« La ville d'Oliveirense? La misère ! »

A 25 ans, Jonathan Bru fait monter la pulpe en Liga Orangina. En D2 portugaise, il est leader avec Oliveirense. Une surprise.

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Tu joues en D2 portugaise, la Liga Orangina, à Oliveirense. C'est où ça ?


A Oliveira de Azeméis. Pas loin d'Aveiro. C'est aussi à côté de Coimbra, où je jouais avant.

Comment t'es-tu retrouvé en D2 portugaise ?


La saison dernière, j'étais en fin de contrat à l'Académica. J'avais peu joué et il fallait que je vive une saison pleine. Oliveirense avait un beau projet. L'équipe sortait d'une belle année et les dirigeants ont de l'ambition. Alors j'ai dit oui pour un an.

Et tu as hésité avant de signer ?


Franchement, oui. Quand je suis arrivé ici, j'étais ouf ! Le stade n'a rien d'un club de haut niveau, la ville est hyper calme. C'est la misère !

Du coup, tu fais quoi pour t'occuper ?


Moi, je viens ici pour les matches et les entraînements. C'est tout. Je vis toujours à Coimbra. Je me tape quatre-vingt dix minutes de bagnole aller/retour. Il n'y a rien à Oliveira de Azeméis, je me ferais trop chier ! (rires) Ou de temps en temps, je dors chez mon pote Djamal qui joue à Beira-Mar, le club d'Aveiro. Ce mec est génial. Quand je dors chez lui, il me sort : « La chance que j'ai, je dors avec la Jet Set, ce soir ! » Comme lui est de Mont-de-Marsan et moi de Paris, il me charrie.

Il n'y a pas de boites à Oliveira de Azeméis ?


(Rires) Si une mais j'y suis jamais allé. Ils appellent ça la “Viva la Noche !” (rires) Non mais au Portugal, la vie est hyper cool. Les gens aussi.

Il paraît que tu commences à te faire un nom avec Oliveirense...


C'est vrai qu'on parle souvent de moi dans la presse sportive. En D2, ici, Oliveirense n'est pas un club très médiatisé. Mais bon là, on est leaders et c'est vrai que souvent je suis mis en avant.

Du coup, ça t'ouvre des portes pour la saison prochaine ?


C'est clair qu'en venait ici, j'avais une idée en tête, c'était de me mettre en avant pour rebondir ailleurs. J'ai déjà quelques touches en France. A voir...

C'est quand même surprenant de vous voir leaders de D2, non ?


On attendait Leixões, Belenenses, Trofense ou Gil Vicente. Et je te le dis, de tous, c'est Gil Vicente qui m'a le plus impressionné. Ils ont un stade neuf, un public et des putain de joueurs. Après, nous aussi on a un bon groupe. Banjai, il a joué avec Bruno Alves en réserve du FC Porto et c'était lui qui relançait tous les ballons. Il a largement sa place en Liga. Yero, qui est prêté par Porto aussi, est un attaquant qui fera parler d'ici quelque temps. Il est encore jeune. Et puis, notre coach, Pedro Miguel, fait un taff monstrueux.

En plus d'être la star d'Oliveirense, tu es devenu celle de l'Ile Maurice...


(rires) Une star... Faut pas abuser non plus. J'ai rejoins la sélection mauricienne il y a peu, oui. Et tout le monde a été hyper cool avec moi. J'avais déjà été approché lorsque j'étais encore à Rennes. Mais à l'époque, je voulais me concentrer sur le championnat. Et puis il y a peu, Periatambée est venu me voir, on en a parlé et j'ai accepté. C'est une super expérience et ça me permet de jouer des matches de haut niveau. Là, on a affronté le Cameroun par exemple, pour ma première sélection. Et j'ai marqué...

Tu te sens chez toi avec les Mauriciens ?


Je suis à la maison ! J'y vais au moins une fois par an depuis gamin. En plus, ils ont un beau stade.

Et ton petit frère Kévin, il n'est pas trop jaloux de ta notoriété grandissante ?


(Rires) Non, il est cool. Là, il a eu quelques pépins physiques mais il va revenir. Il a besoin de matches à Boulogne.

A l'Académica, tu avais André Villas-Boas, l'actuel coach de Porto. Trente-trois ans, tout le monde le compare à Mourinho. T'as peu joué avec lui...


Oui mais c'est un gars génial. Même si j'ai peu joué avec lui, je te le dis, c'est un grand entraîneur et un mec en or. Il était proche de ses joueurs. Il nous payait le resto, délirait avec nous mais quand il le fallait, il savait mettre des limites. De temps en temps, on s'appelle. Il continue de prendre des nouvelles de ses anciens joueurs. Et quand je vois ses résultats avec Porto, je ne suis pas étonné. On sent qu'il a côtoyé Mourinho pendant de longues années. Il pense à tout.

Propos recueillis par Nicolas Vilas

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