décades de désillusions rapprochent les deux entités maudites. Un joueur aussi, l'Irlandais Robbie Keane.

Nous sommes en l'an 2000, et l'avant-centre vient de claquer 12 buts pour Coventry. Assez pour que les dirigeants interistes perçoivent en lui le nouveau Gary Lineker, et claquent 13 millions de livres. « J'étais un gamin de 19 ans et l'un des plus gros clubs au monde m'a choisi, mon passage à l'Inter a été l'un des moments les plus incroyables de ma vie, quelque chose que je n'oublierai jamais » . Ousmane Dabo, Mickaël Silvestre, et autres jeunes caprices de la cellule recrutement interiste pourraient sans doute eux aussi conter le monde enchanté d'Appiano-Gentile, ses stars côtoyées, et ses salaires bien rebondis. Keane chez les nerrazzuri, cela ressemblait fort à l'une des infinies erreurs de casting de l'écurie Moratti. Comment cet avant-centre élevé au biberon du kick n' rush pouvait-il ne pas se noyer dans une Serie A alors aussi cérébrale qu'impitoyable ? Au vrai, Lippi l'estimait, et c'est d'ailleurs le licenciement de l'entraîneur à cigarillos qui décida l'Irlandais a quitté la capitale de la mode après six mois de séjour.

C'était un temps où l'Inter signait Ousmane Dabo et virait Marcelo Lippi. Après ses années Leeds, Robbie Keane enchaînera les saisons à deux chiffres pour Tottenham et deviendra l'idole de White Hart Lane ; Working class hero se battant contre les moulins à vent pour mourir au pied de la Ligue des champions, ou plus communément, végéter dans le ventre mou de la Premier League. A Milan, Moratti continuera à dépenser sans compter pour faire revivre à l'Inter ses winning sixties (2 C1, 3 Serie A). Sans résultat jusqu'au calciopoli. Le scandale précipitera le retour de l'Inter au sommet. Il maintiendra aussi un doute sur la valeur de sa domination absolue dans la Botte. Manquait la confirmation à l'échelon européen pour ne pas voir dans la bande à Zanetti qu'un leader bien aidé par un contexte national favorable. Le certificat de grande équipe fut validé en mai dernier à Santiago Bernabeu, moment également choisi par les Hotspurs pour enfin bousculer la hiérarchie du Big Four et mettre le grappin sur cette quatrième place strapontin.

Ces accomplissement des londoniens et des nerrazzuri signent-ils le terme ou le début d'un cycle vertueux ? Le départ de Mourinho pouvait faire craindre le pire pour les Milanais. La défaite en Supercoupe d'Europe rompait d'ailleurs la dynamique triomphale dès l'aube de la saison. A Tottenham, l'humiliation rodait. Après 30 minutes cataclysmiques à Berne, les Spurs se retrouvaient menés 3-0 par les Young Boys. De quoi faire se poiler l'Angleterre à nouveau. Mais les Spurs sont revenus dans le match, avant de claquer un cinglant 4-0 au retour, en patron. Cinquième de Premier League à égalité de points avec leurs rivaux d'Arsenal (troisièmes), les hommes de Redknapp respectent leur feuille de route. Troisième de Serie A, à deux pas du trône, l'Inter de Benitez ne convainc pas encore totalement mais n'a compromis aucun objectif. C'est d'ailleurs en tant que co-leaders que Spurs et Interistes se rencontreront ce mercredi soir. Apprendre à vivre avec la victoire, ça doit aussi pouvoir se faire.

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