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La Vieille Dame se déride

Cette année, la Juventus vise plutôt vers l'avenir. Sur le terrain, mais aussi en coulisses, avec de la nouveauté du côté des hommes forts. Revue d'effectif dans les rangs des dirigeants.

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Le staff de la Juve fait peau neuve cette année. Nedved, Agnelli, Delneri, Marotta : quatre noms, quatre parcours. Quatre ingrédients différents, à l'image du club qu'ils servent. Leur objectif cette saison ? Refaire progressivement de la Vieille Dame un club à la hauteur de sa réputation, comme avant 2006 et l'affaire des matches truqués. Leur recette ? Le travail, mais aussi la patience.

Pavel Nedved, fidèle conseiller

Une surprise pour certains, une évidence pour d'autres. Pavel Nedved, le plus Tchèque des Turinois débarque il y a quelques semaines au Conseil d'Administration de la Juve, comme conseiller de la Vieille Dame. Avec un objectif bien clair : « La victoire est la norme à Turin, et cela doit se savoir » confie-t-il à la Gazzetta la semaine dernière. Comme joueur, la Furia Ceca a réussi à faire oublier le départ de Zizou au Real en 2001. Aujourd'hui, le club le lui rend bien : le président Agnelli a proposé la nomination du Tchèque, logiquement validée. « Lors de mon dernier match, les gens pleuraient, alors que je me réjouissais » confie le Ballon d'Or 2003. Nedved décrit son rôle actuel comme « la nouvelle phase de (s)a vie » . Il définit sa fonction de la manière suivante : être près de l'équipe, aller aux matches, dialoguer avec le staff. D'ailleurs, la force de Nedved, c'est peut-être que même dans un bureau, il garde un pied sur le terrain. A un actionnaire qui lui demande «  Pavel, pourquoi ne joues-tu pas samedi ? » , il répond en souriant : «  Moi sur un côté, Krasic sur l'autre, on formerait une belle équipe » .


Andrea Agnelli, jeune président

«  La Juve sans la famille Agnelli n'est pas la Juve » a confié Michel Platini interrogé sur le nouveau président. Nommé cette année par son cousin John Elkann, néo-PDG de la mythique FIAT, Andrea est le dernier homme à porter le patronyme familial. Un choix qui coule de source, mais pas seulement. Au nom du père Umberto, président du club de 1955 à 1962, le fiston de 34 ans a la réputation du club le plus titré d'Italie à défendre. Son premier souvenir lié à la Juve ? 1982, un repas aux côtés du héros turinois du mondial, Paolo Rossi, qui l'a visiblement marqué. Lors de la première assemblée générale des actionnaires, il assure que le club aux 27 championnats redemandera ses deux trophées, retirés en 2006 lors du scandale des matches truqués. Face aux critiques du président de l'Inter, Massimo Moratti, qui reproche à Agnelli son entêtement, il répond que les titres de la Juve ont été « gagnés sur le terrain » . D'ailleurs, le jeudi soir, Agnelli foule la pelouse avec Nedved. « Techniquement, il se débrouille bien, il défend et il presse » dit le Tchèque à son sujet. 27 championnats ou 29, au fond l'objectif réel à Turin c'est de faire comprendre à l'Europe du foot que la Juve regarde vers l'avant. « Vers la troisième étoile » , comme il le clame. Comme pour symboliser le 30e Scudetto...

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Luigi Delneri, entraîneur indépendant

Luigi Delneri est un Frioulan. Et comme d'autres hommes de la région, à l'image de Zoff ou Capello, il aime faire les choses à sa manière. «  J'ai toujours eu l'habitude de commander, même en tant que joueur » confie Agnelli en début de saison. Débarqué de Gênes cet été, le mec peut se vanter d'avoir ramené le Chievo en Serie A et la Samp en C1. Rien de mieux donc pour un club qui vise un retour en Coupe aux Grandes oreilles la saison prochaine. En attendant, Delneri doit jongler avec les blessures à répétition. Du coup, à ceux qui lui reprochent ses choix tactiques, il rétorque que certaines décisions sont inévitables. Son président le soutient : « Delneri a fait un travail remarquable. Il a complètement changé la situation en quatre mois » . Ses 30 ans de carrière l'ont rendu moins timide. Oui, mais. Car après la victoire contre le Milan, Delneri refuse toujours de parler de scudetto, car l'objectif est de s'améliorer « dimanche après dimanche » . Le message est clair pour Gigi : la saison est longue, et l'homme ne veut pas s'enflammer. Ne pas viser trop haut, comme pour conjurer le mauvais sort.


Giuseppe Marotta, l'imprévisible DG

A 7 ans, Beppe Marotta habitait à quelques mètres du stade de Varese, encore club de Serie A à l'époque. Assez pour suivre les entraînements et se rêver dirigeant, et non pas footballeur. Un idéal qu'il poursuivra plus tard. Juste après le lycée, il débarque au club qu'il a supporté. Suivent Ravenne, Venise et Bergame, entre autres. Directeur général de la Sampdoria, il débarque en 2007 à Madrid et chourre Antonio Cassano au Real. Pour un prêt, puis définitivement. Un des coups de bluff les plus éclatants de Beppe. A la recherche d'une nouvelle expérience, il démissionne de la Samp en mai 2010 pour la Juve. Impardonnable pour le président de Gênes, Riccardo Garrone, qui reproche à Beppe Marotta de s'être barré comme un voleur et d'avoir emporté Delneri dans ses bagages. Pourquoi la Juve ? « C'est une belle femme, répond Marotta, capable de te conquérir avec son charme. Puis avec la force de son histoire » . A Turin, il s'agit désormais de « créer un groupe de vainqueurs » . Et Marotta pense que la devise “plus tu dépenses et plus tu gagnes” ne se vérifie pas constamment. Pour le natif de Varese, il s'agit aussi de penser au bilan financier qui devra être positif en fin de saison. En tout cas, le club piémontais n'est pas le seul à lui faire confiance. Il y a quelques heures, le directeur sportif a été nommé vice-président du secteur technique de la Fédé italienne de foot. Une promotion saluée par la Vieille Dame, pour qui Marotta voit grand, soit la Ligue des Champions l'an prochain. Et d'ici là ? « Le temps représente un bon facteur pour rejoindre un parfait équilibre » assure t-il.


La Vecchia Signora est le club au plus grand nombre de championnats remportés. Mais où le mot « scudetto » reste encore tabou pour le moment. Comme si on n'osait pas encore l'espérer. La peur de tout viser, aussi, et de voir la C1 passer sous le nez des Turinois en fin de la saison. Le dernier mot revient peut-être à Emmanuel Philibert de Savoie, prince de Piémont : « La Juve est comme un bon vin. Il faut savoir être patient et le laisser mûrir sans se presser » .


Assia Hamdi


Propos recueillis dans La Gazzetta dello Sport, SportWeek, Tuttosport, Hurrà Juventus.

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