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Les sifflets de la honte

Mercredi soir lors de la victoire face à Nancy (4-0), lors de son remplacement en cours de jeu par Jordan Ferri, Alexandre Lacazette a été sifflé et chahuté par ses propres supporters, mécontents des velléités de départ exprimées par le joueur. Une attitude honteuse d’une partie du public qui a, selon les mots de Jean-Michel Aulas, « détruit psychologiquement » le joueur.

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Tête baissée, les yeux fixés sur ses gants qu’il enlève mollement, Alexandre Lacazette, l’air dépité, avance à pas lents vers son banc de touche. Nous sommes à la 76e minute du match entre l’OL et Nancy, mercredi soir, et l’attaquant lyonnais a la mine des mauvais jours. Une défaite en cours ? Pas vraiment, les Gones mènent de quatre buts dans cette fin de rencontre. Une piteuse prestation personnelle ? Pas du tout, Lacaz’ a claqué un pion et régalé une passe décisive. Non, les raisons de cette moue triste et marquée se trouvent en tribunes, d’où émanent les sifflets couvrant sa sortie. Des sifflets expectorés par ses propres supporters. En même temps, Alex pouvait s’y attendre, quelques minutes auparavant, déjà, ce même public à la mémoire courte avait annoncé la couleur en déployant une banderole qui ne visait que lui : « Avant de parler de vos envies d’ailleurs, faites gagner votre club formateur. » Son tort ? Avoir exprimé, dans une interview accordée au Canal Football Club en marge du derby, son envie de découvrir autre chose à la fin de la saison. Un manque de respect ? Absolument pas. Une erreur de timing, à la limite. Mais avant tout, une évidence.

Une attitude irréprochable


« Je pense qu'il est arrivé, le bon moment. Je pense que cet été, ce sera le moment où il faudra changer d'air et découvrir autre chose, toujours dans l'idée d'avancer et de progresser footballistiquement et humainement. Je vais continuer à travailler encore, en espérant qu'il y ait de belles opportunités qui arrivent cet été. » Ces propos, tenus par Alexandre Lacazette, ont été diffusés par Canal + peu de temps avant la rencontre face à Saint-Étienne, dimanche soir. Pas vraiment du goût des supporters qui souhaitaient alors voir dans leur effectif des joueurs uniquement focalisés sur un objectif : gagner le derby. Rien d’autre. Logique, finalement. Sauf que les deux choses ne sont pas antipodiques. Loin de là, même. La prestation de Lacazette sur la pelouse de Geoffroy-Guichard l’a d’ailleurs prouvé. Seul joueur à surnager au sein d’une équipe totalement dépassée en terre stéphanoise, le meilleur buteur du club a tout donné, se démenant sans relâche sur le front de l’attaque. Un homme qui a «  sorti ses couilles  » pour reprendre l’expression visiblement chère aux supporters rhodaniens. Surtout qu’en plus de ses parties intimes, Lacaz a également sorti son cerveau, contrairement à certains de ses coéquipiers, en allant, par deux fois, calmer les situations houleuses qui ont entaché la fin de rencontre. Pourquoi lui reprocher cela, alors ? Pourquoi mettre en parallèle une déroute collective et des déclarations n’ayant eu aucune conséquence sur le jeu du bonhomme ? Par bêtise, un peu. Et par oubli, surtout.

Des buts en pagaille


Depuis trois ans, s’il y a un joueur à qui il est difficile de reprocher quelque chose, c’est bien lui. Irréprochable dans l’attitude, envers ses coéquipiers comme ses adversaires, jamais irrespectueux dans ses déclarations, toujours concerné et déterminé sur la pelouse, il faudrait entreprendre un véritable travail spéléologique pour trouver trace d’une tare professionnelle chez Alexandre Lacazette. Les blessures, chose qu’il ne maîtrise pas vraiment, sont les seuls éléments de frustration le concernant. Et pourtant, malgré ça, il demeure l’un des attaquants les plus prolifiques du championnat de France. Mieux, avec désormais 114 buts sous le maillot lyonnais, le gars pointe à la quatrième place des meilleurs buteurs de l’histoire du club. Un total atteint en six saisons et demie de professionnalisme. Un ratio encore plus impressionnant quand on regarde les statistiques de ceux qui le devancent : Fleury Di Nallo, 222 buts en quatorze ans ; Bernard Lacombe, 149 buts en neuf ans et Serge Chiesa, 133 buts en quatorze ans. Surtout qu’en fin de compte, Lacazette aura passé ses trois premières saisons sur le banc ou sur l’aile, loin de l’axe qu’il chérit tant. S’il a commencé à se recentrer lors de la saison 2013-2014, ce n’est qu’en 2014, après le départ de Gomis, que le garçon est devenu l’avant-centre à plein temps de l’équipe. Résultat : 27 pions en Ligue 1, du jamais-vu pour un joueur de l’OL, et un trophée de meilleur joueur du championnat. Et il ne s’est pas arrêté là, puisque après ses 21 buts de la saison dernière, Alex, qui en est à 19 pour l’exercice en cours, est en passe de devenir le premier joueur du club à dépasser la barre des vingt buts lors de trois saisons consécutives. Et s’il fallait encore rajouter quelque chose, l'attaquant a égalé, l’année dernière, le record du nombre de buts sur une année civile (28) détenu jusque-là par Jean-Pierre Papin depuis 1991. Une putain de machine.

L’heure de dire au revoir


Des statistiques hallucinantes qui font office de réponse cinglante à la banderole aperçue dans les travées du Parc OL. Car faire gagner son club formateur, en fait, c’est ce qu’il fait depuis trois ans. Ni plus ni moins. Et si le club a retrouvé la Ligue des champions en finissant deux fois de suite sur la seconde marche du podium, derrière le PSG, il en est l’un des principaux responsables. Alors à vingt-cinq ans bien tassés, quoi de plus logique que de vouloir aller voir ailleurs. Découvrir un nouveau championnat. Se tester à un autre niveau. Même le président Jean-Michel Aulas semble le comprendre. D’ailleurs, les supporters devraient se féliciter de ne pas l’avoir vu céder plus tôt aux sirènes de l’étranger, comme tant d’autres avant lui. Car ils sont nombreux, les anciens joueurs du club, à être portés au pinacle par les supporters lyonnais sans avoir autant et aussi longtemps donné qu’Alexandre. À la fin de la saison, Lacazette aura vingt-six ans et sept saisons passées au club. Le moment sera venu de partir, clairement. Pour lui, mais aussi pour l’intérêt financier du club. Et au moment de faire ses adieux, contrairement à mercredi, il devra partir la tête haute. Et sous une pluie d’applaudissements.

Par Gaspard Manet
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