1. // Ligue des Champions – Quarts – APOEL Nicosie/Real Madrid

Le 5 Majeur de l’APOEL Nicosie

Le match de ce soir, c’est David Nicosie contre Goliath Madrid. Mini-poucet de ces quarts de finale de Ligue des champions, l’APOEL n’a rien à perdre face au Real. Annoncés largement perdants, les Chypriotes, tombeurs du Shakhtar Donetsk et du FC Porto en phase de poule puis de l’OL en 8e, savent qu’ils peuvent s’appuyer sur quelques certitudes : un public en transe et cinq joueurs essentiels.

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Dionisos Chiotis, le goal volant
« Quand tu as un rêve, le ciel est ta seule limite  » . Le gardien grec de l’APOEL est un poète. Un ambitieux aussi, lui qui s’imagine très bien être de la finale le 19 mai à Munich, sans blague. Gants aux mains et cheveux au vent, c’est surtout un excellent rempart aux velléités adverses. Demandez aux Lyonnais, qui n’ont réussi à le transpercer qu’une fois à Gerland, avant de se heurter à lui durant 120 minutes à Nicosie et de le voir stopper les deux tentatives de Lacazette et Michel Bastos lors de la décisive séance de tirs aux buts. Le portier de 34 ans, numéro 1 bis depuis le début de saison avec l’hispano-belge Urko Pardo, est un récidiviste : le 15 septembre 2009 à… Madrid, face à l’Atletico, il avait écœuré Agüero et Forlán à force d’arrêts miraculeux et d’envolées fantastiques, pour offrir aux siens un nul 0-0 inespéré en phase de poule de C1.

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Paulo Jorge, le divin chauve
Le stoppeur portugais était lui aussi présent lors de cette première campagne historique de l’APOEL lors de la Ligue des champions 2009-2010, qui l’avait vu affronter l’Atletico, donc, mais aussi Chelsea et Porto. A l’époque, il venait d’arriver à Chypre, ayant jusqu’alors réalisé toute sa carrière chez lui, à Braga. Gravement blessé au pied en 2008, le joueur, aujourd’hui âgé de 31 ans, est un miraculé. Réputé lent, il a surtout été très précieux face à Lyon, rugueux comme il faut et impérial dans le jeu aérien. Sur le terrain, le véritable policier, c’était lui, pas l’autre chauve d’en face.



Constantinos Charalambides, l’enfant du pays
Dans cette équipe de l’APOEL très internationale, majoritairement lusophone, il est la caution locale. Né à Nicosie, il y a fait ses débuts pro, avant de partir quatre saisons tenter sa chance hors de l’île, chez le voisin grec d’abord, puis en D2 allemande. En 2008, il revient dans le club de ses débuts. Portant fièrement le brassard de capitaine, le milieu de terrain de 30 ans a signé une partie remarquable de générosité lors du match retour face à l’OL. Passeur décisif sur le but de Mandura, il s’est engagé jusqu’à l’épuisement dans son couloir droit, s’investissant à la fois dans l’animation offensive et la récupération défensive. Exemplaire, Charalambides est par ailleurs un cadre de la sélection chypriote depuis près de 10 ans.



Esteban Solari, le frère de
Meilleur buteur du club, Esteban Solari n’est pourtant utilisé qu’avec parcimonie cette saison par son entraîneur Ivan Jovanović. Avec la suspension de Manduca, le buteur de la qualification au tour précédent, la présence du joker argentin dans le 11 de départ est néanmoins possible. Il peut en plus faire partager à ses coéquipiers son expérience du football espagnol, lui qui a évolué de 2008 à 2010 à Almeria. Nul doute qu’il connaît même bien son adversaire du soir, puisqu’Esteban n’est autre que le petit frère de Santiago, ancien de la Maison Blanche et de la sélection albiceleste. A 31 ans, le buteur au parcours de globe-trotteur (Italie, Belgique, Chypre une première fois, Mexique, Espagne et retour à Chypre) est un porte-bonheur de son équipe : chaque fois qu’il marque, son équipe s’impose.



Aílton, l’homme qui valait 0,8 m€
Le Brésilien de 27 ans est l’arme offensive principale de l’APOEL. MVP du championnat pour sa première expérience à Chypre la saison dernière, il a débarqué sur l’île avec le poids d’une indemnité de transfert record : 750 000 euros. Oui, sans rire, c’est le record national. Une somme que le club a pu se permettre d’aligner à l’été 2010 grâce aux revenus générés par leur première participation aux phases de poules de la C1 en 2009. Aílton est arrivé du FC Copenhague avec une belle réputation de buteur, vif, opportuniste, habile en un contre un. Revenant de blessure lors de la double confrontation face à Lyon, il monte en puissance ces derniers temps et recommence à scorer, comme il l’avait fait lors de la phase de poule à l’automne dernier (3 buts). Nul doute que le joueur va avoir à cœur ce soir de montrer qu’il vaut plus que vingt jours de salaire de Ronaldo au Real.



Bonus : le public
« Quand le stade est rempli de supporters comme les nôtres, tout devient possible » . L’entraîneur Ivan Jovanović le sait : plus encore que ses joueurs, c’est le public chaud bouillant de Nicosie qui reste la meilleure arme pour déstabiliser la bande à Mourinho lors de ce match aller. L’APOEL n’a peut-être que 10 millions d’euros de budget (ce qui équivaut au 9e budget de Ligue 2), mais il a derrière lui le soutien de toute une île. Club traditionnellement pro-grec positionné à droite sur l’échiquier politique local, il a su fédérer ces dernières semaines bien au-delà de sa base habituelle de fans. Les 23 000 personnes présentes dans les travées du GSP Stadium ce soir peuvent rêver à un nouvel exploit, après les victoires précédentes face au Zénith Saint-Pétersbourg (2-1), Porto (2-1) et Lyon (1-0). Des Olympiens qui avaient été accueillis sur la pelouse par une banderole géante, sur laquelle était marquée : «  Feel the terror of Nicosia » . Tremble, Real.



Par Régis Delanoë
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20 jours de salaire de Cristiano...

tout est dit
Shevchenko Niveau : CFA2
Malgré l'énorme capital sympathie que j'ai pour eux et dont dispose, en général, les petites équipes face aux gros. Les Chypriotes n'ont aucune chance et vont se prendre une belle branlée au match retour. Il vaut mieux pour eux ne pas faire match nul.
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