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Las Palmas danse au rythme de Setién

Leader de Liga devant les mastodontes barcelonais et madrilènes, l’UD Las Palmas rêve en grand. Une douce chimère qui prend racine avec la nomination, en octobre dernier, de Quique Setién, drôle de guide pour qui l’ambition n’est rien. Ou presque.

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Loin de la métropole espagnole, de ses tracas politiques et de ses mastodontes du ballon rond, Las Palmas sourit. Et danse. À un rythme endiablé et imprimé par les comparses de Roque Mesa, guidés par leur chef d’orchestre Quique Setién, les insulaires se pavanent en tête de la Liga devant les surpuissants FC Barcelone et Real Madrid. Un exploit certes anodin, le championnat n’ayant repris ses droits qu’il y a deux journées, mais qui ravive dans les mémoires des supporters des Amarillos une fierté presque oubliée. Trente-huit ans avant cela, l’UD pointe en effet déjà le bout de son nez en tête du classement de Primera Division. Miguel Muñoz, mythique entraîneur du Real Madrid, occupe alors la guérite de l'Estadio Insular et offre aux habitants de la plus grande île des Canaries leur première ivresse footballistique. Mieux, ce pourfendeur d’immenses talents pour la Roja se caractérise pour avoir donné naissance au tiki-taka bien avant son passage à l’état de mode avec le FC Barcelone. Cet héritage, Quique Setién le cultive depuis son arrivée il y a moins d’un an à la tête d’un Las Palmas qu’il reconduit vers les cimes de la Liga.

Setién : « Je n’ai jamais eu d’ambition »


« Las Palmas est un bon endroit pour moi, un lieu où les gens me comprennent. » Sitôt sa prise en main de l’UD Las Palmas après huit petites journées du dernier exercice, Quique Setién se met l’aficion dans la poche. Mais plus qu’un coup de communication aux ambitions pathétiques, cette tirade rappelle que si à cinquante-sept printemps le natif de Santander ne s’est jamais assis sur un banc de Primera, il le doit avant tout à sa sincérité. Une authenticité qui l'empêche ainsi de coacher son Racing en 2002, puisqu’il démissionne quelques jours après l’y avoir hissé en Liga pour cause d’incompatibilité avec le nouveau et sulfureux propriétaire, Dimitri Piterman. Ou qui lui fait quitter précipitamment son poste au CD Lugo, suite à des divergences avec sa direction. Ce qu’il expose dans les colonnes du Pais quelques jours après son intronisation : « J’ai eu l’opportunité d’entraîner en Liga avec le Racing, mais je n’ai jamais eu aucune ambition. Je viens ici, à l’Union Deportiva, car il y a une philosophie qui va de pair avec ma manière de voir le football. Et si les circonstances sont adéquates, j’aimerais montrer toute la culture du football qu’il y a dans les Canaries. »


L’histoire qui lie l’île de Las Palmas à la sélection espagnole est longue autant que riche. Des anciens Manuel Pablo ou Juanito, jusqu’à la figure iconique de Juan Carlos Valerón, en passant par le magicien David Silva et la jeune garde représentée par Vitolo et Jesé, l’UD Las Palmas fournit de magnifiques techniciens à la Roja. Des profils rares à l’échelon européen qui font le bonheur des sélectionneurs outre-Pyrénées, et celui de Quique Setién : « Aujourd’hui, on enseigne aux jeunes à couvrir, à basculer le jeu ou à faire un pressing, mais on ne les laisse pas dribbler. On privilégie toujours celui qui est grand et fort, mais pas ici. » De fait, son Las Palmas rassemble toute la jouissance du football canarien : de la vitesse, du mouvement, et de la technique. Trois éléments indissociables de la philosophie de la cantera de l’UD comme des préceptes de Quique Setién qui s’épanouissent dans un 4-2-3-1 qui fait la part belle au spectacle. Surtout, ce système à risque permet à Las Palmas, pourtant embourbé dans la zone rouge lors de la nomination de Setién, de se maintenir haut la main en Liga.

Setién : « Cela me suffit d’être heureux »


Rapidement, l’amour et l’harmonie prennent possession de l’Estadio de Gran Canaria. En atteste la réception de Valence au mois d’avril dernier : décisive pour le maintien, elle s’entame du plus mauvais pied lorsqu’après une tentative de relance courte, le portier Javi Varas se fourvoie et envoie Rodrigo ouvrir le score dans ses buts vides. Dans un élan de solidarité, l’aficion redouble d’encouragements et porte son onze jusqu’à une victoire ô combien méritée. « La réponse de la foule a été grandiose » , se plaît à dépeindre l’architecte de ce succès sitôt la conférence de presse entamée. Malgré ce maintien, la prolongation de son contrat tarde à s’officialiser et les rumeurs vont bon train. « Me comprendre n’a rien de facile, car les ressorts qui me poussent ne passent pas par de grandes aspirations, éclaire-t-il. Cela me suffit d’être heureux et d’entraîner comme j’aime, que les choses se conforment à ma manière d’être. » Avec aucun départ notable, l’arrivée de KP Boateng, et une première place en Liga, nul doute que l’UD Las Palmas s’est accordé aux envies et désirs de son chef d’orchestre. La quiétude, elle, peut bien attendre.

Par Robin Delorme
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Champion-mon-frère Niveau : CFA2
C'est le Leicester de cette année !

Non j'deconne mais juste par chauvinisme car je suis né là bas, j'y crois !

Vamos Los Amarillos !!
Didierdrogba Niveau : District
Et nous pendant ce temps là on a Galthier ou Correa, misère...
Alain Proviste Niveau : Ligue 2
Dommage que Séville-Las Palmas ne soit pas diffusé sur Bein car l'opposition Sampaoli-Setien, avec deux équipes joueuses et une rimbambelle de techniciens sur la pelouse, laisse augurer d'un joli match !

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