Serie A - 17e journée - Lazio/Inter

Eric Maggiori

Lazio-Inter, plus qu’une histoire de jumelage…

Ce soir, au Stadio Olimpico, la Lazio, quatrième, reçoit l’Inter, deuxième. Un match entre deux équipes dont les supporters sont jumelés, mais qui, pour le coup, n’a rien d’une rencontre où l’on va se faire des faveurs et des fleurs.

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Guarin et Zanetti, monsieur raie
Guarin et Zanetti, monsieur raie
Le message est plutôt clair. Des deux côtés. « Battons l’Inter » a prôné Vladimir Petković, le coach de la Lazio, en conférence de presse. « La Lazio a des qualités, mais nous allons les battre » a rétorqué Andrea Stramaccioni, celui de l’Inter. Combat de coqs ? Non. Juste des appels. Les appels de deux entraîneurs qui sont bien conscients que le match de ce soir vaut bien plus que trois points. De fait, au stadio Olimpico, ce sont deux prétendants à la Ligue des champions qui vont s’affronter. Deux prétendants au Scudetto, aussi ? Oui et non. On aurait tendance à répondre positivement en ce qui concerne l’Inter, et à prendre plus de précaution pour ce qui est de la Lazio. Pourtant, force est de constater qu’en cas de succès ce soir, les Biancocelesti reviendraient à seulement une longueur de l’Inter. Fatalement, la différence entre les deux clubs n’a donc rien de stratosphérique. Au contraire. On serait même tenté de dire que ce sont deux formations qui se ressemblent. Deux équipes capables de réaliser des prestations énormes contre un gros poisson, puis de perdre contre un petit poucet. Un peu l’inverse de la Juve, en fait…

Destins croisées

Entre la Lazio et l’Inter, c’est pourtant une longue histoire. Une longue histoire d’amour, entre deux clubs « amis », mais aussi de désillusions. De deux clubs qui se sont souvent retrouvés à des moments cruciaux de leur histoire. Il pouvait s’agir d’une finale de Coupe UEFA, remportée par l’Inter en 1998. Ou d’une finale de Coupe d’Italie, gagnée par la Lazio en 2000. Ou encore de deux finales de Supercoupe d’Italie, glanées par la Lazio en 2000 et en 2009. Et puis, il y a évidemment ce 5 mai 2002. Dernière journée de championnat, l’Inter, leader du classement, se déplace à Rome pour décrocher le Scudetto. Le stade tout entier est derrière l’Inter, même les tifosi de la Lazio, puisque, si ce n’est pas l’Inter, c’est la Juve ou la Roma qui peut remporter le titre. Et pourtant, les Romains s’imposent 4-2, offrant le titre à la Juve. Un jour maudit dans l’histoire des nerazzurri. Pas rancunière, l'Inter a ensuite été, pendant de longues années, l’ange-gardien de la Lazio. De fait, sans les Interisti, le grand rival de la Lazio, l’AS Roma, compterait probablement deux ou trois Scudetti en plus dans sa vitrine.

L’apogée de cette « entente », c’est évidemment ce 2 mai 2010. À trois journées de la fin, l’Inter ne compte qu’un point d’avance sur la Roma. Les tifosi de la Lazio, après une saison catastrophique où leur équipe a frôlé la relégation, demandent à leurs joueurs de se coucher, pour que l’Inter empêche la Roma d’aller vers le titre. La Lazio s’incline 2-0 (un score somme toute logique puisque les Biancocelesti étaient à ce moment là seizièmes du classement) et l’Inter s’envole vers le titre. Bref, des histoires de destins croisés. Mais tout cela, c’est du passé. Depuis deux saisons, l’Inter et la Lazio sont à la lutte pour un seul et même objectif : la qualification en Ligue des champions. Et les résultats des quatre dernières confrontations sont en parfait équilibre : deux victoires de la Lazio à l’Olimpico (toujours sur le score de 3-1), deux victoires de l’Inter à San Siro (2-1, et puis encore 2-1). Au final, l’Inter a accroché la Ligue des champions en 2011, puis le tour préliminaire de l’Europa League en 2012, tandis que la Lazio s’est qualifiée à deux reprises pour la Ligue Europa. On reprend (presque) les mêmes, et on recommence, ce soir.

Grand face aux grands, petit face aux petits

Aussi étrange que cela puisse paraître, la Lazio vante actuellement la meilleure série d’invincibilité en cours en Serie A. Les Laziali n’ont plus perdu depuis la fessée reçue à Catane (4-0) et ont enchaîné cinq matchs sans la moindre défaite, dont des victoires contre la Roma et l’Udinese, et un nul sur la pelouse de la Juve. Pour l’Inter, il y a clairement eu l’avant et l’après Juventus. Avant la confrontation du Juventus Stadium, les nerazzurri avaient été impressionnants, et ont tutoyé les étoiles lorsqu’ils ont brisé l’invincibilité de la Juve, en s’imposant 3-1 à Turin. Ce soir là, ils revenaient à un point de la Vieille Dame et se posaient en candidats sérieux à la lutte pour le titre. Mais juste après, patatras. Défaite contre l’Atalanta, nul contre l’Atalanta, et défaite contre Parme. La lose. Paradoxe, toujours : lors de la dernière journée, l’Inter remporte le choc face au Napoli, confirmant qu’elle est bien plus à l’aise face aux gros que face aux petits. Napoli (2-1), Juventus (3-1), Milan (1-0), Fiorentina (2-1) : l’Inter a battu quasiment toutes les équipes de haut de tableau, et ne s’est inclinée que face à la Roma (1-3), lors de la deuxième journée de championnat. « Notre démonstration de force lors des confrontations directes nous a donné la conscience que nous pouvons faire quelque chose de bien. Les points perdus contre les autres sont notre regret, mais également notre marge de progression. Gagner contre les moyennes et les petites équipes, mais perdre contre les premiers du classement aurait été bien pire » affirme « Strama », coach aux idées bien tranchées.

En face, Vladimir Petković, que l’Italie a agréablement découvert cette année, pense aussi que son équipe a les moyens de viser haut. Avant le match face à Bologne, lundi soir, il s’était même lâché, en demandant à ses joueurs de prouver que « la Lazio est bien l’anti-Juve ». Pas de bol, son équipe n’a pas pu faire mieux que 0-0, et reste donc à huit points du leader turinois. Pour parler de Scudetto, on va donc attendre un peu, hein. « C’est plus ou moins un match aussi important que les autres, mais à ce moment là de la saison, cela peut nous donner des certitudes, dire si nous pouvons nous mesurer à des équipes comme l’Inter, et si nous pouvons avoir de réelles ambitions pour la suite » a martelé le coach bosnien. Une certitude, au moins, est déjà bien affirmée : à domicile, la Lazio de « Petko » -qui pourra compter sur le retour dans le onze titulaire de Miroslav Klose- est une belle machine de guerre : 19 points engrangés sur 24 possibles. Andrea Stramaccioni est donc prévenu. Lui, le supporter de l'AS Roma.

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