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Laurent Chanfray : « J'ai beaucoup de chance d'être encore en vie »

Dimanche dernier, Laurent Chanfray, supporter de l'OL, s'est rendu à Marseille avec quelques amis pour assister au match de son équipe. Il a fini à l'hôpital en rencontrant les mauvaises personnes au mauvais moment.

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Pour commencer, peux-tu nous raconter le début de cette journée, dimanche dernier.
On est parti à neuf de Lyon, avec deux voitures. Pour minimiser les risques, on a pris la voiture de mon frère qui est immatriculée 31, puis la mienne, vu que mon pote n'était pas chaud de prendre son Audi A3 immatriculée 69, ce que je peux comprendre (rires). Moi, j'ai une C3 Picasso, donc ce n'est pas vraiment la même chose. L'arrivée s'est très bien passée. On est arrivé à Marseille largement avant le match, histoire d'éviter les embouteillages autour du stade et d'aller faire un petit tour à la plage vu qu'il faisait beau. On ne rencontre aucun souci, tout se passe bien, l'après-midi se déroule à merveille. On a même fait des photos avec des bonnes sœurs qu'on a croisées sur la plage. Bref, à ce moment-là, on est loin de se douter de la tournure que vont prendre les événements.

Et à l'approche du match, aux alentours du stade, il n'y avait pas de tension particulière ?
Non, pas spécialement. Après, on était dans la tribune visiteurs dont l'entrée se situe au même endroit que celle des joueurs, donc il y a plein de supporters marseillais qui attendent à cet endroit-là. On est allés voir un membre de la sécurité pour lui dire, tout doucement, qu'on souhaitait gagner la tribune visiteurs, il nous a fait entrer et terminé. C'est sûr qu'il ne vaut mieux pas se faire repérer, histoire d'éviter les soucis. Mais si ça n'en reste qu'aux insultes, il n'y a pas de soucis, ça ne me dérange pas, le chambrage fait partie du foot également.

Et le match en lui-même, c'était tendu à l'intérieur du stade ?
Non, pas plus que d'habitude, je dirais même moins que les dernières fois. La nouvelle configuration du Vélodrome fait qu'on est un peu plus loin des virages, surtout qu'il n'y avait pas de supporters lyonnais au niveau inférieur de la tribune. Il y a quelques jets de projectiles et des insultes, mais rien d'inhabituel, en fait. À titre de comparaison, je me souviens que l'année dernière, il y avait eu de véritables échauffourées entre supporters à la mi-temps. Là, non, il ne se passe rien de particulier.

On arrive donc à la fin du match. Que se passe-t-il à ce moment-là ?
Comme à chaque fois, on attend à peu près pendant une heure que le stade se vide dans le parcage visiteur. En sortant, on demande à un mec de la sécurité quel itinéraire il nous conseille pour rejoindre le plus facilement le parking Prado Perier où on était garé. Suite à ses conseils, on passe donc par le parc Chanot qui est alors totalement vide. On arrive sur l'avenue du Prado et on passe devant un bar qui est situé juste à côté du rond-point. À ce moment-là, on est tous ensemble, mais séparés en plusieurs petits groupes distancés de quelques mètres, parce que, bien sûr, on ne marche pas tous à la même vitesse. Devant le bar, il y a plein de supporters marseillais en train de boire un coup. À notre passage, il y en a quelques-uns qui se lèvent en disant : « Eux, ça doit être des Lyonnais. » Un de mes amis se fait agripper, les mecs lui demandent s'il est lyonnais, ce à quoi il répond non, prenant même l'accent marseillais. Il est obligé d'enlever sa veste pour prouver qu'il n'a pas de maillot de l'OL en dessous, il parvient à s'extirper et il se met à marcher. Là, tout notre groupe avance quand mon frère me dit qu'il manque deux mecs de notre groupe. Donc, sur le coup, je me dis merde, il ne faudrait pas qu'ils soient encore là-bas. Du coup, je ralentis ma marche, tout en essayant de voir s'ils n'étaient pas restés vers le bar. Soudain, j'ai vu un groupe de 20 ou 30 mecs qui courait vers nous. De notre côté, tout le monde s'est mis à courir, mais malheureusement mes potes n'ont pas vu que moi, je n'ai pas couru.

Et donc les mecs s'arrêtent vers toi ?
Une partie s'arrête, oui, pendant qu'une autre essayait de rattraper mes potes. Là, j'ai eu le droit au même scénario que mon pote. Les mecs me demandent si je suis lyonnais, je ne sais pas trop quoi répondre, mais bon, je sens bien que les mecs ne veulent pas me faire visiter la ville (rires), donc je nie. J'enlève ma veste pour montrer que je n'ai pas de maillot. Mais là, un des mecs me demande d'ouvrir mon sac. Sauf que je refuse parce qu'à l'intérieur il y a deux écharpes de l'OL. Donc j'essaie de les en empêcher, mais il y en a qui me l'arrache et qui l'ouvre, puis qui crie : « c'est un Lyonnais ! » Et là, bah les coups partent dans tous les sens et je finis par tomber dans les vapes. Je me souviens juste avoir crié « Au secours ! » , mais je ne me rappelle pas du reste, j'ai très rapidement perdu connaissance. Au final, je pense que je suis moins à plaindre que mes collègues.

« J'ai eu cinq jours d'ITT. Au total, j'ai un petit traumatisme crânien, j'ai les deux arcades pétées et le visage tuméfié de partout. » Laurent Chanfray

Comment ça ?
Bah, je suis vite tombé dans les pommes, je n'ai pas vraiment eu le temps d'avoir peur. À l'inverse, mes amis se sont fait poursuivre dans les rues, donc eux ont vraiment eu le temps d'avoir peur. Ils ont fini par tous se retrouver dans le parking où on était garé et là, un Marseillais est venu les voir en leur disant : « C'est vous les potes du gars au crâne rasé ? » Bon, forcément, ils ne savaient pas quoi répondre, car à ce moment-là, les types peuvent très bien être quinze derrière à les attendre, et du coup ils ont dit : « Non, ce n'est pas nous. » Là, le mec leur dit « Non, mais attendez je ne suis pas là pour vous taper, juste pour vous dire que votre pote est inconscient sur le trottoir et que les pompiers vont arriver. » Ils avaient vraiment peur que ce soit un guet-apens. Mon frère m'a appelé, ce dont je ne me souviens pas, et apparemment je tenais des propos totalement incohérents. Le policier qui était avec moi a donc pris le téléphone pour expliquer ce qui s'était passé. Donc, voilà, c'est pour tout ça que je dis que j'ai eu de la chance finalement. D'ailleurs, psychologiquement, je pense que mes collègues ont été plus atteints que moi.

Et les deux potes à toi que tu attendais, ils étaient où finalement ?
Alors en fait, dès le début des embrouilles avec mon pote, ils ont eu l'intelligence de changer de chemin. Ils ont eu un bon réflexe.

Qui a prévenu la police ?
Personne, je pense. D'après ce que je sais, c'est un policier qui m'a trouvé sur le trottoir et qui a prévenu les pompiers.

Les mecs t'ont vraiment laissé pour mort ?
Ah ouais, ils m'ont laissé sur le carreau. Alors après, peut-être que je leur ai fait peur en tombant dans les pommes rapidement. Et qu'ils ont vite filé, je n'en sais rien. Je pense que le fait d'avoir perdu connaissance a été une chance.

Quelle a été la suite ?
Les pompiers m'ont donc emmené à l'hôpital où ils m'ont fait des examens et des points de suture. Puis ils ont décidé de me garder la nuit pour me faire passer un scanner cérébral. Du coup, j'ai dit à mes potes de rentrer sur Lyon, car ça ne servait à rien de rester à neuf à l'hôpital, on aurait embêté le personnel hospitalier plus qu'autre chose. J'ai donc passé la nuit là-bas et le lendemain matin, mon assistance m'a fait rapatrier à Lyon.

Quelles sont les conséquences médicales ?
J'ai eu cinq jours d'ITT. Au total, j'ai un petit traumatisme crânien, j'ai les deux arcades pétées et le visage tuméfié de partout. J'ai notamment les yeux pleins de sang, on dirait un vampire. Finalement, je positive en me disant que j'ai beaucoup de chance d'être encore en vie ou de ne pas être paralysé ou quelque chose comme ça.

« Concrètement, il manquait des forces de l'ordre. On sait que le risque n'est pas dans le stade, mais aux alentours, et là-dessus, il y a eu un manquement, c'est évident. » Laurent Chanfray

Tu as intenté une action en justice ?
Oui, je l'ai fait, car on me l'a conseillé. Mais à la base, je ne voulais pas le faire, car déjà je suis incapable de reconnaître mes agresseurs, je me dis aussi que la police a d'autres chats à fouetter, même si c'est un acte relativement grave. Mais on m'a dit de le faire au cas où j'aurais des séquelles. Franchement, je n'ai même pas de la haine contre ceux qui m'ont fait ça, c'est plus de la peine que je ressens. Ce doit forcément être des gens malheureux pour faire ça à quinze contre un. Ils sont totalement dépourvus de morale. Moi, je voudrais juste qu'ils comprennent que leur acte n'est pas moralement acceptable, j'espère qu'ils ont encore une once d'humanité en eux et qu'ils réalisent que ce qu'ils ont fait n'est pas bien. Ma plus grande victoire, ce serait celle-là. À mes yeux, c'est beaucoup plus important que de leur mettre trois mois de prison, ce qui ne servirait à rien, puisqu'ils en ressortiraient encore plus délabrés. Je suis peut-être un peu idéaliste, mais c'est la seule chose qui m'intéresserait. Et s'ils en viennent à prendre conscience de ça et à s'excuser, il n'y a pas de souci, je suis prêt à leur serrer la main. L'important, c'est de leur faire prendre conscience qu'il ne faut plus jamais faire ça. Je ne veux pas de dommages et intérêts, je ne veux pas un centime. Je veux juste que les mecs évoluent et comprennent que ce qu'ils ont fait est très mal. Quand il arrive quelque chose à un individu, l'important c'est que le collectif soit gagnant derrière, pas que le mec reçoive 10 000 euros de dommages et intérêts. L'important c'est de faire avancer les choses, pas de s'enrichir.


Ce sont là des propos bien courageux, voire très idéalistes de ta part.
Oui, mais il faut savoir pardonner dans la vie. Comme je te disais, je positive vachement sur le fait d'être encore en vie. Je me dis aussi qu'ils ont eu une once de morale en ne m'achevant pas quand j'étais à terre. Je voudrais juste qu'ils réalisent ce qu'ils ont fait, car pour faire ça, il faut vraiment avoir une éducation inexistante et une morale ensevelie au plus profond de soi.

Pour toi, il y a clairement eu un manquement aux normes de sécurité autour du stade ?
C'est sûr qu'il aurait dû y avoir plus de policiers. Surtout que l'agression a eu lieu juste à côté du stade. Si encore ça s'était passé dans Marseille, bon, bah là, tu te dis que personne n'y peut rien, mais juste à côté du Vélodrome, ce n'est pas normal. Concrètement, il manquait des forces de l'ordre. On sait que le risque n'est pas dans le stade, il se trouve dans les alentours et là-dessus, il y a eu un manquement, c'est évident. Après, je ne rejette la faute sur personne, on sait qu'aujourd'hui les budgets sont étirés dans tous les domaines et rajouter des policiers aux abords du stade, c'est quelque chose qui a un coût, donc bon, c'est compliqué.

Tu penses refaire un déplacement un de ces jours ?
Déjà, une chose est sûre, cette histoire n'a pas altéré ma passion. Après, aujourd'hui, non, je ne pense pas refaire un déplacement de sitôt. En tout cas à Marseille, c'est sûr que non. Mais peut-être un jour, on verra bien.


Propos recueillis par Gaspard Manet
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