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La Vinotinto malgré tout

Bons derniers des qualifications pour la Coupe du monde 2018 en Russie, les Vénézuéliens partent à la Copa América Centenario le cœur lourd. Leur pays est embourbé dans une crise politique et économique majeure qui coûte des vies à des dizaines de personnes chaque jour.

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Ce devrait être une grande fête. Les supporters devraient affluer par centaines dans les fan zones, boire des litres de bière ou d’autres boissons euphorisantes et chanter à s’en casser les cordes vocales. Mais tout sera un petit peu différent pour les supporters de la Vinotinto. La tête n’est pas à la fête, et le football ne servira cette fois-ci pas de pansement pour les citoyens d’un pays qui souffre. Même si l’équipe nationale réalise un beau parcours - ce qui est peu probable - ils seront peu à vouloir, à pouvoir célébrer. Depuis le mois de décembre et la victoire de l’opposition aux élections législatives, le Venezuela traverse une crise politique majeure. Comme si cela ne suffisait pas, la chute des cours du pétrole - première ressource du pays - et une politique monétaire dangereuse mettent le pays à feu et à sang. À Caracas, le président Nicolas Maduro n’entend pas bouger d’un poil sa politique isolationniste malgré les manifestations quotidiennes d’une grande partie de la population. Dans ces circonstances, il est logique que le football passe au second plan. Mais pas forcément les footballeurs, qui ont eux une carte à jouer.

Aurélien Collin, Vénézuélien adoptif


Né en France mais marié à une Vénézuélienne, le défenseur des New-York Red Bulls Aurélien Collin a manifesté à plusieurs reprises son envie d’évoluer pour un pays qui lui colle à la peau. « Moi, je suis marié avec une femme du Venezuela. Depuis six ans, je vais là-bas régulièrement et comme on dit, j’ai adopté le Venezuela, et le Venezuela m’a adopté. C’est un pays qui est magnifique. C’est un des plus beaux pays au monde » , assure-t-il. Sur les réseaux sociaux, on le voit d’ailleurs souvent avec deux drapeaux dans les mains : celui de la France et celui du Venezuela. Conscient de la gravité de la situation dans le pays d’Amérique du Sud, Aurélien et sa femme voient d’un mauvais œil les actions du gouvernement en place. « La situation politique y est très très compliquée. Moi, j’essaye de l’aider du mieux que je peux. Quand tu vois un pays avec autant de réserves naturelles, autant de merveilles, qui véhicule une telle chaleur humaine se faire détruire par des gouvernements comme ça, ça fait mal » , explique-t-il avant de poursuivre sur l’explication détaillée de la crise que subit actuellement le pays.


Depuis les élections législatives de décembre dernier remportées par l’opposition - une première depuis 1999 -, le blocage institutionnel est complet. Le président Maduro refuse d’écouter l’opposition, à tel point que cette dernière est en train d’essayer d’organiser un référendum pour le destituer d’ici à la fin de l’année. Pendant ce temps-là, des milliers de gens meurent de faim dans les rues de Caracas et d’ailleurs. « Il faut se rendre compte de la situation là-bas. Il n’y a plus de médicaments, plus de nourriture, les gens meurent de faim. Chaque jour des gens manifestent, chaque jour des gens meurent. Aujourd’hui, il faut prier pour eux » , explique Aurélien. Longtemps passée sous silence, la situation de crise au Venezuela commence aujourd’hui à être massivement partagée par les médias du monde entier. Plusieurs pays prennent actuellement d’importantes décisions à l’encontre du président Maduro. Économiquement, beaucoup d’entreprises commencent également à agir. C’est notamment le cas de plusieurs compagnies aériennes qui ont d’ores et déjà suspendu leurs vols vers Caracas. Un blocus qui se poursuivra tant que le président Maduro n’aura pas abandonné sa politique isolationniste (qui se traduit par exemple par un taux de change démesuré pour le bolivar).

Jouer oui, soutenir jamais


Jour après jour, Aurélien suit donc les journées de manifestation et tente d’informer le plus de monde possible de la situation qui touche le pays : « J’essaye aussi de parler le plus possible de la situation. Je suis très ouvert à chaque interview. Je voudrais faire plus. C’est une petite graine, je le sais. Mais je n’ai pas beaucoup de pouvoir. Récemment, le compte Twitter du président Nicolas Maduro m’a bloqué. » Cette semaine, la police nationale a par exemple entrepris de réquisitionner dans les supermarchés certains produits pour les distribuer via un comité d’approvisionnement. Une situation qui ne peut pas rester cachée du grand public. « Le problème aujourd’hui, c’est que le gouvernement du Venezuela veut étouffer et renfermer son pays. C’est pour ça qu’il faut en parler le plus possible. Il faut ouvrir ses frontières, même si le gouvernement ne le veut pas. Ça fait des années que c’est une catastrophe. Ma famille me dit qu’en France, on commence à en parler, c’est bien » , poursuit le défenseur. D’autant plus que d’après lui, il était grand temps que les médias s’emparent de la situation politique du Venezuela : « J’ai déjà lu des éloges à Hugo Chávez. Je rentrais en France et les gens me disaient : "Ouais Chávez, c’est un bon alors ?" Moi, quand j’allais là-bas, c’était déjà le bazar. »

Pour le moment, Aurélien Collin ne sait pas exactement quand il recevra son passeport, ni même s’il le recevra un jour. « Ça fait plusieurs années déjà que je manifeste mon désir de jouer pour la sélection, mais ce n’est pas simple. J’ai tous les papiers requis pour être citoyen du pays, mais je n’ai pas encore le passeport physique. Je suis en contact avec beaucoup de personnes de la ligue, des ex-joueurs de là-bas. Quand j’étais petit, je jouais avec Juan Arango à Majorque » , précise-t-il. Quoi qu’il arrive, le défenseur de New-York s’accroche et espère jouer un jour pour la Vinotinto ( « le vin rouge, un surnom qui me va bien » ). Mais pas à n’importe quel prix. « On va voir dans les semaines à venir ce qui va se passer. Je ne sais pas si les procédures peuvent être ralenties ou empêchées par les autorités. Mais moi, si on me demande de soutenir le gouvernement pour pouvoir jouer pour le Venezuela, je refuse. Jamais de la vie. »

Par Gabriel Cnudde
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"si on me demande de soutenir le gouvernement pour pouvoir jouer pour le Venezuela, je refuse. Jamais de la vie"

Heureusement qu'ils sont là, les artistes et leur conscience, pour venir contrebalancer les politiques, de par leur influence, leurs relations, leur argent et faire un peu bouger les choses. Après tout, si on regarde l'histoire, les gouvernements apportent rarement le progrès social, au contraire des écrivains, peintres, sportifs, etc. Ces gens ont une vraie responsabilité.

Sinon, qu'est-ce que c'est étrange de voir le Venezuela sombrer dans la crise politique, alors même que son voisin, la Colombie, commence à devenir un pays "propre". L'Amérique latine ressemble à un laboratoire d'expérimentation de formes d'état et de régimes politiques depuis 60 ans. Niveau instabilité politique, ils peuvent presque aller chatouiller l'Afrique, après niveau discorde, même si le challenge est bien de trop grand, je reste inquiet...
100% Jésus II Niveau : District
La nouvelle Constitution instaurée par Chavez prévoit cette procédure de rappel par référendum à mi-mandat. Maduro a intérêt à serrer les fesses jusqu'à 2017. Si il tient jusque là, il pourra se barrer après avoir nommé le vice-président de son choix et le parti socialiste restera au pouvoir. Si l'opposition obtient son référendum en 2016, y'aura de nouvelles élections et ça sera sûrement la fin du chavisme.

La chute du prix du baril aggrave tout, mais des pénuries il y en avait déjà avant, quand les cours étaient au plus haut. Ce qui est sûr c'est que l'argent du pétrole a été mal utilisé, dilapidé dans des missions sociales ou direct dans la poche... La corruption et l'évasion fiscale sont de gros problèmes au Venezuela, pays le plus cité des les Panama Papers je crois. Ajoutez à ç
100% Jésus II Niveau : District
Une sacré merde le Venezuela en ce moment... Entre les politiques sociales et économiques intenables de ces dernières années, la corruption, l'évasion fiscale, puis la chute du prix du baril, l'explosion du marché noir, l'hyperinflation... Et puis les pénuries. Le PQ ou les couches ça va tu peux faire sans pendant un moment, mais quand il y a pénurie de bouffe, d'eau, de médicaments, d'électricité (à cause de sécheresses, le pays tournant en partie grâce à l’hydroélectricité), et que la plupart des médecins cubains font tout pour fuir le pays... bah dans les hôpitaux c'est vraiment la merde là.

Après, Sofoot n'en parle pas mais certaines franges de l'opposition, qui regroupe les anciennes élites du Venezuela pre-chavismo, livre une guerre économique au gouvernement depuis des années, avec l'appuie notamment de certains milieux néolibéraux aux Etats-Unis. Je suis pas spécialement pro ou anti Chavismo mais ça me semble assez évident. C'était déjà le cas en 2002 lors de la tentative de coup d'état contre Chavez.
100% Jésus II Niveau : District
Me suis un peu chié du coup... désolé.
Quel article orienté!

So Foot c'est le libéralisme à tout crin! Avec une petite pointe d'humour bidon pour accrocher les jeunes et faire branché.

L'esprit Cacanal sur papier glacé.

Une machine à décérébrer les footeux déjà pas gâtés par la nature.
pour en revenir au foot, ils avaient été bons y a quelques années à la Copa América... Et là ils ont quand même deux très bons avec Rondón et le petit Adalberto Peñaranda qui joue déjà à Grenade à 19 ans.
Il Ragno Nero Niveau : CFA2
Le défenseur des Red Bulls de New York s'inquiète de la situation au Venezuela. Après avoir lu le bréviaire de sa compagne, qui n'a pas l'air d'avoir grandi dans les quartiers pauvres de Caracas...

Voilà, voilà.

Sinon, il peut ouvrir le Monde Diplomatique pour s'informer un peu mieux, et aller toquer à quelques portes du côté de Washington pour demander des explications, puisqu'il est aux USA.

Ch
Il Ragno Nero Niveau : CFA2
Chavez, Maduro et les gens qui bossent avec eux sont loin d'être parfaits, mais leur politique est assez clairement à destination du peuple.

S'il y a des pénuries, outre la situation climatique et le cours du pétrole, il faut se pencher sérieusement sur ceux qui ont encore les moyens de bloquer l'économie et refusent de partager leurs richesses.

On a vu en Grèce ce qu'il en coûtait à un peuple, de tenter de se donner un gouvernement de gauche...
Message posté par mario
Quel article orienté!

So Foot c'est le libéralisme à tout crin! Avec une petite pointe d'humour bidon pour accrocher les jeunes et faire branché.

L'esprit Cacanal sur papier glacé.

Une machine à décérébrer les footeux déjà pas gâtés par la nature.


Oui oui, les méchants libéraux contre le gentil Chavez et son héritage.


Le Vénézuela est un pays qui ne fonctionne pas. Point à la ligne. Le socialisme là bas à échouer, et l'article n'est absolument pas orienté, en ce sens qu'il rapporte des faits parfaitement vérifiable.

Oh mais non, j'oubliais, les vidéos youtubes pris par des citoyens Vénézuéliens, les journalistes, les entreprises étrangères qui s'en vont et les gens qui meurent de faim, c'est une conspiration néo-libérale/mormone/reptielienne.

Le Vénézuela s'st chier dessus. J'avais rencontré une Vénézuelienne qui me racontait la merde que c'était la bas.


Alors non, SoFoot a raison - à son échelle- de tenter de nous montrer la situation. Les lecteurs sont pas débiles, ils iront par la suite sur des médias plus "spé" pour s'informer.

Je serais curieux de voir comment tu arugmenterais que la situation au Vénézuéla n'est que "tromperie" et "lobbying".
etmonqcdupoulet! Niveau : Loisir
J'ai comme la vague impression de sentir les relents nauséabonds de Libération... SoFoot, je vous pensais un peu plus intelligents...
Parlez foot parce que niveau politique... z'avez rien compris à donner des leçons depuis vos bureaux Ikea!
Et quant à Collin t'inquiètes, le Vénézuela n'a pas besoin de toi!
Samy-54 le type qui a vu 2 videos youtube et parlé avec une personne et qui pense tout savoir et tout comprendre de la situation au venezuela... tu dis que les lecteurs sont pas débiles mais si tu vois dans cette article une présentation objective des faits alors tu es à mon avis un tantinet naïf...
Le Baldé Vampire Niveau : Ligue 2
tiens, c'est à quel moment que sofoot est devenu un site de droite ?
Il Ragno Nero Niveau : CFA2
Message posté par Le Baldé Vampire
tiens, c'est à quel moment que sofoot est devenu un site de droite ?


Le site, je sais pas, AdBlock oblige.

Mais quand tu regardes les pubs du magazine, et bien, ça fait bien longtemps que c'est un mag' de droite. Enfin, si ça n'a pas changé depuis la dernière fois que je l'ai ouvert.

Sauf trop rares canards arrivant à vivre grâce à leurs abonnements, l'argent vient souvent d'un mécène (les noms sont connus) ou des annonceurs. Dans le premier cas, il faut que le contenu colle avec la volonté du patron. Dans le second, il faut que les lecteurs collent avec les cibles des annonceurs.

C'est comme ça que j'ai compris que je n'étais plus une cible de So Foot papier et donc pourquoi il y avait de moins en mois d'articles qui m'intéressaient. Je me suis donc désabonné...
Gabriel Cnudde Niveau : District
Salut tout le monde,

Tout d'abord, merci pour vos retours. Pour commencer, sachez que cet article n'a pas et n'a jamais eu de portée évangéliste. Je n'ai jamais voulu convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit et encore moins faire transparaître mes opinions personnelles. J'ai simplement voulu transmettre le message d'Aurélien qui me l'avait présenté longuement. C'est un joueur engagé dans une cause, une cause que l'on soutient ou pas.

Pour ma part, je n'ai pas à vous dire ce que je pense de la situation au Venezuela puisque premièrement vous devez vous en foutre royalement et deuxièmement parce que je n'ai pas la science infuse. Je ne maîtrise pas assez tous les aspects de la politique vénézuélienne pour en parler en expert et encore une fois, ce n'était pas mon but.

Ceci étant dit, je vous trouve un petit peu paradoxal pour la plupart. Vous reprochez à l'article d'avoir une vision arrêtée et tranchée sans pour autant prendre plus de recul dans vos commentaires. Vous conviendrez que ricaner en disant que So Foot est un site de droite c'est marrant, mais ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick. A So Foot, on a la chance d'être libre d'écrire sur les sujets qui nous intéressent, en essayant de garder une certaine neutralité. Je n'ai pas dit "à mort Maduro et Chavez" comme je n'ai pas dit "vive le libéralisme" ou "vive le socialisme".

Pour terminer, le seul commentaire qui me fait tiquer c'est celui qui nous demande de ne parler que de football. Je suis désolé, mais So Foot ça n'a jamais été ça et ça ne le deviendra probablement jamais. La force de So Foot, c'est de se servir du football pour parler de tout. On essaye de faire rire, on essaye aussi de parler de sujets plus sérieux. Si c'est pour des compte rendus et des analyses, les autres sites le font très bien.

Voilà, je m'excuse si vous avez mal interprété l'article et j'espère qu'on se retrouvera bientôt au détour d'un live !

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