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Laporte-Hernandez, la route d’Espagne

Comme Aymeric Laporte ou son frère Théo, Lucas Hernandez ne serait pas contre intégrer la sélection espagnole, à en croire les informations de Marca. Une décision motivée par les choix de Didier Deschamps, qui ne semble pas parti pour inclure le trio de défenseurs dans ses plans pour le mondial russe. Un trio qui se tourne donc logiquement vers l'Espagne, où les trois joueurs ont été formés et valorisés. Comme si leur nationalité sportive tendait désormais plus vers la Roja que vers les Bleus.

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À en croire la presse espagnole, l'affaire est pliée. Les démarches pour l’obtention de la nationalité espagnole sont entamées, et la Fédération se serait adressée directement au secrétaire d'État au Sports, José Ramon Lete, pour que Lucas Hernandez soit entre de bonnes mains. Voilà le défenseur de l'Atlético lancé sur la route de l'Espagne. Et sur celle de la Roja, alors que Julen Lopetegui l'aurait assuré d'un bel avenir au-delà des Pyrénées.

Défenseurs sans frontières


Une tendance qui semble décidément en vogue chez les Français d'Espagne. Le frère de Lucas, Théo, désormais pensionnaire du Real Madrid, songerait également à chatouiller le cuir avec la Roja dans un futur proche et ne s'est même pas gêné pour sécher un rassemblement avec l'équipe de France Espoirs fin mai dernier. Aymeric Laporte, pourtant appelé en Bleus contre l'Espagne le 28 mars dernier, ne semble lui plus entrer dans les plans de Didier Deschamps et dénonce le manque de considération dont il serait victime dans l'Hexagone : « J'aimerais être plus en équipe de France... Je suis à Bilbao, un club qui n'est pas assez valorisé en France. Ici, ça n'empêche pas certains joueurs espagnols d'aller en sélection... J'ai toujours dit, mon pays, c'est la France... Mais si on ne fait pas appel à moi, j'ai une partie de moi qui est espagnole, car je vis là-bas depuis huit ans... » Lucas et Theo Hernández, s'ils sont nés à Marseille, vivent en Espagne depuis leur enfance et ont développé un lien fort avec le football espagnol. Un lien logiquement appelé à prendre le pas sur leur nationalité de naissance ?

L'Internationale


La réponse coule de source pour Paul Dietschy, historien du football : « Aujourd’hui, les footballeurs sont semblables aux jeunes sortant des grandes écoles. Leur horizon naturel est le monde. Le lien au territoire est plus faible. On observe de plus en plus un détachement entre la nationalité sur le passeport et la nationalité sportive. » Une nationalité sportive, acquise après naturalisation, qui semble prendre de plus en plus de place dans le football moderne. « En fait, si on observe les joueurs, il y a deux éléments qui caractérisent leur attitude, pose Christophe Daadouch, juriste et auteur de Quand le sport jongle avec les nationalités. La plus évidente, c'est qu'ils ont des stratégies de carrière, qui s'accordent mal avec un sentiment d'identité nationale fort. La seconde, c'est que, comme beaucoup d’artistes, les sportifs sont amenés à vivre des années dans un autre pays que celui de leur naissance, et sont ainsi quasi invariablement mondialistes. Et dans le cas des frères Hernandez, ceux-ci ont autant, sinon plus, de liens avec l'Espagne qu'avec la France. » De quoi renforcer leur sentiment de légitimité à pouvoir et vouloir évoluer avec la Roja.


Un choix qui serait sans doute durement critiqué en France, alors que de nombreux observateurs dénoncent la possibilité offerte aux joueurs de se choisir une nationalité « à la carte » . « Mais, même s'ils font parler, les cas de Laporte et des frères Hernandez sont beaucoup moins controversés que ceux des binationaux formés en France, qui décident de jouer pour une autre sélection » , nuance Daadouch. Lorsqu'il était sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc avait taclé le phénomène à la gorge : « C'est un grave problème. Il y a des joueurs qui font l'équipe de France des moins de seize à vingt et un ans, et qui, au dernier moment, choisissent leur pays d'origine. » Le joueur, un bouc émissaire toujours facile à cibler quand les notions d'identité et de nationalité entrent dans le débat public.


Instrumentalisation


« La vérité, c'est que la nationalité sportive est une notion très malléable. Les joueurs l'instrumentalisent, mais les fédérations le font aussi en changeant les règles à leur convenance » , dénonce Christophe Daadouch. Dernier exemple de taille en 2009, où la FIFA vote l'abolition de la limite d'âge pour choisir sa sélection nationale, qui était auparavant fixée à 21 ans. Sans oublier le double discours des fédérations, comme la FFF. « Elles soulignent l'importance de la notion d'appartenance quand ça les arrange » , reprend Daadouch. Quand l'ex-DTN, François Blaquart, regrettait en 2011 « le manque de scrupule » de certaines fédérations, qui vont chercher des joueurs qui n'ont « aucune identification au pays » , il semblait avoir zappé que Raymond Domenech était allé draguer quelques années plus tôt Gonzalo Higuaín pour le convaincre de choisir les Bleus, alors que l'attaquant n'avait passé que les dix premiers mois de son existence en France. L'équipe nationale italienne, elle, évolue depuis des décennies avec des joueurs naturalisés en son sein, les fameux oriundi, qui ont notamment participé à combler le manque de talents individuels de la Nazionale ces dernières années. Si bien que pour les joueurs, entre calculs carriéristes et une volonté sincère de rendre la pareille à son pays d'accueil en le représentant, l'équation est subtile. Theo Hernández ne cachait pas la complexité de la chose en juin dernier : « L’Espagne m’a tout donné et, forcément, je lui suis reconnaissant... On verra si je peux jouer avec la sélection espagnole ou la France. Si l’Espagne m’appelle, bien sûr, j’y penserai. » S'il est confirmé que son frangin a choisi d'évoluer avec la Roja, le défenseur du Real aura sans doute une raison supplémentaire de choisir le même passeport.



Par Adrien Candau Propos de Christophe Daadouch recueillis par AC, ceux de Paul Dietschy issus de Télérama
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