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Lambert, des betteraves à Wembley

Dimanche, Southampton affronte West Ham à St Mary's Stadium. À la pointe de leur attaque, les Saints pourront compter sur le meilleur buteur anglais de Premier League la saison dernière, Rickie Lambert. Lambert, c’est l’histoire d’un mec qui ramait entre la troisième et la quatrième division anglaise, bouffi par le McDo et ouvrier dans une usine de betteraves. Un mec qui cartonne désormais à Southampton. Un mec qui, surtout, vient de fêter sa troisième sélection avec l’Angleterre. Des betteraves à Wembley, il n’y a qu’un pas.

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Il y a un peu plus d'une semaine en Ukraine, l’Angleterre a obtenu le point qu’elle est venue chercher en vue de la qualification pour le Mondial 2014 (0-0). Ce soir-là, le trio offensif anglais est resté muet. À sa pointe, Rickie Lambert. Titulaire en l’absence de Rooney, Carroll, Welbeck et Sturridge, l’attaquant a fêté sa troisième sélection avec les Trois Lions. Une carrière internationale débutée il y a un mois, à 31 ans. Et dire qu’en 2011, il jouait encore en troisième division.

Betteraves et hamburgers

La carrière de Rickie Lambert doit donner des idées à tous ceux qui rament en CFA, entre entraînements à 21 heures et travail à la mairie pour payer les factures et la bouffe. Recalé du centre de formation de Liverpool à 15 ans, il fait le yo-yo entre la troisième et la quatrième division anglaise. Blackpool, Macclesfield, Stockport, Rochdale… Sa carrière est au point mort. Sans club début 2001, il troque ses crampons contre une tenue d’ouvrier dans une usine de conditionnement de betteraves, pour un salaire journalier de vingt-trois euros. Une activité qu’il poursuit même après avoir retrouvé un club, Macclesfield ne lui offrant que deux cent cinquante euros par mois en frais de déplacement. « Ça m’a permis de réaliser que ça ne se fait pas tout seul. Si tu ne donnes pas ton maximum, tu peux dire adieu à tes rêves » , philosophera-t-il quelques années plus tard sur la BBC.

La galère dure une dizaine d’années. Fan des hamburgers du McDo qu’il ingurgite avant et après les matchs, Lambert se dirige vers une fin de carrière dans l’anonymat le plus complet, avec Ronald comme seul compagnon d’infortune. Mais en 2008, il est repéré par les dirigeants de Southampton. Cette année-là, il inscrit vingt-neuf buts à Bristol et devient le meilleur buteur de la troisième division anglaise. Un titre qu’il remporte de nouveau la saison suivante, sous le maillot des Saints. C’est à Southampton qu’il prend conscience de ses responsabilités en tant que footballeur professionnel et de la nécessité d’avoir une bonne hygiène de vie. Un « coup de pied au cul » dont il avait bien besoin, comme il l’explique à la BBC.

Moins de kilos, plus de buts

Moins de Big Mac, plus d’entraînement, le résultat est immédiat : Lambert perd sept kilos et gagne en variété dans son jeu. Toujours aussi à l’aise dans les airs et intéressant dans un rôle de pivot, il est également très précis face au gardien. « Lambert est aussi bon que tous les attaquants anglais de Premier League, assure Dave Merrington, ancien coach des Saints, à la BBC. Il peut donner de bons ballons, il travaille dos au but comme personne. Et surtout, il marque des buts. » Des buts qui font de lui un des éléments phares des montées successives de Southampton en Championship, puis en Premier League, en 2011 et en 2012. En pleine confiance, Lambert fait tout de suite taire ceux qui doutaient de sa capacité à jouer dans l’élite anglaise en inscrivant un but dès son premier match, à peine cinq minutes après son entrée en jeu. Il marquera finalement quinze buts, terminant ainsi septième meilleur buteur du championnat, et premier Anglais.

En août, c’est la consécration. Roy Hodgson, qui l’avait déjà repéré lorsqu’il évoluait à Bristol, l’appelle en sélection pour le match amical face à l’Écosse. « C’est un joueur qui est arrivé par la petite porte. Je crois qu’un homme comme Rickie Lambert, qui a vraiment travaillé dur pour prouver sa valeur au fil des années, mérite cette ascension » , se justifiera le sélectionneur anglais. Remplaçant au coup d’envoi, Lambert inscrit le but de la victoire (3-2) de la tête à la 70e minute, soit moins de trois minutes après son entrée en jeu. Le coup d’un soir ? Pas vraiment. Trois semaines plus tard, il récidive en marquant un but et en délivrant deux passes décisives pour Welbeck contre la Moldavie (4-0). Sa prestation lui vaudra d’ailleurs l’ovation de Wembley. « C’est bien de montrer aux jeunes qu’il ne faut jamais lâcher. Et que tout peut arriver » , confie-t-il après la rencontre. True story.

Par Quentin Moynet
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germainalesida Niveau : District
comme quoi même gignac peut s' en sortir...
un big mac mon gros?
leopold-saroyan Niveau : Ligue 1
Note : 3
Ses anciens potes à l'usine doivent halluciner tout de même.

Aujourd'hui son ancien casier tapissé de photos de cul doit être une vraie relique !
Note : 2
Une histoire a la Steve Savidan , qui récoltait les poubelles tot le matin encore pour finir footballeur pro sur le tard !
Qui lui d'ailleurs avait aussi connut une sélection , aventure assez similaire entre les deux hormis l’arrêt de carrière subitement de Steve .

Le style de joueurs moins doué techniquement , mais qui pour compenser ont du travailler plus !
Eclore plus tardivement , mais hors du carcan du footballeur qui se fait pas violence sur un terrain , car pas pré-formaté par le milieu pro !

PS : A quand un article sur les descendants de Huguenot en Angleterre ayant ou étant footballeur ??
Note : 3
c´est le monde à lambert
Ca va dur pour lui et ses potes de jouer dimanche à West Ham sachant qu'ils jouent aujourd'hui samedi à Liverpool..
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