France - Ligue 1 - 18e journée - PSG/Lyon

Par Quentin Moynet

Le 4-4-2, potion magique du PSG ?

Depuis deux semaines, Paris va mieux. Beaucoup mieux, même. Une victoire face à Porto, deux démonstrations en Ligue 1 et un collectif qui semble enfin se mettre en place. Un renouveau qui correspond à la décision de Carlo Ancelotti d’abandonner son 4-3-3 pour le 4-4-2. Alors, changement de système gagnant ou simple changement d’attitude ?

Note
5 votes
5 votes pour une note moyenne de 4.7/5
Cliquez sur une étoile pour donner la note

Menez et Zlatan combinent
Menez et Zlatan combinent
Samedi 1er décembre, 22h. Le PSG vient de s’incliner à Nice au terme d’une rencontre une fois nouvelle ratée. Cette troisième défaite en cinq matchs de Ligue 1, combinée à l’élimination en Coupe de la Ligue, est la goutte de chianti qui fait déborder le tonneau de Carlo Ancelotti. Excédé par l’attitude de ses joueurs, le coach italien gratifie les journalistes de sa première vraie punchlinede la saison : « En ce moment, c'est toute l'équipe qui m'énerve. Je vais trouver des solutions radicales dans le management.» Trois jours plus tard contre Porto en Ligue des champions, Carletto tient parole. Fini le 4-3-3, bienvenue au 4-4-2.

Motta et Ménez, pièces maîtresses du 4-4-2

Trois matchs, trois victoires, dix buts inscrits, un seul encaissé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les premiers pas du PSG version 4-4-2 sont une réussite. Mais qu’apporte réellement ce système ? Avec deux attaquants et deux joueurs de côté, Paris bénéficie d’abord d’une force de frappe supplémentaire par rapport au 4-3-3 (ou 4-3-2-1). Positionné aux côtés d’Ibrahimović, Ménez décroche beaucoup plus que quand il est à droite. Ce faisant, le vainqueur du festival du rire de Longjumeau oblige un défenseur à le suivre et offre des espaces énormes à son pote suédois, mais aussi et surtout aux ailiers Lavezzi et Pastore. Et c’est là l’autre grand apport du 4-4-2. Grâce aux décrochages et aux appels incessants de Ménez, les deux Argentins bénéficient d’une grande liberté sur leur côté. Avec le soutien des latéraux, Maxwell à gauche, Jallet ou Van der Wiel à droite, les combinaisons et les dédoublements se multiplient. Contre Porto par exemple, Paris a tenté pas moins de 34 centres. Une statistique liée à l’apport nouveau des arrières. Couverts par les deux milieux récupérateurs et beaucoup moins délaissés sur les phases défensives que dans un 4-3-3 où les trois de devant ne revenaient jamais en deçà de la ligne médiane, les latéraux hésitent moins à apporter un surnombre en attaque. Enfin capable de développer un jeu cohérent, le PSG est surtout une machine de guerre en contre. Valenciennes en a lourdement fait les frais.

Dans un tel système, l’équilibre est parfois très fragile. Le milieu de terrain n’étant composé que de deux récupérateurs-relayeurs, les espaces entre les lignes sont plus facilement trouvables. Le rôle de Motta est alors primordial. Contre Porto, Matuidi et Chantôme ont parfois eu du mal à boucher les trous. Les courses entre les lignes et les décrochages de Rodriguez et Martinez les ont énormément gênés. Malgré ses efforts, Pastore a quant à lui montré ses limites dans le repli défensif, notamment sur l’action amenant l’égalisation des Portugais. Titulaire contre Évian et Valenciennes – dont le jeu collectif et la technique sont évidemment bien inférieurs à ceux de Porto –, Motta a fait un bien fou dans l’entrejeu parisien. Outre sa qualité de relance et sa sérénité, l’Italien apporte son sens du placement et son intelligence de jeu. Mardi, au stade du Hainaut, les Valenciennois n’ont jamais réussi à franchir le mur Motta-Matuidi et ont dû se résoudre à passer sur les côtés. Problème, quand il y a Thiago Silva en face, les centres trouvent rarement l’attaquant recherché.

Une bonne bouffe, Enrico Macias, et ça repart ?

Les appels et les décrochages de Ménez, les dédoublements, les percussions et les centres de Pastore, Lavezzi et des latéraux, la continuité de l’équilibre assurée par Motta, le tout saupoudré par le talent des deux monstres Thiago Silva et Ibrahimović. La bande-annonce de ce PSG version 4-4-2 est alléchante et les premières minutes du film ne déçoivent pas. Avec l’arrivée de Lucas Moura dans quinze jours et le départ de plus en plus probable de Nene, les rebondissements ne devraient pas manquer. Mais ce changement de système est-il l’unique raison du renouveau supposé du club de la capitale ? « Ce sont les hommes qui font le système, explique Vincent Guérin dans Le Parisien. En 4-4-2 aussi, on a vu que le PSG avait des problèmes pour maîtriser le jeu. Ça a marché parce qu’il y avait de l’envie et que les Parisiens avaient un objectif commun.»

Ne s’agit-il donc pas avant tout d’une histoire d’état d’esprit ? Un état d’esprit laissé de côté depuis quelques semaines et qui aurait refait surface au détour d’une bonne bouffe organisée par les joueurs, et au cours de laquelle Enrico Macias se serait pris pour Serge Touati. « On a fait un repas qui a permis de casser quelques barrières entre certains dans l’équipe, reconnaît Sakho sur RMC. On a bien rigolé ensemble. Ça a créé une certaine atmosphère collective.» Au-delà d’une ambiance visiblement retrouvée, du moins en apparence, il y a sans doute eu une prise de conscience collective du groupe. « Ils ont commencé à jouer ensemble, avec altruisme, à avoir du caractère et à mettre leurs qualités à la disposition de l'équipe, se félicite Ancelotti qui peut entamer son Amarone della Valpolicella 2002 sans crainte. Je pense que c'était la clé. Le mérite revient aux joueurs. Ils ont pris leurs responsabilités. Ils ont changé d'attitude sur le terrain.» Reste à confirmer ces bonnes dispositions entrevues depuis deux semaines contre Lyon, dont le jeu collectif abouti représentera un vrai test pour le 4-4-2 du PSG.


Par Quentin Moynet

Parier sur les matchs de Olympique Lyonnais

 





Votre compte sur SOFOOT.com

8 réactions ;
Poster un commentaire

  • Message posté par MisterPedro le 16/12/2012 à 10:45
      Note : 2 

    Sur les deux composantes du renouveau parisien que sont ce changement tactique et le nouvel état d'esprit ou l'état d'esprit tout court, le deuxième est quand même le plus important. Vous pouvez mettre en place tous les systèmes tactiques du monde aujourd'hui (mis à part le Barça avec sa propre identité) si les joueurs ne font pas les efforts les uns pour les autres et ne sont pas un minimum discipliné ça ne marchera. Autre exemple criant avec le derby mancunien et le boulot effectuer par un Rooney contraste avec Balotelli..

    Après il faut aussi dire que le 442 ou 424 selon les esprits malins du football, responsabilise sans doute plus les joueurs offensifs ne pouvant laisser 2 milieux récupérateurs faire le taff tout seul. Enfin et surtout ce schéma exploite beaucoup mieux les qualités des joueurs. Comme le souligne justement l'article les décrochages de Menez, la qualité de passe de Pastore ou la percussion d'un Lavezzi sont encore plus utile quand l'équipe n'est pas coupée en deux. De toute manière le milieu à 3 est sans doute la tactique la plus compliquée à maîtriser pour une jeune équipe d'autant que Paris n'a pas forcément le profil de joueur nécessaire/complémentaire pour jouer dans ce registre.

  • Message posté par vinceletah le 16/12/2012 à 10:51
      

    je me fais pas trop de soucis pour ce soir! Contre une equipe qui aime avoir la possession et aller de l'avant, on peut se faire tres tres plaisir dans leur dos! En plus, avec le fait que c'est Lyon qui est premier et tout le battage autour de l'importance de ce match, il n'y aura pas de probleme d'implication...
    C'est plutot dans la duree qu'on peut avoir peur, qu'on peut se demander si les joueurs ont compris ou s'il y aura a nouveau un relachement coupable, mais ca sera pas ce soir! Je sens bien un 4-1 ou 4-2...

  • Message posté par johnaldo le 16/12/2012 à 13:29
      Note : 1 

    oui enfin l'autre jour j'ai écouté du Enrico Macias avec mes potes et on a partagé une pizza et curieusement on joue pas mieux...

  • Message posté par Chocostick le 16/12/2012 à 13:49
      

    Gros match ce soir c'est sur.

    Mais parler de gros collectif pour l'OL quand on connait le nombre de joueurs qui seront absent ce soir c'est un peu exagéré.

    On va bcp souffrir ce soir face au PSG surtout sans numéro 10.

    Il va falloir tout miser sur nos attaquants (Gomis Licha Bastos) et serrer les fesses derrieres.

    Apres on sait jamais sur un malentendu....

  • Message posté par franky4fingers le 16/12/2012 à 15:34
      Note : 2 

    C'est Lavezzi, la potion magique du PSG. Le parfait complément de Zlatan, il joue juste, vite, bien, tellement rare à Paris en ce moment.

  • Message posté par Godfather le 16/12/2012 à 15:39
      

    "Lyon dont le jeu collectif abouti(...)"... Quel énorme connerie* !!! Un jeu collectif abouti en L1 y'en a pas. Et même en Europe à part le Barça ou le Bayern a un degré moindre, qui ont le jeu collectif le plus avancé, aucune équipe en Europe possède un jeu collectif "ABOUTI". Il y a des énormes failles PARTOUT même dans les plus gros clubs européens: Madrid, Manchester, Milan etc...

  • Message posté par labriquerouge le 16/12/2012 à 20:20
      

    442 ou autre, c'est dans la tête que ya du changement.

    C'est maintenant que les joueurs sont dans un bon état d'esprit qu'Ancelotti va pouvoir travailler sur son organisation

  • BOITAREV a été mis sur la touche, tous ses commentaires sont masqués

8 réactions :
Poster un commentaire