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Laurent Quiévreux, un ancien pro chez les arbitres

À la fin de sa carrière de gardien de but – prématurée, à 31 ans, après une saison blanche à l’AC Ajaccio et de l’arthrose aux pieds –, Laurent Quiévreux n’a pas rangé sa paire de crampons au placard. Cet ancien espoir du PSG a choisi une voie de reconversion que très peu d’anciens professionnels – ils ne sont que deux – empruntent : l’arbitrage. En deux ans, il est passé du niveau district au National. Entretien avec un mec « qui a mal tourné » .

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Alors, Laurent, comme ça, tu as basculé du mauvais côté après ta carrière ?
C’est ce que certains anciens coéquipiers me disent (rires). « Hé, t’as mal tourné, toi. » Genre, quand tu deviens arbitre après avoir été joueur, tu renies le passé de footballeur. Bon, y en a quand même qui me félicitent et trouvent ça bien. Car je peux vous dire que c’est vraiment chaud pour devenir arbitre.

Justement, explique-nous, comment ça s’est fait ?
Le syndicat des pros, l’UNFP, fait parfois des réunions d’information dans les clubs. Les intervenants expliquent qu’il existe une passerelle vers l’arbitrage pour les anciens joueurs avec des possibilités d’évolution plus rapides. Je me suis dit que je pouvais essayer. J’avais tout prévu pour devenir agent immobilier, ce que je suis d’ailleurs. Mais l’arbitrage m’a tellement plu que je me suis aussi lancé à fond là-dedans.

Il t’a quand même fallu passer par « les champs de patates » des petits villages...
Ah oui, ça, c’est un passage obligatoire. J’ai d’abord arbitré trois matchs de district dans le Nord. C’est d’ailleurs là le plus difficile. Tu es tout seul, il n’y a aucune sécurité, tu passes devant la buvette pour rentrer au vestiaire, et les deux assistants sont des bénévoles pas vraiment aguerris. Va-t-en faire un bon match dans ces conditions. Car c’est ça le but ultime de l’arbitre : si tu fais un bon match, tu passes inaperçu, et on ne parlera pas de toi. Tout le contraire du footballeur quoi.

« Aujourd’hui, je ne regarde plus les matchs à la télé de la même façon, je regarde les trois équipes. Car les arbitres forment une équipe : le central, les deux assistants, le délégué. Ça aussi, c’est trippant. »

Et pourquoi ça t'a « botté » alors ?
Déjà, quand t’es footballeur, t’es compétiteur. J’avais encore besoin de ça. D’un challenge. Les arbitres sont évalués, notés, il y a un classement chaque saison avec les trois premiers qui montent et les trois derniers qui descendent. C’est notre championnat à nous. C’est hyper excitant. Ça me permet aussi de garder une condition physique de haut niveau. Je suis un ancien gardien, j’ai 38 balais, je fais 1,85m pour 88kg, faut la déplacer la carcasse. Je m’entraîne dans un club d’athlétisme trois fois par semaine, match le samedi et décrassage le dimanche. Et puis, je suis un passionné de foot. Connaître par cœur les lois du jeu, les faire appliquer, détecter les fautes, ça me plaît. Aujourd’hui, je ne regarde plus les matchs à la télé de la même façon, je regarde les trois équipes. Car les arbitres forment une équipe : le central, les deux assistants, le délégué. Ça aussi, c’est trippant.

Tu penses qu’on naît arbitre ou on le devient ?
Ça dépend. Moi, je le suis devenu. C’est un truc que je ne calculais absolument pas pendant ma carrière (à Istres, Uniao Leiria, Clermont et Ajaccio, ndlr). J’étais dans ma bulle, concentré sur mes performances. Je zappais totalement l’arbitre, je ne contestais jamais, je n'ai jamais pris un carton. En revanche, mon collègue Jérémy Stinat (ex-joueur de Bordeaux, Grenoble, Laval...), qui officie en L2, lui, a toujours voulu faire ça. Pendant toute sa carrière, il a observé les arbitres.

Est-ce un avantage d’avoir été joueur pour arbitrer ?
Sans doute, oui. T’as des mecs en National ou CFA qui me disent en plein match : « on voit que t’as jamais été joueur, t’y connais rien. » Parfois, je me permets de leur répondre : « j’ai juste été pro pendant 13 ans. » J’ai vu des coéquipiers qui voyaient l’arbitre comme un partenaire de jeu et d’autres comme un ennemi. Avec mon expérience du terrain et des vestiaires, je repère vite les joueurs à problèmes. Je trouve facilement les joueurs-relais, ceux qui vont être plus lucides, plus intelligents. Je sais bien qu’un joueur défend son truc, qu’il est hyper concentré, qu’il risque d’être de mauvaise foi. Tout ça, ça se gère. Je sais leur parler. C’est hyper plaisant cet aspect psychologique de l’arbitrage.

Pourquoi dis-tu que finalement « on arbitre toujours pour le public » ?
La question que se pose toujours un arbitre, c’est : « Le public va-t-il comprendre ma décision ? » Un exemple : un joueur passe à côté de moi et m’insulte. C’est courant. Si je lui mets direct un rouge, le public ne comprend pas. En revanche, si j’arrête le jeu, si je me mets bien en retrait, je le fais venir vers moi pour un rappel à l’ordre, et que je lui montre par une gestuelle bien visible et significative que la prochaine fois, c’est vestiaire, là, le public va comprendre pourquoi je le sors en cas de récidive. Ce sont toutes ces techniques qu’on nous apprend pour prendre les bonnes décisions et les faire comprendre du public.

« Une fois, un entraîneur de CFA, un ancien joueur justement, voulait m’en coller une à la fin d’un match. Il en a été empêché par les vigiles. Il m’insultait de tous les noms. Mais je suis resté calme et zen. On ne répond jamais aux provocations. »

Il t’est arrivé d’être dégoûté et d’avoir envie de jeter l’éponge ?
Non jamais. Il se passe parfois des trucs pas très plaisants. Il m’est déjà arrivé d’être énervé et ça peut parfois être frustrant d’être attaqué sans ne jamais pouvoir répondre. Une fois, un entraîneur de CFA, un ancien joueur justement, voulait m’en coller une à la fin d’un match. Il en a été empêché par les vigiles. Il m’insultait de tous les noms. Mais je suis resté calme et zen. On ne répond jamais aux provocations. C’est une obligation, sinon on bafoue l’image de l’arbitre. Il faut donc être solide mentalement.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de joueurs pros dans l’arbitrage ?
Pour un ensemble de choses. Sans doute que la communication sur le sujet n’est pas assez bonne. Mais bon, je pense surtout que les joueurs ont globalement une mauvaise image de l’arbitrage. Ça ne les botte pas, tout simplement. Et puis, je pense que la Fédération a plutôt une politique de formation de jeunes arbitres et ça se comprend. Aujourd’hui les arbitres de L1 et L2 ont majoritairement entre 25 et 30 ans. Après, financièrement, tu peux commencer à bien gagner ta vie et pouvoir en vivre qu’à partir du National. Avant, c’est plutôt un bon complément de salaire. C’est finalement un niveau très dur à atteindre, autant physiquement que, disons, intellectuellement, car les examens que l’on passe à Clairefontaine sont vraiment très poussés. Il faut énormément bosser en amont pour l’obtenir.

Les supporters aussi ont parfois la dent dure, ils peuvent vous accuser de favoritisme...
Ça, c’est du n’importe quoi. L’arbitre qui commence à préférer une équipe plutôt qu’une autre, il ne va pas faire long feu. Moi, il m’est arrivé de mettre un rouge à un ancien coéquipier de Clermont. À la fin du match, il me dit que c’est sévère. Je lui réponds : « T’es sérieux, si je ne te mets pas un rouge là, je peux arrêter direct l’arbitrage. » Non, vraiment, on est obnubilé par notre performance et à faire le meilleur match possible. Encore une fois, on est, nous aussi, en compétition permanente. Après, on est des êtres humains et on peut commettre des erreurs. Tout le monde devrait d’ailleurs essayer d’arbitrer au moins un match dans sa vie. À coup sûr, il y aurait moins de contestation et de mépris envers le corps arbitral. On ne voit ça que dans le football.



Propos recueillis par Yannick Lefrère
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