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Lars Ketchup

C'est la croisée des chemins : alors que l'Islande s'apprête à disputer le premier championnat d'Europe de son histoire, son sélectionneur, Lars Lagerbäck, dirigera la dernière campagne de sa riche carrière d'entraîneur. Car à bientôt 68 ans, le Suédois s'estime trop vieux, et ce, malgré le tableau magnifique dessiné depuis cinq ans avec la sélection islandaise. Alors l'Euro servira aussi de passage de témoin avec son padawan et adjoint : Heimir Hallgrimsson.

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Marcel Aymé n’a pas toujours fait l’unanimité. Intellectuel touche-à-tout, le gamin de Joigny aimait faire grincer. À la longue, c’était devenu un jeu personnel et une bataille contre le politiquement correct. De son œuvre, il reste pourtant des vérités, dont cette affirmation tirée de Clérambard : « L’humilité est l’antichambre de toutes les perfections. » Le foot est un marqueur : le succès passe par l’humilité, et l’arrogance est un pêché qui se termine bien souvent sur les cendres d’un projet avorté. Ce détail entre majoritairement, par exemple, dans l’échec terrible de Míchel à Marseille cette saison, lui qui a toujours refusé de se remettre en cause. L’humilité, elle, a plus que jamais écrit l’histoire du tome 2015-2016. Peut-être même l’un des plus beaux romans sportifs du football moderne dont la source est encore à peine croyable : une île de 325 000 habitants, où le football était encore barré par le handball il y a quelques années et où les conditions climatiques ne permettaient pas de jouer sur des pelouses extérieures toutes les semaines.

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L’épilogue est désormais connu de tous : 6 septembre 2015, le Laugardalsvöllur de Reykjavik, un nul contre le Kazakhstan (0-0) et, au bout, une qualification historique de l’Islande pour le premier championnat d’Europe de foot de son histoire. Probablement le dépucelage du siècle et une œuvre globale dessinée par un maître penseur : le Suédois Lars Lagerbäck, sélectionneur de l’équipe nationale islandaise depuis 2011, ancien chef de banc des sélections suédoise et nigériane. Un homme qui, à bientôt 68 ans, a déjà annoncé qu’après la campagne en France, il rangerait sa casquette. Par ces mots : « Le problème est que je suis né il y a trop longtemps. Je dois réaliser que je ne rajeunis pas. » La France sera donc son terminus.

« C’est le projet d’une vie »


Cela ressemble aussi à un dernier défi personnel pour celui qui sera le sélectionneur le plus expérimenté du tournoi (cinq phases finales d’affilée avec la Suède et une Coupe du monde avec le Nigeria). C’est surtout le point final d’une mutation exceptionnelle autour de la génération dorée du football islandais (Sigurdsson, Gunnarsson, Sigthorsson), révélée lors du championnat d’Europe Espoirs organisé au Danemark en 2011. Des mecs issus de « la génération indoor » - bénéficiant de terrains artificiels pour s’entraîner toute l’année - et qui constituent aujourd’hui le noyau essentiel du groupe construit par Lagerbäck pour l’Euro en France où l’Islande sera dans le groupe F avec le Portugal, l’Autriche et la Hongrie. Une génération qui a aussi appris de son élimination en barrages de la dernière Coupe du monde contre la Croatie (0-0, 0-2) pour revenir avec ce bonus d’expérience qui fait la différence et lui a notamment permis de s’imposer à Amsterdam en septembre dernier (1-0). Pour Lars Lagerbäck, c’est un sommet et, de son propre aveu, le plus haut de sa carrière sportive. Reste qu’il refuse son statut de héros : « Certains expliquent que c’est un conte de fées. Je pense que sur plusieurs points, ces personnes ont raison, mais sur d’autres non. Pourquoi : parce que ce qui est arrivé aujourd’hui est le résultat d’un travail global monstrueux. C’est le projet d’une vie. Alors beaucoup de personnes parlent de mon rôle, plaisantent sur le fait que je vais devenir président, mais nous sommes avant tout un groupe d’individus qui a travaillé dur dans un bon environnement. Et on a surtout de très, très bons footballeurs. »

L’émir Hallgrimsson


L’humilité donc. Le refus de la lumière en permanence. Lars Lagerbäck est comme ça et il transmet cette mentalité jusque dans les veines de son tandem, Heimir Hallgrimsson, ancien adjoint du Suédois revenu à ses côtés en 2013. L’objectif est désormais simple : après l’Euro, Lagerbäck filera les clés de la boutique à son adjoint qui fait pour le moment office de padawan. L’arrivée de Hallgrimsson a été le déclencheur décisif dans la quête historique de l’Islande, qui n’a perdu que deux rencontres lors des éliminatoires. Après la qualification, l’entraîneur islandais avait alors expliqué « vouloir remercier l’ensemble des jeunes entraîneurs en Islande. Aujourd’hui, avec la mentalité qu’ils ont développée, ils sont probablement en train de devenir les meilleurs du monde. » Lagerbäck, lui, a amené le savoir et l’expertise du haut niveau après de longues études en politique et en économie menées en parallèle d’une petite carrière de footeux.

C’est dans le détail qu’il a construit cet exploit et c’est aussi pour ça qu’il a décidé d’inclure dans le voyage en France le vieux Eidur Guðjohnsen, 37 ans, aujourd’hui à Molde. Lagerbäck a été clair : « S’il n’avait pas trouvé un club en janvier, je ne l’aurais pas choisi. » Reste que Guðjohnsen, c’est l’expérience (84 sélections) et un soutien parfait pour la jeunesse de son pays. C’est dans ce rôle que l’emmène Lars Lagerbäck. Histoire de poursuivre le rêve et de fermer la page la tête haute en insistant en permanence sur « les responsabilités à prendre » pour chacun des joueurs de son groupe. « C’est la clé de la réussite. C’est aussi le message que je demande de faire passer aux jeunes entraîneurs de la Fédération dont le travail est aujourd’hui le plus important : prise de responsabilité et dépassement de soi. Si tu sais ce que tu as à faire, tu avances » , expliquait il y a quelques mois Lagerbäck à la revue officielle de l’UEFA. Comme un vieux professeur. Ou un savant magnifique.

Par Maxime Brigand
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