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Larsson et Manchester United, la dernière épopée du Roi des Rois

Il n’y a passé que trois mois, mais personne ne l’a oublié. De janvier à mars 2007, Henrik Larsson effectuait un passage remarqué sous le maillot de Manchester United. Une courte parenthèse de dix semaines qui sera la dernière grande représentation de l’international suédois sur la scène européenne. Retour dans le temps.

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Parce qu’il est un homme de principes, Henrik Larsson ne faillit pas à sa parole. Jamais. En dépit des circonstances, de ce qu’il peut représenter auprès d’autrui et de l’attention qu’on peut lui prêter. Quand la légende suédoise clôt sa pige de trois mois à Manchester United en mars 2007, c’est sans regret ni amertume. Car une promesse est une promesse. « Je suis allé là-bas à trente-cinq ans » , expliquait-il avec conviction à So Foot en février 2013. « J’ai marqué en FA Cup, j’ai marqué en championnat, j’ai marqué en Ligue des champions, donc OK, j’aurais pu gagner plus de médailles, j’aurais plus rester plus longtemps là-bas, mais qu’est-ce que tu veux que je dise ? J’avais promis à Helsingborgs de revenir. » Là où il est né et a grandi. Là où, aussi, son talent était beaucoup trop grand à ses débuts et l’a très vite propulsé vers des clubs européens de plus grande envergure. Le « King of Kings » , comme on se plaît encore à l’appeler au Celtic, a donc préféré boucler la boucle sur ses terres. Loin du tumulte et de l’exaltation consubstantiels à la Premier League. Qu’importe, en à peine dix semaines passées dans le pays de Sa Majesté, Larsson a trouvé le temps de marquer les esprits de bien belle manière.

Expérience et l' « aristocrate » Larsson


Henrik Larsson et Manchester United, c’est avant tout un mariage qui aurait pu se faire bien plus tôt. Lors de la deuxième année (1998-1999) de l’attaquant au Celtic, Sir Alex Ferguson cherche à l’enrôler. Mais la figure tutélaire écossaise essuie un refus net et précis. « J’aurais pu le recruter plus tôt, raconte-t-il dans son autobiographie parue il y a deux ans. J’étais prêt à faire une offre quand il était au Celtic, mais Dermot Desmond, l’actionnaire principal, m’avait appelé et m’avait dit : "Alex, tu m’as laissé tomber. Tu as une tonne de joueurs. On a besoin de lui." » À l’époque, le front de l’attaque mancunienne présente une concurrence féroce (Cole, Yorke, Sheringham, Solskjær), et le Suédois, alors vingt-huit piges, s’épanouit en Écosse. « Je l’avais refusé à l’époque parce que je venais d’arriver au Celtic et que je commençais à m’y sentir vraiment bien » , justifie-t-il encore dans So Foot. « Mais je m’étais dit : "S’il (Ferguson, ndlr) revient encore une fois pour moi, je ne dirai pas non, j’irai." Pour moi qui avais passé autant de temps à regarder jouer l’équipe de Sheringham, Solskjær, Yorke, Cole, Beckham, etc., pouvoir jouer sur ce terrain à mon tour, c’était fantastique. » Après le rendez-vous manqué, les deux parties parviennent à se mettre d’accord en janvier 2007. Pour le plus grand plaisir de Fergie : « En janvier 2007, le club a obtenu un authentique aristocrate pour une période de trois mois. En octobre, Jim Lawlor, le chef de la cellule recrutement, nous a convaincus qu’Henrik Larsson perdait son temps en Suède alors qu’il avait beaucoup à offrir à un niveau plus élevé. Helsingborgs, où il jouait, ne voulait pas le vendre. J’ai demandé à David Gill (chief executive de MU à l’époque, ndlr) de sonder son président pour savoir ce qu’il pensait de l’idée de le prêter en janvier. Henrik a appuyé la suggestion. »


Les circonstances ont notamment favorisé la réalisation de l’opération. Après avoir sacrément garni son palmarès durant deux années au Barça (2 Liga, 1 C1 et 1 Supercoupe d’Espagne), Larsson décide de rentrer au pays, à Helsingborgs. Mais l’Allsvenskan (championnat suédois), qui s’étend d’avril à octobre, est alors en pleine trêve hivernale. Plutôt que de se prélasser en attendant l’ouverture la nouvelle saison, l’ex-Blaugrana voit là l’occasion idoine de s’entretenir physiquement en se confrontant au plus haut niveau. Quant à United, sa venue offre un choix plus élargi à Ferguson qui doit composer avec un secteur limité devant. Au crépuscule de sa carrière, Solskjær se trouve sur le flanc. Alan Smith, souvent ballotté de poste en poste, peine à retrouver la forme. Seuls Saha et Rooney peuvent endosser le rôle d’attaquant. Surtout, le manager des Red Devils accueille avec félicité l’ajout d’un joueur expérimenté dont le vécu indéniable servira auprès des jeunes (Ronaldo, Évra, Carrick, Vidić, Fletcher, Park). « C’est bon de venir jouer dans un si grand club. Je ne peux pas débuter à chaque match, mais je prends cela comme une chose amusante, soufflait l’international suédois lors de sa présentation à la presse. Je connais les joueurs, j’ai joué contre beaucoup d’entre eux. Je suis là pour jouer autant que possible, mais je ne sais pas comment on veut m’utiliser. Suis-je là en tant que remplaçant ? Oui, au début. »

Applaudissements et médaille de champion


Même s’il affiche trente-cinq ans au compteur, même s’il n’a plus rien à prouver à personne, le vétéran scandinave se fond sans coup férir dans le collectif mancunien. En faisant preuve d’un professionnalisme toujours aussi aigu. « À son arrivée à United, nos joueurs le considéraient un peu comme un personnage culte, se remémore Alex Ferguson dans son livre. Quand ils prononçaient son nom, ils avaient l’air impressionnés. À trente-cinq ans, la réceptivité d’Henrik aux consignes données par les entraîneurs était extraordinaire. À chaque session, il était captivé. Il souhaitait écouter Carlos Queiroz (son adjoint, ndlr), les explications tactiques. Il était attentif à tout ce que nous faisions. À l’entraînement, il brillait par ses mouvements, son positionnement. Pour un petit gars, il possédait une belle détente. » Un respect et une estime réciproques de la part de Larsson, particulièrement impressionné lors de son passage par Ronaldo et Rooney, mais surtout Giggs et Scholes : « Avant de venir, j’avais l’image d’un type très "tough". Et c’est vrai que je n’ai jamais, de toute ma carrière, vu personne d’aussi énervé quand il perd. Quand je suis arrivé, je ne savais pas comment ça marchait là-bas. En fait, il s’est avéré que c’est Carlos Queiroz qui menait les séances. Mais quand les choses ne se déroulaient pas comme il le fallait, quand par exemple quelqu’un n’était pas assez concentré, ou ne faisait pas ce qu’il était censé faire, ou frappait mal une balle, la voix arrivait : "Hit the target !" Il suffisait d’entendre ça pour, la fois suivante, bien se concentrer. »

Youtube

Mais l’éphémère Red Devil n’a jamais connu personnellement le fameux hair-dryer du briscard écossais. Parce qu’en trois mois au Royaume, il a donné entière satisfaction. Le Suédois a pris part à 13 rencontres toutes compétitions confondues, dont dix comme titulaire. Avec, en prime, trois buts claqués au total. Un en Premier League contre Watford (4-0, janvier 2007), un autre en troisième tour de FA Cup face à Aston Villa (2-1, janvier) et un dernier décisif lors de la réception de Lille en 8e de finale retour de C1 (1-0, mars). Preuve de son apport significatif en si peu de temps, la révérence témoignée par ses partenaires au terme de sa dernière apparition à Middlesbrough (2-2), en quart de finale de Cup. « Pour son dernier match sous nos couleurs, on perdait 2-1. Henrik a reculé au milieu de terrain et il a tout donné, détaille Ferguson. À son retour au vestiaire, tous les joueurs se sont levés et l’ont applaudi. Même chose pour le staff. Seuls quelques joueurs sont capables de créer ce type d’impact en trois mois. Quand un crack ne fait pas son travail, son statut de joueur culte peut disparaître. Henrik a conservé cette aura pendant tout le temps passé chez nous. Avec ses mouvements et son courage, il semblait être né joueur de Manchester United. » Même si l’Écossais a assuré qu’il « aurai(t) tout fait pour le garder » , celui-ci a dû courber l’échine devant la promesse tenue par l’actuel coach d'Helsingborgs. En récompense de ses services rendus, United demandera exceptionnellement deux mois après son départ une médaille de champion de 2007 supplémentaire, même si son joueur n’a pas atteint les dix matchs de championnat minimum. Une requête à laquelle répondra favorablement la Premier League. Les fans mancuniens, eux, ne l’ont également pas oublié. Seulement trois jours après la fin de son contrat, à l’occasion d’une rencontre de gala entre United et une sélection européenne dans laquelle figurait Larsson, Old Trafford l’a copieusement applaudi lors de son entrée. Le dernier hommage avant qu'il n’aille se retirer chez lui. En Roi.

Par Romain Duchâteau
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Dans cet article

Un immense joueur qui a fait les belles heures du Celtic
Dirkdiggler Niveau : CFA2
J'avais complètement oublié ce passage de sa carrière.

L'homme du match de là final de CL contre Arsenal. Le décalage pour fils est sublime.
Le meilleur joueur suédois que j'ai vu, avec Brolin (beaucoup trop jeune pour avoir connu les Nordhal, Liedholm etc.).
elfoundo07 Niveau : DHR
Zlatan?

Sinon c'est sur que c'était un bonheur de le voir évoluer avec ses dreads.
didier gomis Niveau : CFA
J'ai chialé !
Message posté par Dirkdiggler
J'avais complètement oublié ce passage de sa carrière.

L'homme du match de là final de CL contre Arsenal. Le décalage pour fils est sublime.


Tout comme la récupération de balle, et la passe pour Belletti sur le deuxième but.

J'étais très déçu lorsqu'il a perdu en finale de l'Europa League en 2003, j'aurai adoré qu'il gagne un titre majeur avec le Celtic.

C'était un super joueur, fin, technique, intelligent, grand buteur, dans un championnat légendaire et "exotique". Le symbole qu'à cette époque, pas très ancienne, de grands joueurs évoluaient dans des championnats mineurs, qui réalisaient chaque année des résultats honorables en Europe.

Le Celtic à un bon niveau est un des clubs qui me manque le plus dans les joutes européennes.
Larsson C'est étrange je le connais depuis la World Cup 94 quand il avait les locks blonds. Et pourtant quand il arrive au Barca je suis convaincu que c'est pas le même joueur; d'ailleurs ma mémoire m'a joué des tours puisque je me disais que le joueur suédois de la Coupe du Monde s'appelle Kenneth Larsson ( confusion avec Kenneth Andersson).
Ce n'est qu'il y a quelques mois (3 ou 4) que j'ai su qu'il s'agissait du même joueur( suite à un article sur les stars suédoises avant Zlatan). J'étais d'autant plus convaincu que c'était pas la même personne que ça ne courrait pas les rues les joueurs de la World Cup 94 encore au top niveau en 2006.
Il fût un très bon joker au Barca.
Au dela de son passage qui m'a réellement marqué (oui je supporte éMU), car j'adorais ce joueur à Barcelone, cet article nous rappelle l'époque où les joueurs bougeaient un peu plus.

Cette culture est restée en Italie, un peu en angleterre pour les joueurs plus mineurs mais dans le reste de l'europe c'est très fermé je trouve.

Finis les Ronaldo, Ronaldinho, Figo etc j'ai l'impression.

C'est dommage
Quelle équipe tout de même... Ronaldo, Rooney, Giggs, Scholes, Carrick, Park, Larsson, Vidic, Ferdinand, Evra, Van Der Saar...
Message posté par Lpb34
Au dela de son passage qui m'a réellement marqué (oui je supporte éMU), car j'adorais ce joueur à Barcelone, cet article nous rappelle l'époque où les joueurs bougeaient un peu plus.

Cette culture est restée en Italie, un peu en angleterre pour les joueurs plus mineurs mais dans le reste de l'europe c'est très fermé je trouve.

Finis les Ronaldo, Ronaldinho, Figo etc j'ai l'impression.

C'est dommage


Pas compris...
CM 94. Cameroun 2 - Suède 1. Entrée en jeu d'un jeune homme au dread locks. Quelques minutes plus tard, il adresse une frappe de mammouth qui heurte lourdement la barre transversale de Joseph Antoine BELL. Réception de la poitrine de Martin Dahlin et but. CMR 2 - Suède 2. C'est le début de la légende LARSSON.
Sinon concernant Zlatan, les débuts sont un peu similaires: CM 2002. Sénégal 2 - Suède 1. Entrée en jeu d'un jeune homme pas très connu alors. Roulette en pleine surface qui élimine un ou deux défenseurs sénégalais. Frappe en puissance sur la barre transversale de Tony Sylva. Sauf que là il y'a personne pour réceptionner. La suède perd et est éliminée dès les 1/8 de finale.
 //  12:53  //  Passionné des Pays-Bas
Ce mec est une légende <3
Alain Proviste Niveau : Ligue 2
Message posté par samotraki
Le meilleur joueur suédois que j'ai vu, avec Brolin (beaucoup trop jeune pour avoir connu les Nordhal, Liedholm etc.).


Difficile d'oublier Ibra quand même... ;)
Mais j'avoue avoir aussi une affection particulière pour Larsson, ainsi que pour le fabuleux duo Brolin-Dahlin de la Suède 92-94 (magnifique joueur Brolin d'ailleurs, que ce soit avec Parme ou la sélection) ! Et Larsson, un mec que j'ai toujours apprécié et qui a encore rendu de fiers services au Barça lors de sa pige en Catalogne.
P***** ! on est vieux les gars...


Oui c'était tellement clair pour moi que je n'ai pas cherché a savoir si ca l'était pour les autres.
Je disais que j'aimais bien cette époque a laquelle les joueurs changeait ("bougeaient") plus souvent de club, comme ont pu le faire Ronaldinho, Ronaldo ou Figo, par exemple.
Peut etre que c'est totalement faux mais c'est le souvenir que je me fais de cette époque.
Un des plus gros QI football de ces 20 dernieres années
Mon joueur préféré ! J'ai même un maillot d'Helsinborg avec son nom, c'est vous dire les frissons en regardant ses matchs avec le Celtic. Notamment ce lob en rupture. Génie !
Je n'oublierai au plus grand jamais son passage au barça. Alors qu'il lui semblait promis une place de titulaire à son arrivée au Barça, un autre joueur recruté en qualité de remplaçant, un certain Samuel Eto'o est passé devant lui dans la hiérarchie des attaquants.
Ceci est dû en grande partie aux pépins physiques qu'avait connus Larsson à l'époque, mais aussi à la redoutable efficacité de Samuel Eto'o. Cela ne lui a pas empêché de répondre présent toutes les fois que le coach avait fait appel à lui.
Et je n'oublierai pas son entrée fracassante lors de la finale de la LDC de 2006 avec à la clef 2 passes décisives, d'abord sur l'égalisation d'Eto'o et ensuite sur le but victorieux de Belletti.
Message posté par samotraki
Le meilleur joueur suédois que j'ai vu, avec Brolin (beaucoup trop jeune pour avoir connu les Nordhal, Liedholm etc.).


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