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Laporta au Barça, retour déjà gagnant ?

Absent de l'organigramme du FC Barcelone depuis 2010, Joan Laporta est de retour dans la danse. Face à des adversaires fragilisés, des aspirations politiques en vogue et une cote personnelle à la hausse, personne ne semble en mesure de contrer son retour à la présidence blaugrana prévu, pour 2016.

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Polichinelle est une sacrée marionnette. Reléguant PPDA et ses Guignols au rang d'amateur, elle peut se targuer d'être la star de la commedia dell'arte. Ce personnage du théâtre italien du XVIe siècle a su traverser les âges et reste, aujourd'hui encore, en vie. Pulcinella – son patronyme italien – est également un secret, comme celui qui entoure le retour de Joan Laporta à la tête du FC Barcelone. Depuis bientôt deux semaines, les canards castillans et catalans ne cessent de relayer un monticule de rumeurs, ragots et autres bruits de couloir. En vrac, Mendes, Mourinho, Cristiano Ronaldo et Xavi, pour un rôle d'entraîneur, ont été évoqués du côté du Camp Nou. Le plan de bataille du président du FCB de 2003 à 2010 pour revenir dans la danse est limpide : des effets d'annonce qui détonnent, des critiques virulentes contre la Junta Directiva actuelle et un catalanisme toujours omnipotent. Alors que des élections présidentielles sont prévues en 2016, Joan Laporta fait déjà office de grand favori. Normal, l'adversité est reléguée au simple rang de sparring-partner.

Rosell et sa présidence «  d'enfant immature  »


Ce retour au sportif marque également la fin du combat politique de Joan Laporta. Après avoir quitté en 2010 son siège de président du FCB, il s'est aventuré sur les routes sinueuses de la politique catalane. Son dada, l'indépendance de la Catalogne : pour ce, il créait dès sa sortie de l'organigramme blaugrana son propre parti politique, Solidaritat Catalana per la Independència. À sa tête, il se présente successivement aux élections parlementaires catalanes de 2010 et aux municipales barcelonaises de 2011. Tour à tour, il siège aux deux assemblées. Homme qui aime la lumière, il rabâche toujours le même message. Comme lors d'une interview qu'il nous concède à l'automne 2012 : « Je recommande aux Catalans le vote pour les partis politiques catalanistes, autrement dit pour le parti d'Artur Mas CIU et pour Jonqueras d'Izquierda Republicana. À mon avis, le président Mas doit devenir le leader de l'indépendance de la Catalogne. Et Jonqueras, avec son parti, doit donner son soutien et sa loyauté à Artur Mas.  » L'an dernier, il siffle la fin de son militantisme politique actif et retrouve son premier amour, le FC Barcelone.

Interrogé à la même époque par El Pais, Joan Laporta plaide déjà sa cause pour un retour aux affaires à la tête du club. Le tout sans jamais se citer : « Avec cette direction, l'équipe a continué de gagner, mais n'a jamais atteint le socio. Elle n'a pas défendu le club à des moments clés, comme lors des accusations de dopage. Elle a fait tout son possible pour mettre dehors Cruijff, pour que Guardiola s'en aille... Elle a une attitude d'enfant immature. Heureusement, il y a des gens qui voient plus loin que les titres, et pour cela il reste plus qu'un club.  » Un fin politique, donc, qui tape là où ça fait mal. Et qui avait déjà fait du FC Barcelone un militant de la cause catalane durant son premier mandat. Pour rappel, Laporta avait ainsi supprimé les drapeaux espagnols de la Masia et fait adhérer le club à la plate-forme de défense de l'Estatut, le statut d'autonomie de la Catalogne. Après avoir joui des flashs du monde politique et remplit son carnet d'adresses, il fait un come-back que tout le monde attendait. Et il faut bien l'avouer, la direction actuelle n'aurait pu être un meilleur allier.

Soupçons évaporés, contacts réactivés


Plus que le climat actuel propice aux indépendantistes, ce sont bien les nombreuses casseroles de la bande à Rosell qui offrent un boulevard à Joan Laporta. Niveau grain à moudre, cette direction a défrayé la chronique plus que de raison : transfert frauduleux de Neymar, démission dudit Sandro Rosell, Bartomeu président sans être élu, partenariat opaque avec le Qatar... Seule la ratification de la rénovation du Camp Nou par les socios a offert un peu de répit à Josep Bartomeu. Le reste ? Du pain béni pour Laporta. Toujours soutenu par sa sainteté Cruijff, il a réactivé son réseau. Entre un repas, qui a fait jacter, avec Jorge Mendes et un possible voyage dans le Golfe, les rumeurs ne manquent pas. Comme le feu vert de la justice : mis en cause par la direction actuelle pour une possible falsification des comptes lors de ses précédents mandats, il a été lavé de tout soupçon par les autorités compétentes espagnoles en octobre dernier. De quoi le voir bomber le torse et montrer ses muscles. Aujourd'hui donné favori pour les élections de 2016, il espère prendre au dépourvu Josep Bartomeu, « une marionnette aux mains de Rosell  » .

Par Robin Delorme, à Madrid
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