1. // Retro
  2. // Les 32 ans de l'Euro 1984

La victoire est en eux

En 1984, les Bleus étaient favoris. Peut-être pour la première fois de leur histoire, plutôt marquée par des défaites du genre Sainté 76 ou Séville 82. La pression était donc au taquet. Mais la France résistera et finira par l’emporter. Merci qui ? Merci Michel et Michel.

Modififié
346 21
« L’image la plus forte de cet Euro ? France-Portugal, après le deuxième but portugais. La finale nous échappe… À cinq mètres de moi, les Portugais exultent. Putain, si j’avais eu une mitraillette, je les aurais flingués ! » Michel Hidalgo voit juste : à la 98e, Jordão vient de donner l’avantage aux siens (2-1 a.p). Comme à Séville, la France va s’arrêter en demies, à Marseille… Les Bleus sont maudits, et la gauche au pouvoir est en train de se planter. L’espérance est morte ? Pas encore, poursuit Hidalgo : « Il a fallu la réaction de Tigana, qui a redonné l’espoir en allant chercher le ballon dans nos filets pour le ramener en courant au centre du terrain. Grâce à ce geste plein de hargne, le coup de gel qui était tombé sur l’équipe s’est évanoui. » Et « Jeannot  » s’arrachera ensuite pour servir Platoche à la 119e : but du 3-2 pour les Bleus et première finale internationale ! Enfin. Entre-temps, Domergue avait égalisé à 2-2, inscrivant un même doublé improbable qu’un autre arrière latéral, en demies du Mondial 98… Les Bleus triompheront ensuite au Parc en finale contre l’Espagne (2-0). Et les Bleus de France 98 adopteront le même maillot fétiche des aînés de 84 (trois fines bandes blanches et une large en rouge) pour que « la victoire soit en eux » . Et elle le sera, bien sûr ! C’est dire l’héritage considérable, même symbolique, laissé par l’équipée de Michel & Michel (Hidalgo et Platini) aux futures générations. La France qui gagne, c’est d’abord celle de 84 : à jamais les premiers !


En 1984, les Bleus étaient favoris. Terrible pression pour une nation qui se complaisait dans la lose glorieuse, façon Sainté 76 ou Séville 82… Mais l’archange St-Michel a terrassé le dragon à lui tout seul. En arrivant au stage de St-Romeu auréolé d’une victoire en C2 avec la Juve, Platoche avait offert le champagne aux Bleus en leur promettant de se donner au maximum pour décrocher le titre. Après la finale victorieuse, il s’éclipsera rapidement en leur offrant à tous, en guise d’excuses, une réplique miniature du trophée Henri Delaunay. La grande classe d’un bout à l’autre. Et entre ces deux dates ? Neuf buts en cinq matchs pour cinq victoires, un deuxième Ballon d’or et le titre de meilleur joueur du monde ! Michel-le-Rital avait transmis cette culture de la gagne made in Juventus qui manquait aux Azzurri de France. Transfiguré comme ses coéquipiers par l’aura de Platoche, Giresse n’a rien oublié : « Je me souviens de Michel juste avant le coup d’envoi de la finale. Il nous avait demandé de fixer la coupe pendant les hymnes : "Regardez-la bien, celle-là", qu’il disait. "On va aller la chercher ! Ne la quittez pas des yeux." Et on y est allés. » Transmission 84-98, toujours, Michel avait affranchi Deschamps : « Quand tu te diriges vers le podium chercher un trophée, vas-y lentement, Didier. Savoure… Ces moments rares et magiques passent si vite. »

L’architecte du grand œuvre de 1984 restera Michel Hidalgo. Il avait reconduit son carré magique (Platini, Giresse, Tigana, Fernandez). Une trouvaille née au Mundial 82. « Nous étions obligés de bien jouer pour gagner, alors c’est vrai qu’on produisait du beau football, insiste Platini. Michel Hidalgo a eu l’immense mérite d’avoir mis un nombre incalculable de créateurs au milieu de terrain. À la question : Platini ou Giresse ? Lui avait tranché : les deux ! Après, il a ajouté Tigana, puis Genghini. » Les 12 matchs des Bleus de l’année 1984 se solderont par 12 victoires ! Et voilà comment France 84 avait rejoint dans la légende le Brésil 70, la Hollande 74 ou la Seleção 82. Époque bénie d’artistes frenchy et sympatoches qui jouaient à une touche, tête levée et bas baissés… Une dernière pour la route ? Hidalgo : « Lors de la finale… On mène 1-0 quand, à la 72e, Battiston me fait signe qu’il est blessé. Je fais donc entrer Amoros. Une fois le remplacement effectué, je demande à Battiston ce qu’il a : "Rien", me dit-il. En fait, Patrick souhaitait qu’Amoros ait son petit morceau de finale. Sur le coup, j’étais en colère, mais ce geste de Battiston est l’un des plus beaux que j’ai vus dans ma carrière. »

Que des chics types, on vous dit !

Par Chérif Ghemmour
Modifié

Quels beaux souvenirs cet euro 84 avec un Platini au sommet de sa forme (dommage que la coupe du monde ne se soit pas disputée cette année là car l'équipe de France aurait été imbattable)et cette demi finale qui avait failli mal se terminer pour les bleus
Thouvenel Ballon d'Or Niveau : CFA2
comme ça m'chauffe ce genre d'article! Merci SF

Et gros +1 pour Battiston
C'est bien de glorifier notre histoire et les différentes générations qu'on a connues mais... gâchez pas tout en mettant Benzema 12e de votre Top 100 putain.
Domergue, c'est le héros oublié de l'histoire du foot français à cet Euro84- J'entends souvent parler du rush de Tigana et des buts de Platini mais Domergue il vous sort bien de la merde avec son doublé en 1/2.

Enfin bon, moi c'est le Danemark que j'ai adoré cette année-là.
Le triplé de Platini contre la Belgique, c'était magique. Un du droit, un du gauche, un de la tête !

La défaite à Séville a peut-être permis à la France de gagner cet Euro car l'équipe semblait incroyablement déterminée, sûre de sa force, harmonieuse, comme si rien de grave ne pouvait plus lui arriver.

Même sentiment en 2000, le but de Wiltord était comme une évidence du caractère hors du commun de cette équipe.
Après Domergue en 84 et Thuram en 98, doublé d'Evra en 1/2 en 2016 ?
bachounet Niveau : CFA2
Message posté par mariano
Après Domergue en 84 et Thuram en 98, doublé d'Evra en 1/2 en 2016 ?


tu tiens une grosse côte là...c'est du niveau d'un Leicester champion d'Angleterre.
Hidalgo n'avait rien reconduit du tout, puisqu'en 1982 le carré magique comportait Genghini et non pas Fernandez, ce qui d'ailleurs était bien plus couillu..
Message posté par bachounet
tu tiens une grosse côte là...c'est du niveau d'un Leicester champion d'Angleterre.


haha ! Je vais mettre 10 €, et si tout se passe comme prévu dans un mois je rachète l'OM.
Note : -1
Message posté par Bota67
Hidalgo n'avait rien reconduit du tout, puisqu'en 1982 le carré magique comportait Genghini et non pas Fernandez, ce qui d'ailleurs était bien plus couillu..


Et donc?

Cette expression du carré magique a été inventée par un journaliste de l'Equipe.

Article ou effectivement, il fait référence au 3 guys + Genghini.

Carré magique avec cette formule, 4,5 matchs il me semble.

D'ailleurs Fernandez jouera plus de matchs que Genghini dans cette organisation là.
TheGoatKeeper Niveau : CFA
Message posté par mariano
Après Domergue en 84 et Thuram en 98, doublé d'Evra en 1/2 en 2016 ?


Sauf que ca fait plus de 14 ans cette fois.

18/14 = 1.3 x Evra + [(Euro a domicile)^Deschamps]/Knysna = double de matuidi en 1/2-finale

Kamoulox
Thouvenel Ballon d'Or Niveau : CFA2
Message posté par bachounet
tu tiens une grosse côte là...c'est du niveau d'un Leicester champion d'Angleterre.


Elle est à combien la côte d'un doublé de Sagna en 1/2 ?
Message posté par sox75
Et donc?

Cette expression du carré magique a été inventée par un journaliste de l'Equipe.

Article ou effectivement, il fait référence au 3 guys + Genghini.

Carré magique avec cette formule, 4,5 matchs il me semble.

D'ailleurs Fernandez jouera plus de matchs que Genghini dans cette organisation là.


As-tu seulement lu l'article plus haut?
Message posté par Bota67
As-tu seulement lu l'article plus haut?


Lol, très bon, j'ai failli te poser la même question.

L'auteur de l'article utilise le raccourci qu'on a tous fini par faire et qui n'est d'ailleurs pas faux.
Alain Proviste Niveau : Ligue 2
Domergue, l'un des grands absents du top 100 français (à moins que j'ai loupé son passage)...

Le Kiosque SO PRESS

Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
346 21