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Lacemon, le prix de l’oubli

C’était en mai dernier. Un matin où des agents de la BAC de Marseille avaient débarqué chez Georges-Kévin Nkoudou après avoir été alertés par des voisins qui pensaient à une prise d’otage à son domicile. En réalité, l’histoire raconte une méprise, un récit déformé par de nombreux médias et la carrière d’un jeune footballeur brisé : celle de Loris Lacemon.

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Google, sept lettres. Derrière : des séries d’articles, les mêmes noms, le même récit. Au volant d’une voiture qui mène sur une longue route conduisant à une résidence de Soisy-sous-Montmorency (Val-d’Oise), Odile détaille le prix de l’oubli. « J’ai demandé un devis pour nettoyer la "e-Réputation" de mon fils. Ils m’ont demandé plus de 17 000 euros. » Le combat dure depuis maintenant plusieurs semaines, plusieurs mois. Un peu moins de sept pour être exact. Que s’est-il passé depuis ? Rien, ou pas grand-chose. Il y a eu le silence et des rendez-vous manqués. Avec Strasbourg, avec Rennes, mais aussi avec d’autres. À chaque fois, la même raison : « Les clubs ont déjà des problèmes, ils ne veulent pas s’en rajouter. » C’est ce que n’a jamais entendu Loris Lacemon, mais c’est ce qu’il a rapidement compris. « On ne me l’a jamais dit directement, mais je l’ai appris en discutant avec des agents. J’aime le foot, j’ai toujours aimé ça. Aujourd’hui, c’est ce que j’essaye de faire, mais ce n’est pas toujours facile. Alors, je m’entraîne avec une équipe de CFA 2, pour garder la forme en cas d’essai. » Loris Lacemon est l’histoire d’une matinée qui a dérapé loin de la vérité, qui a été déformée, mais qui lui a jusqu’ici coûté une grande partie de la carrière qui lui était promise. Pour comprendre, il faut donc revenir à ce matin de mai. 7h30, le quartier Saint-Anne, huitième arrondissement de Marseille.

La source, les portes et la méprise


Au départ, ce n’était qu’une soirée comme une autre. Loris Lacemon est descendu à Marseille, histoire de retrouver son pote du centre de formation : Georges-Kévin Nkoudou, dont la saison avec l’OM s’est terminée une semaine plus tôt au Stade de France par une finale de Coupe perdue contre le PSG (2-4). Nkoudou et Lacemon se sont rencontrés à Nantes : « Depuis cette période, on a toujours été ensemble. Quand on vivait à Nantes, on allait en ville ensemble et on était toujours l’un chez l’autre quand on a pris nos appartements. Maintenant, quand j’ai un week-end de libre, je vais le voir à Londres. C’était pareil quand il jouait à Marseille. » Celui qui cavale alors pour la réserve du FC Nantes avec un contrat de stagiaire pro raconte la suite : « Un jour, comme ça, on n’avait pas dormi. J’étais chez Georges-Kévin avec un autre ami commun. La veille, on avait acheté des pistolets à billes juste pour s’amuser entre nous à la maison. Le matin, tout était fermé, les volets, tout. Avec mon pote, on est alors partis chercher les pistolets sur une table qui était à l’extérieur. On a joué à l’intérieur, c’étaient les vacances et il était 7h du matin. Vers 7h30, Georges-Kévin est sorti de la maison. Et là : sur le toit, il y avait des policiers. Ils lui ont dit de se mettre à terre. Je suis sorti juste après et pareil, sauf que j’avais l’une des armes factices dans les mains. J’ai jeté mon arme, je me suis mis au sol. Pareil pour mon pote. Ils nous ont mis les menottes, étaient au moins quinze et avaient cassé les portes d’entrée. »


Direction le commissariat. La raison de ce bordel ? Des voisins qui ont cru à une prise d’otages chez le joueur de l’OM. Georges-Kévin Nkoudou est alors rapidement libéré après sa déposition, son pote aussi. Loris Lacemon, lui, est placé en garde à vue et est emmené dans un autre commissariat. « On m’a expliqué que j’avais pointé mon arme sur l’un des policiers quand je l’ai vu. Pour me laisser sortir, il fallait que les autres ramènent les factures. Sauf que je n’ai jamais pointé l’arme sur personne, il y a les vidéos de sécurité de chez Georges-Kévin pour le prouver. Après... » C’est justement l’après qui pose question. Car dès la sortie du commissariat, Loris Lacemon voit les nombreux appels sur son téléphone, d’amis, de la mère de Nkoudou, de l’agent du joueur. Tout le monde veut comprendre ce qu’il s’est passé parce que tout le monde sait déjà. Comment ? Il est 11h du matin et l’information a déjà circulé sur l’ensemble des médias sportifs. La source de l’info ne peut venir que du commissariat et voilà comment la vie d’un jeune footballeur innocent a vrillé.

« À la place d’un président, j’aurais réagi pareil »


Cette histoire date du 28 mai dernier. Entre-temps, Lacemon a quitté le FC Nantes après s’être expliqué avec le président Kita. « En sortant du commissariat, le responsable du recrutement m’a appelé. Au club, tout le monde avait déjà vu l’affaire. Il m’a dit d’appeler le président pour lui expliquer l’histoire. Il était sur message, donc je lui ai envoyé un long message. Pour l’image du club, c’était mauvais, mais il a été compréhensif. Je sais que quand on fait du foot, il faut faire attention. Je pense qu’à la place d’un président, j’aurais réagi pareil » , raconte-t-il sous son maillot de Jordan. Le jeune homme est depuis rentré chez lui et doit faire face à la réputation que lui a créée l’affaire.

Son entourage et les vidéos de surveillance savent qu’il n’est pas coupable. Les clubs, eux, ne veulent pas voir leur nom collé à un homme dont les recherches associées sur internet parlent de « soirée qui dérape  » , d’un jeune qui «  rameute la police » . Alors, il tente de se reconstruire seul, tue ses journées à faire du sport. Il a pensé un moment arrêter le foot. Sa mère n’a pas voulu le lâcher. C’est aussi son combat, celle d’une époque et d’une innocence non respectée autour d’un « délire entre potes » . Reste une trace à effacer et des portes sportives à rouvrir.

Par Maxime Brigand, à Soisy-sous-Montmorency. Tous propos recueillis par MB.
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