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La zone Euro

Lobbyistes, attachés parlementaires, fonctionnaires et même commissaires... Le personnel des institutions européennes s'affronte toute l'année à Bruxelles pour essayer d'empocher l'Euro.

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« T'es français ? Ça te dirait de jouer en équipe de France ? » Lorsqu'on lui a proposé de rejoindre les Bleus en 2009 alors qu'il tapait un foot sur la pelouse du parc du Cinquantenaire de Bruxelles avec des inconnus, Yves Le Goff a pensé de prime abord que les gars qu'il avait rencontrés en lendemain de cuite se payaient sa tête. «  J'ai cru que c'était une caméra cachée » , avoue-t-il aujourd'hui en se marrant. La proposition émanait d'un membre de l'équipe de France des institutions européennes (EFIE). À 35 piges, genouillère sur les deux rotules et adepte des bons vieux pointus, Yves porte fièrement le (faux) maillot bleu d'une team dont il est devenu l'un des piliers. « L'idée, c'était d'avoir une famille française ici en Belgique. Dès le début, on a eu des gars qui venaient de Bretagne, de Nancy, des Marseillais, des gens de banlieue parisienne, il y avait un peu de tout » , assure Raphaël Delarue, 41 ans, président d'honneur d'EFIE et chef de bureau du député européen social-démocrate Eric Andrieu.


Chaque année depuis 2007, l'équipe de France participe avec les autres pays européens à la BXL Euroleague, un championnat de foot destiné à la base au personnel des institutions européennes, à savoir des fonctionnaires de la Commission européenne, des attachés parlementaires, des interprètes ou encore des lobbyistes. Un bon moyen aussi de faire du networking ? « Il n'y a jamais eu d'histoires du genre : "Je vais t'aider à faire du lobbying vu qu'on joue ensemble." Après, je voulais qu'il y ait une solidarité aussi dans l'équipe pour plein de trucs. Que ce soit un cadeau pour un mariage ou une naissance, mais aussi pour trouver du boulot. Ça, c'est arrivé, oui. On essaye de s'entraider un petit peu et je pense que c'est pareil dans les autres équipes » , explique Raphaël, qui a lancé le tournoi avec trois collègues.

De plus en plus pro


Lors de la genèse du championnat, il n'y avait à la base que quatre équipes : la France, Chypre, la Finlande et la Slovénie. Comme l'Union européenne, le tournoi s'est rapidement élargi. Dès la première année, l'Italie, le Portugal, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont adhéré au projet, et cette saison, vingt et une équipes se disputent le titre. Dans la même veine, petit à petit, le recrutement des joueurs s'est fait hors du sérail européen. « On est de moins en moins » , confirme Rodolphe, ancien attaché parlementaire et désormais membre d'un cabinet de consultants. Certaines équipes ont une grosse communauté à Bruxelles. Les Polonais, les Roumains, les Bulgares, les Portugais, ils font venir des potes qui sont bons et qui ne bossent pas forcément dans les institutions. D'autres, comme les Danois, arrivent avec leur ordi en sortant du boulot. C'est un peu le choc des cultures. » Bodgan Dumitru, capitaine de l'équipe roumaine et qui travaille à la Commission, confirme ces dires : « Quand je suis arrivé, la moitié de l'équipe travaillait dans les institutions, désormais, nous sommes deux ou trois maximum à bosser ici. »


En s'ouvrant, la compétition voit aussi son niveau se hisser d'un cran. Alors que la BXL Euroleague était à la base un tournoi de bras cassés avec des mecs qui arrivaient parfois le dimanche matin bien attaqués, la compétition s'est depuis « professionnalisée » . Parmi les ténors, ce sont d'ailleurs les Roumains qui sont les plus forts. Double championne en titre, la patrie de Gheorghe Hagi a soulevé la coupe à cinq reprises et semble bien partie cette année pour la garder : onze victoires et deux nuls en treize rencontres. Bogdán a été formé dans un club roumain de première division et taquine donc plus que bien le ballon. «  Ma vie a pris un chemin différent qui a fait que je n'ai pas fait du football mon métier. Dans l'équipe, on a cinq ou six joueurs qui savent vraiment bien jouer au foot et on évolue ensemble pour certains depuis 2009, on a créé des automatismes, on a de l'expérience, on adore avoir la possession. »

Les Bleus dans le ventre mou


Du côté des Bleus, c'est plus compliqué. L'an passé, la sélection française a terminé 17e de la saison régulière. Cette année, les résultats sont meilleurs. Les Bleus sont dans le milieu de tableau et espèrent décrocher les playoffs. « On a un nouveau coach. Il organise des entraînements, on suit bien les consignes, il y a une vraie rigueur et je pense qu'on a aujourd'hui un niveau correct » , estime Guillaume, Grenoblois d'origine, sur le chemin du terrain. Karl, le coach, embraye devant son banc de touche. « On n'a pas toujours surfé sur les bons résultats. On a connu une crise d'identité. Soit on la joue sympa, mais ça ne marche pas. Soit on la joue sérieux et on essaye d'avoir des résultats. »

Dans la ligue, du coup, ça joue un peu plus la gagne, et l'état d'esprit s'en ressent. Il y a pourtant un classement du fair-play censé calmer les esprits sur le terrain, mais certaines équipes se sont ainsi déjà mises sur la tronche. « Le fair-play commence à être moins présent. Les Belges sont cool, les Roumains sont virils, mais corrects. Les Italiens, c'est déjà parti en couilles. » Raphaël se souvient s'être un jour embrouillé avec un commissaire européen finlandais au budget : « Il avait 55 ans et nous avait mis un coup franc en pleine lucarne. Sur une autre action, je lui ai mis un gros tacle. Il s'était énervé, je lui avais répondu du tac au tac et on avait commencé à s'insulter. Je m'étais dit après : "Bon quand même, tu ne vas pas te battre avec le commissaire européen." »

« Utopiques par rapport aux règles de l'Union »


Ce mercredi 14 mars 2018, l'équipe de France affronte l'Allemagne. Dans les rangs de la Mannschaft, ça parle aussi bien allemand que français. Le règlement de la compétition confirme qu'une équipe doit compter au moins la moitié des joueurs nationaux plus un élément. En clair, s'il y a quinze joueurs sur la feuille de match, les Bleus peuvent évoluer avec huit Français et sept étrangers. « Pour les petits Lettons, les Autrichiens, les Lituaniens, c'est compliqué de trouver onze joueurs pour former une équipe. Notre système de naturalisation est plus avancé que les règles européennes. Peut-être qu'on est utopiques par rapport à celles de l'Union » , se demande Yves.


Les joueurs étrangers qui ont évolué au moins cinq matchs pendant trois saisons pour la même nation peuvent ainsi être considérés comme des nationaux. L'équipe de France a eu des Italiens et compte aujourd'hui un Brésilien, un Belge, et James Taylor, un Britannique qui a longtemps coaché l'équipe. « La seule condition quand je suis entré dans le groupe, c'était de ne pas chanter la Marseillaise. Toutes les équipes ont des étrangers, Bruxelles, c'est comme ça » , assure le Britannique dans un excellent français. C'est ainsi que l'Autriche joue avec de nombreux Hongrois et que plusieurs Grecs enfilent le maillot chypriote. Une parade a également été prévue pour permettre la fusion de plusieurs pays et ainsi faire renaître du même coup d'anciens États disparus comme la Tchécoslovaquie. D'autres ont même déjà rejoint l'Union européenne du foot avant l'adhésion officielle de leur patrie. La Turquie, par exemple, est autorisée depuis 2013 à avoir sa place sur les terrains verts de l'Union européenne, alors que le pays n'a toujours pas gagné ses galons de titulaire dans les buildings en verre.

Par Jacques Besnard
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