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C'est le club le plus cynique du football allemand et l'un des 7 Historiques du Continent européen. Jamais le Bayern München n' aura brillé par sa philosophie de jeu comme l'Ajax d'Amsterdam de Rinus Michels ou celui du Milan AC d'Arrigo Sacchi. Pas grave ! L'objectif est ailleurs. Seule la victoire est belle. Oublié, ostracisé par la presse spécialisée, le club bavarois est toujours vivant et debout. Alors qu' à chaque match européen on annonce sa mort clinique, le FCB continue sa route vers un 7ème titre délivré sur ordonnance.

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C'est étrange cette image myope, véhiculée par le média, du football allemand en général et du Bayern München en particulier. Lors du tirage au sort des poules de LDC, tous les spécialistes qualifiaient déjà la Juventus Turin et les Girondins de Bordeaux ! Et le club de la Säbener Strasse gagne son ticket dans un "Endspiel" dantesque dans l'antre des Bianconeri. En 1/8ème de finale, il devait, disait-on, disparaitre devant le talent des Gilardino et autre Jovetic de la Fiorentina. Ah oui c'est la faute au but hors jeu du match aller ! Plates explications ! En 1/4 de finale, l'ogre mancunéen Rooney ne devait faire qu'une lichette des Hansel et Gretel "Robbery" ! Que nenni ! Qui a pris un coup sur le carafon en match aller mardi dernier ?

Lorsque Lyon passe contre le Real Madrid on s'extasie sur le plus grand exploit de l'histoire du club rhodanien, alors qu'il ne s'agit, tout au plus, que d'une belle performance en face d'un club hispanique incapable d'atteindre les 1/4 de finale de LDC depuis plusieurs années. A l'opposé, lorsque le Bayern s'incline contre l'OL en LDC c'est tout le football allemand qui serait en recul. Deux poids, deux mesures médiatiques ? Alors comme dirait le professeur Cyclopède : "Etonnant, non ?"

« Le Bayern gaffe mais personne n'en profite ! »

La défense centrale du Bayern München est au football ce que la ligne Maginot fut lors des conflits franco-allemands : un vrai gruyère. « Le Bayern gaffe mais personne n'en profite » . Ainsi titrait Kicker il y a quelques temps afin de résumer une année 2010-2011 très chaotique. En début de saison Van Buyten dépucèle le jeune Badstuber dans l'axe, le Batave Braafheid joue linksverteidiger et Demichelis, en conflit ouvert avec Van Gaal, rumine sur le banc. Huit mois après, quel constat ? Le Néerlandais est prêté au Celtic Glasgow, les 1,90m de Badstuber ont été décalés sur la gauche et Demichelis est revenu. Sans résultat probant étant donné la toile de l'Argentin contre Manchester United et le match pitoyable de Van Buyten contre la Fiorentina. Et alors ? Qui est encore en lice pour un triplé LDC-championnat-coupe ?

Et dire que les "Robbery" n'ont jamais été en forme, ensemble, cette saison ! Que serait Man U sans Rooney ? Et le Barca sans Iniesta et Messi ? L'effectif parlons-en justement : Van Gaal dispose de 23 joueurs seulement dont 3 gardiens. Le plus petit groupe de la Bundesliga. Rensing, Görlitz, Lell, Altintop, Tymoshchuk et Klose sont sur le départ. Breno, Braafheid, Toni, Ottl et Sosa sont prêtés. Ekici, Alaba, Contento, Kraft, Müller et Badstuber oscillent entre 17 et 21 ans au plus. A tour de rôle, Demichelis, Ribery, Robben, Gomez, Olic et Klose sont blessés. Une hécatombe plombeuse de saison et pourtant le Bayern bouge encore ! Dans la conscience collective médiatique le duel Manchester-Bayern se résume à la finale perdue de 1999 au Nou Camp par les bavarois durant les ultimes instants de la partie. Le but marqué pendant les arrêts de jeu par le sous côté Croate Ivica Olic sonne aujourd'hui comme un rappel à l'ordre, une dette à honorer, le geste d'un héros venu réveiller le Bayern, véritable dette de mort.

POLO

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toujours aussi juste dans ces jugement bravo au soldat polo... j'ai bien aimé la petite dédicace à la minute cyclopède...étonnant non??
cynique , tu es cynique comme le bayern l est et l a toujours ete
le bayern a l image de la mannshaft a toujours ete cynique ou plutot devrais je dire ,la mannshaft a l image du bayern

bravo pour ce papier
Très bon article Polo. Le Bayern un animal blessé mais jamais mort... toujours présent mais presque... invisible, comme faisant partie du décor (advitam eternam... ?) Vivement la suite... Bravo Polo !
Polo, comme toujours allie verve et analyse. Science footballistique et déconstruction socio-historique. C'est étonnamment détonant. De fait, depuis l'établissement de la Bundesliga, le Bayern la cannibalise juste suffisamment pour remporter 40 des titres (21 sur 49 je crois). En dehors de la Bavière, de la Ruhr et éventuellement du Hamburger SV que reste-t-il ?
D'ailleurs, Polo, je crois que l'Europe se munichise... Non, je ne reviens pas à Daladier, Chamberlain et au - très - vilain Dolfie, mais juste à cette simple conclusion : depuis l'apparition de la "crapuleuse" League des champions, l'argent est allé encore plus à l'argent et certaines mégapoles lapent tout. Comment un syphon éternel et goulu.
Ainsi Man Utd, Arsenal et Chelsea apparaissent avoir flingué Liverpool. Lyon qui n'avait - presque - rien remporté est, en France, devenu le Héros thaumaturge de ce début de siècle. Ne parlons pas de l'Ukraine et de la Russie où tout cela se décide trop souvent en "Familles".
A quand à nouveau des Saint-Etienne, des Leeds et des Moenchengladbach promus premiers - pendant plusieurs années - de leur classe respective ? Crois-tu cela toujours possible ?
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