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Lambourde : « Puyol est dans la bonne équipe au bon moment »

Latéral formé à Cannes, passé par Angers, Bordeaux puis Chelsea, Bernard Lambourde est un mec qui a titillé les sommets. Avec une apothéose au goût d’inachevé. Ce quart de finale disputé en 2000 face au grand Barça qui comptait dans ses rangs les Rivaldo, Kluivert et consorts. Au match aller, les Blues l’avaient emporté 3-1 à Stamford Bridge. Au retour, Guardiola, alors capitaine des Blaugranas, et les siens mènent 2-0 à la mi-temps. Chelsea est toujours qualifié. Lambourde entre après les citrons, à la 46ème. La suite, c’est lui qui la raconte…

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Quel est le premier souvenir que t’évoque cette rencontre ?
C’est avant tout un grand match qui restera gravé dans ma carrière de joueur. Rien que le match en lui–même, c’était quelque chose. L’intensité qu’il y avait dans le jeu. Le nombre de bons joueurs sur le terrain… C’est le plus gros match que j’ai disputé. Tout simplement.

Tu te souviens du match en lui-même ?
Oui, je m’en rappelle. C’était un match équilibré, jusqu’à la mi-temps. On est menés 2-0. J’étais remplaçant au début, Ferrer revenait de blessure, donc je rentre dès le début de la seconde période… Ensuite on marque par Tore André Flo, puis Dani marque de la tête pour le Barça : 3-1. Rivaldo manque un pénalty et on va en prolongation. Et la Babayaro se fait expulser (à la 98ème ndlr). On se retrouve donc à 10, Rivaldo marque pour le 4-1 puis Kluivert pour le 5-1.

Que pensais-tu Guardiola à l’époque ?
C’était le métronome du milieu de terrain. À côté, ils étaient pas mal non plus, les Cocu, Rivaldo, Figo… Barcelone individuellement parlant, ils ont toujours eu des équipes de fou et des mecs qui gardaient le ballon. Guardiola, c’était un peu la même chose que Xavi ou Iniesta même si eux, ils sont plus offensifs. Mais Pep Guardiola, il a marqué son époque. Ça a un peu commencé quand il y a avait Stoïchkov tout ça… C’était un mec dans cette équipe du Barça, c’était un pilier, un grand joueur de sa génération.

Tu penses que sa façon de manager le Barça correspond à sa façon de jouer sur le terrain ?
Sûrement. En tant que milieu de terrain, c’est vrai qu’il était surtout récupérateur, mais je pense qu’il avait une vision du football quand il jouait et il a quand même un peu gardé ça. Aujourd’hui, on voit des mecs qui gardent le ballon très très longtemps, qui la font courir, qui ne perdent pas de temps. Guardiola, il récupérait et il la donnait de suite comme on le voit aujourd’hui. On voit cette rapidité, cette fluidité de transmission. Comme quand il était joueur. Quand il récupérait c’était nickel, quand il donnait, c’était nickel.

Puyol, à l’époque, il avait le même statut que maintenant ?
Puyol, c’était et c’est toujours le besogneux qui se bat pour ses collègues, qui sonne la charge, qui va mettre un coup de casque. L’équipe en avait besoin. Il est à l’image de sa région, combattant. Il a grandi au club, il est à l’image du club. À un moment donné, quand tu es dans une équipe comme celle-là, qui représente ce qu’il représente pour le club... Même si par rapport aux autres il est peut-être moins technique. Puyol, c’est sûr que quand on le voit, on se dit: « Putain, il a fait cette carrière-là ! » . Lui, je pense qu’il est dans la bonne équipe au bon moment.

Si tu devais comparer le FC Barcelone des années 2000 avec celui qui explose l’Europe depuis 3 ans ?
Au niveau du talent, c’est kif-kif. Parce que les joueurs qu’il y avait à l’époque… Les Rivaldo, Kluivert… c’était des super joueurs ! Mais aujourd’hui, je pense que le football espagnol domine toute l’Europe parce qu’ils ont tout réinventé. Ils ont vu qu’il n’y a pas besoin de faire 1m90 pour bien jouer au football. La différence, elle se fait là. Ils ont réinventé un football où à force de se passer la balle, ils trouvent des failles. Ces trois dernières années, techniquement et en termes de collectif, c’est énorme. Et je te parle même pas de Messi... Parce que lui, il est en dehors du lot…

Tu pensais que Di Matteo, que tu as connu en tant que coéquipier à Chelsea, deviendrait entraîneur ?
Jamais. Je ne pensais pas. Après, c’était un mec intelligent au milieu de terrain. Un mec assez posé. Il allait au charbon. Mais je n’ai jamais pensé qu’il allait devenir entraîneur. Jamais. Roberto, il était très réfléchi, donc quelque part on aurait pu le penser. Mais je voyais plus des mecs comme Gustavo Poyet, Didier Deschamps ou même Mark Hugues, des mecs comme ça qui avaient ce recul-là. Roberto je ne voyais pas ça chez lui. Après, ce qu’il fait aujourd’hui, c’est très très bien.

Et Di Matteo (qui avait joué le match aller) comment était-il comme joueur ?
Euh… C’était un joueur assez puissant, combatif. On avait à cette époque-là des joueurs au milieu de terrain qui avaient beaucoup de finesse dans le jeu. On avait des Zola, des Petrescu, des Poyet. Ils savaient aussi aller au charbon, surtout Roberto. Il allait au duel, un mec costaud qui savait se placer. Assez technique aussi.

T’as retrouvé sa patte depuis qu’il a repris les Blues ?
Je l’ai vu sur le match aller, ouais. C’était une équipe très bien en place, super bien organisée. Qui allait vite vers l’avant. Alors oui, je reconnais là-dedans la patte de Roberto. L’échec de Villas Boas ? Peut-être que son âge y est pour quelque chose… Il avait quasi le même âge que certains joueurs donc c’était peut-être difficile pour lui de faire passer les choses. Il y a des équipes comme ça où il y a des ego et c’est difficile à gérer. On a des gars qui ronronnent comme des vieilles machines. C’est très difficile de leur faire changer leur manière de jouer. Di Matteo, il n’est pas si vieux non plus mais il a ramené cette fraîcheur qu’on ne trouvait plus à Chelsea depuis des mois. Ce plaisir de jouer qu’on ne voyait plus. Avant, on voyait des mecs qui se trainaient, qui mettaient trois heures à passer le ballon. Voilà il a ramené ce petit pep’s qui fait que les mecs se projettent vite vers l’avant.

Tu considères ce Chelsea-là plus ou moins fort que celui où tu évoluais auparavant ?
Moi je pensais que notre Chelsea était meilleur (Rires). Nous le seul problème qu’on a eu, c’est qu’on n’a pas gagné de titre. Parce qu’on avait des joueurs aussi talentueux que Chelsea actuellement. A chaque poste. Et contre le Chelsea d’aujourd’hui, oui, je pense qu’on gagnerait. De très très peu, mais on gagnerait.

Quelle tactique va employer Di Matteo ce soir ?
Il va peut-être bétonner. Comme à l’aller, resserrer les lignes. Etre hyper discipliné, boucher le moindre petit trou. Ça sert à rien qu’ils utilisent les côtés, sinon ils vont se faire trimballer. Il faut qu’ils soient compacts… Réduire au maximum les intervalles à l’intérieur du jeu. Roberto, il aime défendre mais il aime surtout aller vite vers l’avant. Je pense qu’au retour, ils vont faire comme à l’aller. Même si le terrain est grand. Malgré tout le Barça, derrière, ils sont trois. Si on arrive à trois devant cette défense, eh bien c’est plus pareil.

Pour terminer, quel est ton pronostic pour ce soir ?
Je ne sais pas. Je pense que Barcelone a une petite chance. Chelsea a le résultat avec lui. Mais je vois bien le Barça l’emporter. Combien ? 1 à 0, ça serait pas mal avec les prolongations après. Comme une petite revanche... (Rires). Je partirai là-dessus. Et en prolong’, tout est possible.

Propos recueillis par Dimitri Laurent
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CiscoLlacer Niveau : Loisir
"les Blues l’avaient emporté 3-1 à Stamford Bridge. Au retour, Guardiola, alors capitaine des blaugranas, et les siens mènent 2-0 à la mi-temps. Chelsea est toujours qualifié "

Non
jomigivemefive Niveau : District
Juste pour Puyol , ça suffit pas de dire qu'il était dans la 'bonne équipe au bon moment' : quand l'Espagne a battu l'Allemagne en demi en 2010 sa tête était aussi au bon endroit au bon moment ;-) , un peu de jalousie non ?
merci a la redac' j avais totalement oublie ce joueur ca rappelle des bons souvenirs!
une bien chouette interview, avec des réponses certes un peu partisane, mais assez "techniques".
A l'époque si, il me semble. Mais je vais vérifier.
Epictète Niveau : CFA
Franchement, j'ai entendu cent fois que Puyol était - en gros - un bûcheron de faible talent, et ça me choque à chaque fois !

OK, ses qualités principales sont l'énergie, la combativité, et bien-sûr son physique solide et puissant. Mais je trouve qu'il est loin d'être cul-de-jatte. Il est même plutôt techniquement sûr pour un défenseur, sans être Beckenbauer.Et oui, il en colle pas mal de la tête !

C'est tout ce que j'ai à dire sur Lambourde.
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