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Lazio, case C1 à cocher

Les pèlerins ont quitté la place du Rinascimento, près du Vatican. Parfait. De nouveaux pèlerins, habillés de bleu ciel, vont pouvoir investir le stadio Olimpico pour une messe d'un autre genre. Entre la Lazio et la Juventus, pas de canonisation en jeu, juste une Ligue des Champions.

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Une chose est sûre : les 22 acteurs du match de ce soir entre la Lazio et la Juventus étaient hier soir devant leur téléviseur. Et ils ont halluciné. Au programme, non pas un spectacle de magie, mais la confrontation entre Bari et l'AS Roma. La Roma est la rivale privilégiée des deux équipes. D'une part, parce qu'elle poursuit la Lazio dans la course à la Ligue des Champions. De l'autre, parce qu'elle devance la Juventus dans la course à l'Europa League. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette Roma fait peur. Non pas parce qu'elle joue bien. Ô ça, non... Mais parce qu'elle semble bénie, autant que le Pape Jean-Paul II. Comme à Udine, elle s'est imposée à la 94ème minute, alors qu'elle jouait à 9 et que deux minutes auparavant, Bari avait touché le montant. Immortelle, infinie, la Roma est bien là. A un point de la Lazio, qui sent désormais le souffle de son pire cauchemar dans sa nuque. Pour reprendre une marge de sécurité de 4 points, la Lazio n'a pas le choix : elle doit s'imposer, ce soir, face à la Juventus. Et ça, c'est loin d'être une mince affaire.



Points au mérite



Huit jours. C'est le temps qui s'est écoulé depuis la dernière journée de championnat. Huit jours pour digérer. Côté Lazio, la défaite de San Siro face à l'Inter (2-1) a fait mal. Elle laisse surtout un amer gout d'inachevé. Dominateurs, les laziali avaient flanché après l'ouverture du score de Zarate et l'expulsion du portier de l'Inter. Au moment où il aurait fallu enfoncer le couteau, eux l'ont retiré pour panser les plaies interistes. Lotito, le président, a gueulé. « Cette équipe n'a pas de caractère, il faut savoir être cynique pour accrocher les objectifs » a-t-il affirmé. Avec une victoire, la Lazio aurait rattrapé l'Inter au classement. En revanche, la défaite la laisse dans le viseur de l'Udinese et de la Roma. En s'inclinant hier face à la Fiorentina, les Frioulans ont néanmoins fait une fleur aux biancocelesti, car ces derniers conservent ainsi leur destin entre les mains. C'est mathématique, en gagnant ses quatre derniers matches, la Lazio sera qualifiée pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions.



Mais cette qualification, elle aurait déjà pu l'accrocher depuis longtemps, si elle ne s'était pas déchirée dans les moments clefs. « Les deux derbys, le match aller contre la Juve où l'on prend un but à la 94ème, la défaite face à l'Inter... Sur ces quatre matches, nous repartons avec 0 point. C'est inexplicable. Si les points étaient donnés au mérite, nous aurions du en obtenir au moins 7 ou 8 » affirme Christian Brocchi, qui profitera ce soir de la suspension de Mauri pour reprendre ses galons de titulaire. « Face à la Juventus, l'apport des tifosi va être fondamental pour mettre un terme à cette série de matches où nous avons offert les trois points à nos adversaires » ajoute-t-il, la bave aux lèvres. De fait, trop de fois vide cette saison, le stadio Olimpico se colorera ce soir de bleu ciel. Tous unis pour la Ligue des Champions. Tel est le credo des supporters, qui devraient battre le record saisonnier, avec quelques 60 000 présences. « C'est le match le plus important de l'année. Nous jouons notre saison » affirme le coach Edy Reja. La pression est là.



Dernier train



Côté Juve, les huit jours ont également servi à analyser l'inexplicable match nul face à Catane (2-2). Les bianconeri avaient dominé l'intégralité du match, et s'étaient écroulés dans les 10 dernières minutes, subissant le retour des Siciliens à la 95ème minute. « Malheureusement, nous ne pouvons pas revenir en arrière, affirme Luigi Del Neri, entraîneur en quête de rachat. A présent, nous devons oublier ce qui s'est passé dimanche dernier et nous concentrer sur le match face à la Lazio. C'est notre dernière chance d'accrocher le train pour la quatrième place » . Parler encore de quatrième semble une hérésie. Et pourtant, le coach juventino a fait ses petits calculs. Avec une victoire ce soir, la Juventus reviendrait à 3 points de l'Udinese et à 4 de la Lazio, et pourrait profiter, dès la semaine suivante, de la confrontation directe entre Frioulans et Romains. Surtout qu'à Rome, la Juve a une tradition toute particulière. Leur dernière défaite remonte au 6 décembre 2003. Ce jour-là, la Lazio de Mancini s'imposait 2-0, grâce à des buts de Corradi et Fiore. De l'histoire ancienne.



Depuis, la Juve est toujours repartie invaincue du Stadio Olimpico. Une coutume à honorer, pour continuer à rêver. « La quatrième place? Nous avons le devoir de donner le maximum dans les quatre matches qui restent, à commencer par celui contre la Lazio » martèle l'entraîneur moustachu. Pour ce déplacement, il ne pourra pas compter sur le métronome Marchisio, blessé de dernière minute. Le capitaine Del Piero, qui a déjà inscrit 9 buts face à la Lazio dans sa carrière (le premier, un lointain 11 décembre 1994), sera bien là, tout comme Matri, buteur providentiel depuis son arrivée à Turin. En revanche, ce que Del Piero et ses petits copains savent, c'est qu'une défaite les éliminerait définitivement (et mathématiquement) de la course à la Ligue des Champions. Ne pas se planter donc. Tel est le mot d'ordre. Mais cette Lazio, qui n'a pas dépassé la 10ème place depuis trois saisons, a trop de choses à se faire pardonner. Et quoi de mieux qu'une journée sainte de béatification papale pour un Grand Pardon?



Eric Maggiori

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