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Landry et Jorge, les amis coiffeurs des tignasses islandaises

Les Islandais ont des dégaines. Et les cheveux, il faut en prendre soin. Alors Landry et Jorge ont été recrutés pour s'occuper des crinières vikings avant France-Islande.

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L'Islande s'apprête à disputer le match le plus important de son existence. Alors comme pour un premier rencard avec la plus belle fille du bahut, les hommes de Lars Lagerbäck ont décidé de se faire tout beaux avant d'entrer dans l'enceinte dyonisienne dimanche soir. L'histoire ne débute pas dans le pays d'adoption de Bobby Fischer, mais... au Pays basque espagnol. En 2014, l'attaquant Alfred Finngobason évolue en Liga, plus précisément à la Real Sociedad. À l'époque, il est coiffé par Landry Agres, peluquero français installé à San Sebastián. Il explique : « Je le coiffais systématiquement. Il n'y avait pas que lui d'ailleurs. Je me suis aussi occupé d'Antoine Griezmann. » Le professionnel du cheveu et le professionnel du ballon sympathisent. Car malgré son bel accent du Sud-Ouest, Landry ne supporte pas Toulouse. Lui, c'est un fou de l'OM : « Je lui parlais beaucoup de Marseille et il pensait même que j'étais de là-bas, rigole-t-il. Il m'a même rappelé quand Michel est arrivé parce qu'il était intéressé par son profil. Alfred voulait en savoir plus sur le club. Finalement, ils ont préféré signer Steven Fletcher. »

Coup de fil pour coupes de cheveux


À l'approche des quarts de finale, la presse espagnole a relayé cette drôle d'aventure, d'autant que les Islandais sont devenus les coqueluches de l'Euro. Ce n'est pas la première fois de l'Euro que les Vikings font appel à Landry depuis le début de la compétition : « Je suis déjà venu faire une dizaine de coupes avant le match contre la Hongrie, à Marseille. J'en ai fait tant que j'ai pu (rires). Ils m'ont offert quatre billets pour le match et j'ai pu visiter le Vélodrome. J'ai adoré ça ! Et puis avec les clapping des deux virages qui se répondaient, ça faisait beaucoup de bruit » , s'enthousiasme-t-il. Fidèle en amitié, Landry a demandé à Jorge De Sancho, un collègue rencontré à Valencia, de l'accompagner dans sa mission capillaire. « En fait, j'ai vécu à Valencia, mais je voulais changer d'air, retrace le Français. J'ai habité dans de grandes villes comme Sydney, Barcelone ou Londres et je cherchais une ville plus petite. À côté de ça, je voulais fonder une famille et continuer le surf. J'ai déménagé à Donostia, mais j'ai toujours gardé le contact avec Jorge. Alors quand ils m'ont rappelé, je lui ai dit de monter avec moi. » Installé dans le quartier à la mode de Russafa, le salon de Jorge est un repaire des sportifs, notamment ceux du Valencia Basket. L'arrière... islandais Jon Stefansson est un habitué. « Samedi, nous sommes à leur camp de base, le rendez-vous est programmé à 19h, détaille l'Espagnol supporter du Real Madrid. J'ai dû m'organiser en vitesse, mais je n'ai pas hésité une seconde. Il ne me manque rien, même si ça a été difficile de trouver le billet d'avion et l'hébergement. Je suis fin prêt pour profiter de ce moment. »

Esthètes du style


Mais au fait : qu'est-ce qu'ils peuvent bien aimer comme coupes les Islandais ? « Un peu comme tout le monde au final, d'après Landry. Ce sont des coupes dégradées, avec les côtés très courts, long sur le dessus, des raies marquées, des graduations très fortes réalisées avec des tondeuses et des rasoirs. » Sérieux et méticuleux, Jorge a quant à lui profité de son voyage pour étudier les ganaches des joueurs, histoire de ne rien laisser au hasard. « Ils sont jeunes, donc ils voudront une coupe moderne pour avoir un look actuel. J'ai déjà demandé leurs goûts à Stefansson qui connaît quelques joueurs de la sélection. » Et quand on lui demande s'il serait prêt à faire des teintures dans le goût de celle du Croate Ivan Perišić, il grimace : « Si un joueur me le demande, je le ferai, bien sûr. Mais moi, je suis un styliste et j'aime le style. »

Leur mission accomplie, les deux amis s'installeront en tribunes, invités à nouveau par la Fédération islandaise. Si Jorge restera plutôt neutre, Landry espère malgré tout une victoire des Bleus : « Je dirais... 2-1... non plutôt 3-2, avec un doublé de Griezmann, un doublé de Finngobason et le but de la victoire de l'ancien Marseillais Dimitri Payet ! » Pour une place dans le dernier carré, seul le résultat comptera, même s'il est tiré par les cheveux. Et sinon, la cote est à combien pour un Islandais qui marque avec un ciseau ?

Propos recueillis par François-Miguel Boudet
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