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Lavezzi, le dragon sans flammes

Il y a un an, la Ligue 1 et le football européen disaient au revoir à Ezequiel Lavezzi. Et le Pocho, de son côté, a dit au revoir à toute envie de suer sur le terrain et vient de boucler une année à dix matchs et zéro but. Avec une grosse blessure comme excuse, et une vingtaine de millions d'euros de salaire pour se consoler.

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Combien de temps exactement Pénélope Fillon a-t-elle travaillé ? Les Français veulent des réponses, et précises, s'il vous plaît. Combien a-t-elle empoché ? Là encore, le peuple tricolore aimerait être informé, et au centime près. Car les accusations d'emploi fictif, ce terme atroce synonyme de vilaines crapuleries, sont graves. À 8400 kilomètres de Sablé-sur-Sarthe, dans la province de Hebei, en Chine, Ezequiel Lavezzi n'a pas les mêmes soucis que l'ancien Premier ministre. Et pourtant, les chiffres de l'année que l'Argentin vient de passer là-bas attireraient l'attention de n'importe quel juge en manque de travailleurs fantômes surpayés à traquer. Un an presque jour pour jour dans l'Empire du Milieu, près de vingt millions d'euros dans les poches, pour dix matchs joués et zéro but. En bref, heureusement que Lavezzi n'est pas candidat à l'élection présidentielle en France, car Edwy Plenel lui aurait déjà fait la peau. « Oui, mais j'ai fait trois passes décisives » , pourrait se défendre Lavezzi s'il voulait ressembler à Mme Fillon présentant ses trois notes de lecture pour La Revue des deux mondes. À l'époque, Lavezzi était l'un des premiers gros noms du football européen à tenter l'aventure chinoise, avant qu'une folle pelletée de joueurs qui avaient sans doute du mal à payer leur loyer ne lui emboîte le pas. Lavezzi avait au moins la décence de ne pas faire semblant d'aller là-bas pour la compétitivité et le challenge sportif, et les chiffres du salaire qu'il allait toucher au Hebei China Fortune justifiaient en partie le choix d'un joueur de trente ans en perte de vitesse sur le Vieux Continent.

Un stage de préparation et une bouteille de vin


Le 20 février 2016, Ezequiel Lavezzi foulait pour la dernière fois la pelouse du Parc des Princes. « Il y a un an, il y a un siècle, il y a une éternité » , aurait chanté Joe Dassin. Même pas pour jouer, mais simplement pour dire adieu à tout le monde en venant faire un dernier coucou avant un choc contre Reims, en tenue de ville et long manteau noir. Le Parc, amoureux de toujours de son farceur préféré, lui avait offert une standing ovation. Ses anciens coéquipiers, tous fans de leur ambianceur chéri, l'avaient fait sauter dans les airs comme s'il était une rockstar. Et en quittant Paris, Lavezzi énumérait clairement les raisons de sa signature en Chine : « Le plan de développement du club m’intéresse. C’est l’une des raisons qui m’ont poussé à rejoindre ce club, avec l’intérêt financier. Je suis fasciné par la culture chinoise. Jouer ici est un challenge intéressant. C’est pourquoi je suis venu. » Dans cet ordre, avec le challenge sportif en bon dernier. Et 365 jours après cette déclaration, on ne pourra pas reprocher à Lavezzi de ne pas avoir tenu promesse. Pour sa défense, El Pocho a le droit d'avancer certains arguments. Gravement blessé au bras en juin dernier lors d'un match avec l'Argentine, il a dû être opéré et a mis quatre mois à revenir. La saison de Super League chinoise, qui se déroule de début mars à fin octobre, était terminée à son retour et Lavezzi est actuellement en Espagne avec son équipe, en plein stage de préparation pour la reprise. Mais la semaine dernière, si la presse espagnole a parlé de lui, c'est parce qu'il a été aperçu avec sa femme dans un restaurant de Grenade en train de commander une bouteille de vin à plusieurs milliers d'euros.

Toujours la cote en Argentine


Pauvre Hebei China Fortune. Lors de son arrivée, le site du club avait mis les grands plats dans les très grands. « Le nouveau Maradona » , tout simplement, voilà comment était présenté Lavezzi. Ezequiel signait un contrat de deux ans avec près de trente millions d'euros à la clé, mais avait rapidement fait part de son blues. Au mois de mai, France Football révélait que Lavezzi s'ennuyait en Chine. L'attaquant aurait souhaité vivre à Pékin, à une heure en avion de là où joue son équipe, mais il avait dû se contenter de la maison que lui payait son club dans les alentours de Quinhuangdao. Et quand Ezequiel ne s'amuse pas, rien ne va. Un mois plus tard, le 21 juin, en demi-finale de Copa América, il tente de récupérer de la tête un ballon qui sortait largement en touche et se vautre contre les panneaux publicitaires. Bras cassé, table d'opération, plâtre et saison terminée. Et pourtant, alors qu'il n'a plus joué au football depuis ce jour-là, Bauza l'avait sélectionné en novembre dernier pour les matchs éliminatoires pour le Mondial 2018. Un retour en grâce ? Pas vraiment, puisque non seulement Lavezzi ne joue pas, mais en plus un journaliste argentin l'accuse sur Twitter d'avoir été puni pour s'être fait choper en train de fumer un joint pendant une mise au vert de l'Albiceleste. Les faits ne seront jamais prouvés, mais toute l'équipe d'Argentine avait fait bloc autour de Lavezzi, allant même jusqu'à boycotter une conférence de presse pour protester contre les médias. Aujourd'hui, Lavezzi s'entraîne à nouveau avec son club, attend la reprise (programmée le 5 mars) et il ne lui reste plus que huit mois à jouer en Chine. Une broutille. Et une broutille qui rapporte quinze millions d'euros, ça ne se refuse pas.

Par Alexandre Doskov
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